lundi 15 juillet 2024

Didier Codorniou (futur président de la FFR ?) : « Il faut tout remettre à plat ! »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Candidat à 66 ans à la prochaine élection de la FFR (le 19 octobre), l’ancien centre international français (31 sélections, 5 essais) de Narbonne et Toulouse, maire de Gruissan depuis 2001, Didier Codorniou en dit plus sur son projet.

Pourquoi avez-vous décidé de vous porter candidat à la présidence de la FFR dont les élections se dérouleront le 19 octobre ?

C’est une décision réfléchie et murie. J’ai rencontré des présidents de clubs, des anciens joueurs, même proches du staff de l’équipe de France. J’ai essayé d’être présent sur un maximum de matches pendant la Coupe du monde. Il y avait longtemps que je n’avais pas ressenti de telles émotions. J’ai vibré. Cela m’a donné des envies. Il a fallu que je mesure toutes ces sensations par rapport à mon engagement. Ma décision est prise. Je suis très motivé et préparé.

Vous êtes maire de Gruissan depuis 2001. Pourquoi avoir fait cette annonce depuis ce lieu ?

(sourire) J’attache une importance à la symbolique. C’est là où j’ai démarré le rugby. C’est à Gruissan où j’ai entamé ma carrière sportive. Et toute ma vie s’est faite à partir de Gruissan. Cet endroit fait partie de ma culture, de mon enfance et de mon histoire. Je voulais que mon annonce se fasse depuis le stade de Gruissan.

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Didier Codorniou devra choisir entre la FFR et sa mairie

Si vous êtes élu président de la FFR vous ne serez plus maire ?

Je peux toujours continuer à être candidat ou maire de Gruissan et vice-président de la région tout en étant président de la FFR. Sauf que le 19 octobre, si je suis élu, ce qui me demandera de passer beaucoup de temps à la Fédération et sur les terrains, j’aurai des choix à faire. Je les ferai après le 19 octobre.

Finalement, qu’est-ce qui a guidé votre démarche ?

Elle a été spontanée par rapport à mes vibrations et mon envie de m’impliquer. Mais aussi après la Coupe du monde j’ai senti qu’il y avait une fracture, des tensions à la FFR, de grandes turbulences entre un président sortant et le nouveau. Cela m’a beaucoup agacé. Pour moi, le rugby doit être une fête avec des hommes et des femmes unies.

Ce sport est unique. Malheureusement, j’ai senti qu’il y avait des éléments qui abimaient cette marque rugby. Naturellement je me suis senti porté par cet élan, accompagné par des amis. Pour couper court à tout ce que je peux entendre, je ne suis pas instrumentalisé. Je revendique ma liberté. Cela fait de moi quelqu’un d’atypique. Mon équipe n’est pas encore faite. Mais il y aura des hommes et des femmes. Elle se construira au fil du temps de la campagne, faite de plusieurs étapes.

Guilhem Guirado pourrait-il faire partie de votre équipe ?

Tout à fait. Il fait partie des personnes que j’ai identifiées rapidement. Cela fait des années que je le connais. Il a un parcours de ce que j’attends de mon équipe avec une éthique, une droiture, une morale et de la force mentale à toute épreuve. Il correspond à la constitution de l’équipe que je veux mettre à mes côtés.

« Je veux un rugby français apaisé »

Quels sont vos projets pour le rugby français si vous êtes élu ?

Je veux surtout déjà que le rugby français soit apaisé; Je ne souhaite plus qu’il y ait toutes ces tensions entre la Fédération et la Ligue notamment. Et ce, pour apporter de l’expérience, une exigence au plus haut niveau pour que la mission soit totale. Je réfléchis beaucoup à une décentralisation, une concentration des moyens pour être au plus près des territoires. Il existe une fracture territoriale énorme entre des grandes régions et des comités départementaux.

Je rencontre souvent ces présidents de comités répétant souvent : « On n’a pas les moyens de faire de la formation, d’aller dans les écoles, on reçoit trop de communiqués, trop d’informations… ». Je prends cela en compte bien évidemment. J’ai aussi cette exigence sur la culture du résultat. Je veux aussi sensibiliser sur cet échec lié à la Coupe du monde. Ce constat n’a pas tout à fait été fait. On dit que les joueurs ont été traumatisés.

« Mon projet est celui des Présidents de club »

Cela ne suffit pas. Il faut tout mettre à plat pour ne pas commettre à nouveau les mêmes erreurs. Ces éléments feront partie d’un tout. Derrière, il y aura un programme ambitieux, audacieux, issu d’une concertation citoyenne. Je suis très attaché à la démocratie participative.

Nous avons lancé un questionnaire adressé à tous les clubs avec les préoccupations majeures des présidents de ces clubs. Tous les thèmes, une quinzaine avec des questions ou-vertes, seront mis en avant. Tout cela pour créer de la data et de la matière pour façonner le projet. Ce ne sera pas le projet d’un homme ou d’une équipe, mais le projet des présidents des clubs de la FFR. C’est surtout cela qui va changer.

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