jeudi 25 avril 2024

Zaccharie Risacher (Bourg-en-Bresse) aussi fort que Wembanyama ? Son coach personnel répond

À lire

Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Coach personnel du fils de Stéphane Risacher à Bourg-en-Bresse, Anthony Brossard ne tarit pas d’éloges sur celui que l’on annonce à 18 ans dans le Top 3 de la prochaine draft. Entretien pour France Basket et Le Quotidien Du Sport.

Comment êtes-vous devenu le coach personnel de Zaccharie Risacher ?

Il y a trois ans, j’étais le responsable du centre de formation de l’ASVEL, entraîneur de l’équipe Espoirs. On a recruté Zaccharie dans notre centre de formation. J’ai participé à sa venue. Quand il était à l’ASVEL, j’étais donc son entraîneur. L’été dernier, j’ai eu la volonté de partir de l’ASVEL. Lui également voulait changer de projet. Comme il cherchait quelqu’un pour l’accompagner individuellement et que personnellement j’étais disponible, le timing a fait que sur un coup de fil il m’a demandé si cela m’intéressait.

Anthony Brossard aux premières loges avec Risacher

Pourquoi avez-vous accepté ?

Au centre de formation, il était déjà un joueur avec une attention particulière de par sa forte potentialité. J’étais impliqué sur son développement de manière un peu plus intense que les autres. L’année passée, il était en balance entre le centre de formation et l’équipe professionnelle. C’est moi qui pilotais son projet. Du coup, c’est quelque chose que j’ai toujours pris en compte. Il n’y avait pas une volonté de ma part de quitter l’entraînement collectif pour l’individuel. C’est davantage une opportunité de travail qui me semblait intéressante. On s’est retrouvés tous les deux à Bourg.

En quoi consiste concrètement votre travail ?

Il a le même programme que les autres joueurs. Mais je rajoute à cela avant et après les entraînements des doses de travail pour qu’il ait un programme plus copieux. Si on prend son planning hebdomadaire d’entraînements collectifs, j’y rajoute des séances de développement individuel. Une heure avant chaque entraînement collectif, on travaille tous les deux sur le terrain individuellement. Et une demi-heure après les séances collectives, on travaille aussi. Grosso modo, on a une heure et demie supplémentaire par jour d’entraînement.

Comment jugez-vous son début de saison ?

C’est très positif. Zaccharie est dans les temps de passage qu’on s’était fixés. Il montre de la régularité ce qui n’est pas facile pour un jeune joueur. Il est rare de le voir passer à côté d’un match. Zaccharie a réussi à stabiliser une efficacité aux tirs redoutable. Il figure parmi les meilleurs shooteurs à 3 points en EuroCup. Quand il était à l’ASVEL, ce qui était dur pour lui, c’était le rôle qu’il pouvait occuper dans l’équipe. Il n’était pas aussi évident que celui qu’il a à Bourg. Zaccharie a choisi Bourg car c’est un club qui lui ressemble. Le plus important était de choisir un endroit où les conditions étaient idéales pour son développement.

Quelles sont ses qualités ?

Il a une technique avec le ballon qui est vraiment au-dessus de la moyenne pour un joueur de cette taille. C’est très bon shooteur, il peut dribbler, il peut passer et faire beaucoup de choses. Beaucoup de joueurs peuvent le réaliser également, mais lui l’exécute en mesurant 2m06. Cela le rend unique. Après, sa capacité d’apprentissage est énorme. C’est quelqu’un qui apprend très bien et très vite. On peut facilement imaginer qu’il y a peu de limites avec lui.

À LIRE AUSSI : toute l’actualité du basket dans vote mag

« C’est son père en 2.0… »

Sur quels points doit-il encore progresser ?

Il sait faire tellement de choses qu’il doit apprendre à cibler quand il doit utiliser une qualité plus qu’une autre. Pour un entraîneur, un joueur comme lui est un régal. On peut l’utiliser de toutes les manières possibles. Sa polyvalence est plus une qualité qu’une limite. C’est aussi quelqu’un qui est tourné vers le jeu dans son ensemble. Il faudrait parfois qu’il soit davantage centré sur lui et sur des temps qui lui appartiennent. Risacher doit maintenant arriver à être plus individualiste par séquences. Il doit désormais plus prendre les choses en main individuellement.

Parmi tous les joueurs que vous avez entraînés où classez-vous Zaccharie Risacher ?

Il est clairement dans les joueurs les plus talentueux avec lesquels j’ai pu travailler. Zaccharie est aussi un de ceux qui est le plus à l’écoute. Il a une volonté énorme de progresser. C’est une éponge qui a une immense soif d’apprendre. Tout cela le rend très au-dessus de la moyenne.

Son profil vous fait-il penser à un autre joueur ?

Il fait penser à des joueurs comme Toni Kukoc, de très grande taille à l’aise balle en main. En France, je vois assez peu de comparaisons. C’est assez nouveau de voir des joueurs de son profil même si on en remarque de plus en plus. Aux Etats-Unis, c’est plus fréquent avec cette génération autour de Kevin Durant : ces joueurs qui culminent au-delà de 2 mètres, mais qui évoluent comme des joueurs d’un mètre 90. Zaccharie fait aussi penser à Stéphane (sourire). C’est son père en 2.0.

Pour son développement personnel, quelle franchise lui irait bien ?

Je le verrais bien s’épanouir dans une organisation très bien structurée. On peut penser à San Antonio. Des équipes comme Utah ou Denver misent aussi beaucoup sur une part de jeu collectif. Pour Zaccharie, qui est un très bon joueur d’équipe, cela lui conviendrait mieux. Ce serait moins adapté de se retrouver dans des organisations qui tournent autour d’une star.

Le voir associé à Wemby ne manquerait pas de piment !

Ce sont deux joueurs qui incarnent l’avenir du basket français. Ils ont un an d’écart. S’ils se retrouvaient au même endroit pour les quinze prochaines saisons, ce serait vraiment symbolique

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi