mardi 18 juin 2024

Vincent Poirier relève le défi : « Les Américains ne sont pas imbattables ! »

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Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Non retenu pour la dernière Coupe du monde, le pivot du Real Madrid, Vincent Poirier rêve de transformer à Paris l’argent de Tokyo en or.

Que pensez-vous du tirage au sort des Jeux Olympiques pour la France avec l’Allemagne, le Japon et peut-être la Lettonie ?

Un groupe de qualité avec l’Allemagne qui est championne du monde et le Japon, une nation contre qui on a toujours un peu de mal, avec un basket différent. Ça tire beaucoup ! C’est un groupe qui peut être dangereux si on ne le prend pas au sérieux.

Vaut-il mieux tomber sur l’Allemagne que sur la Serbie ?

Je le pense. L’Allemagne nous correspondra plus si on veut sortir de la phase de poules à la 1ère place.

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Un premier test contre l’Allemagne

On croisera peut-être les Américains dès les quarts de finale. Cela rajoute-t-il une pression supplémentaire ?

On a prouvé par le passé qu’on avait de la qualité. Nous serons chez nous. On a une très bonne équipe. S’il faut affronter les EtatsUnis, on les affrontera…

… Ce serait mieux d’attendre la finale avant de les jouer, non ?

Comme ça on prendrait notre revanche des JO… (sourire) Les jouer le plus tard possible, c’est toujours mieux. Mais il n’y a pas que les Etats-Unis, il y a d’autres grandes équipes. Il va falloir les affronter aussi. Il ne faut pas se concentrer uniquement sur les Américains.

La Dream Team américaine ne semble-telle pas imbattable ?

Pour moi, ils ne sont pas imbattables. Le basket européen a évolué. On l’a vu avec d’autres équipes américaines qui ont été battues, même si ce n’était pas la très grande équipe de 2024, mais il y avait quand même de très bons joueurs. Nous y serons avec nos armes. On jouera à domicile, ce qui sera une arme en plus.

Les Américains ne sont pas imbattables, mais ça fait quand même longtemps qu’ils n’ont pas envoyé une telle équipe !

Vous voulez que je vous dise que c’est perdu d’avance ? Il y aura de grands noms, des superstars de la NBA… Mais nous aussi on a des joueurs NBA, on a des joueurs qui savent jouer au basket, on joue ensemble depuis des années… On sera là pour gagner et, sur un match, tout peut se passer.

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Vincent Poirier n’a pas digéré les derniers JO

Quels souvenirs gardez-vous des derniers JO où la France n’est pas passée loin de l’or (défaite 87-82 contre les USA, Ndlr) ?

On l’a toujours un peu en travers de la gorge, mais on n’a pas démérité, on a fait de très bons JO. Mais c’est le passé. Cette fois, on sera chez nous, c’est historique, on aura à cœur de bien faire et de se rattraper de ce qui s’est passé l’année dernière à la Coupe du monde en ne refaisant pas les mêmes erreurs.

Les Américains se sont plaints d’aller jouer à Lille…

On s’est plaint aussi. On aurait été mieux à Bercy. Mais c’est comme ça. On n’a pas eu le choix. A la base, ils voulaient nous faire jouer au Salon de l’Agriculture (sic), on a réussi à changer ça. Ça aurait été mieux de jouer à Paris, mais Lille a une belle salle.

Après l’échec de la Coupe du monde, Nico Batum disait qu’il fallait plus de concurrence. Etes-vous d’accord ?

C’est facile de dire qu’après la Coupe du monde il faut faire des changements. Jusque-là, ça marchait, là ça n’a pas marché pour X raisons. Après, la concurrence, ça ne fait jamais de mal. Le but, c’est que la France gagne ! Il faut prendre les meilleurs, ceux qui se donnent le plus. On sait qu’en équipe de France il y a des cadres, des joueurs qui sont là depuis longtemps, qui ont beaucoup gagné.

Je ne dirai pas qu’ils sont intouchables, mais ce sont des joueurs dont on a besoin. Néanmoins, une nouvelle génération arrive, avec beaucoup de talent, beaucoup d’envie. Il ne faut pas non plus lui fermer la porte. C’est bien qu’il y ait de la compétition et que les jeunes poussent les plus anciens à se donner un peu plus.

« L’or sinon rien ! »

Etes-vous revanchard après ne pas avoir été retenu lors de la dernière Coupe du monde ?

Non. Si on m’appelle, je viens, si on ne m’appelle pas, je ne viens pas ! Je n’attends rien. L’année derrière, il s’est passé ce qui s’est passé, mais je n’ai pas de rancune.

Vous pourriez estimer que vous le méritiez…

L’année dernière, on m’a dit qu’ils recherchaient d’autres profils, que je ne correspondais pas au profil de ce que le coach voulait faire. Peut-être que j’avais fait une mauvaise saison… (sic) On verra… Si je suis pris pour les JO, tant mieux. On a beaucoup de pivots en équipe de France qui performent à très haut niveau. Il faut faire un choix et il y en a qui payent…

L’arrivée de Victor Wembanyama, c’est pour vous un concurrent en plus.

Je n’ai pas de concurrents en équipe de France (sic). Je suis avec mes potes, j’y vais pour représenter la France, pour gagner des compétitions, il n’y a pas de compétition entre nous. Si je ne suis pas pris et que Victor est là, sa présence est avant tout une bonne nouvelle pour la France, qu’il fasse de très bons JO et que la France gagne je serai très content. Je ne me suis jamais considéré en concurrence avec qui que ce soit. J’ai mes qualités et mes défauts. Les autres, c’est pareil. Ensuite, au coach de choisir quelles qualités il veut.

« Victor aime bien la pression »

On a l’impression que Victor, c’est un peu le facteur X qui manquait à l’équipe. Cela ne risque-t-il pas de lui mettre trop de pression sur les épaules ?

Je pense que la pression, il l’aime bien, il aime bien ce statut-là, il a envie de le défendre. S’il avait été là, aurait-on gagné contre l’Espagne ? Contre l’Argentine ? Contre les Etats-Unis ? Peut-être. Ce sera à lui de prouver à tout le monde que c’était la pièce manquante. C’est un très gros joueur qui est très jeune encore et qui a plein de choses à apprendre.

Il va venir en équipe de France humble et avec l’envie d’apprendre au maximum et d’aider l’équipe au maximum. Je ne pense pas qu’il va arriver et dire : « Je veux être la star, donnez-moi tous les ballons ! » Il va se fondre tranquillement dans le groupe. De toute façon, tout le monde l’adore.

« Wembanyama va apporter une autre dimension à tous les joueurs »

Avec un tel joueur, sur le papier, l’équipe de France n’a jamais paru aussi forte.

Il va apporter une dimension différente et si tous les joueurs qui doivent être là sont en bonne santé on aura une des meilleures équipes de France de l’histoire. Mais ce n’est pas le tout de le dire, il faut le prouver !

Faut-il viser l’or ou une médaille serait déjà des Jeux réussis ?

Il faut viser l’or. Personne ne se contentera d’une médaille d’argent ou de bronze. On va passer tout l’été à préparer une compétition qui aura lieu en plus chez nous donc c’est l’or ou rien !

Le fait de ne pas avoir joué la Coupe du monde vous a-t-il piqué au vif ?

Ne pas jouer la Coupe du monde m’a permis de travailler, de me concentrer sur mon corps, sur moi-même. Ça faisait un moment que je n’avais pas eu d’été, ça m’a permis de couper, de me reposer, de soigner les bobos et de reprendre sur de bonnes bases.

N’y a-t-il pas eu l’envie de montrer que vous méritiez votre place ?

Je n’avais pas de doutes mais montrer à qui que ce soit quoi que ce soit. Je joue pour moi, pas pour le sélectionneur de l’équipe de France. Je joue pour être le plus performant possible, pour faire ce que j’aime et être heureux. Si ça prouve à tout le monde que j’aurais dû être là, tant mieux, mais moi je n’en ai jamais douté. Ce n’était pas un objectif de prouver à qui ce soit que j’aurais dû être à la Coupe du monde, mais c’était un objectif de remettre les pendules à l’heure que je valais mieux que l’année dernière.

À LIRE AUSSI : notre interview de Wembanyama

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