22ème du Vendée Globe, Giancarlo Pedote a connu plus de problèmes techniques qu’il y a quatre ans (8ème). Mais le seul skipper italien de la course se montre satisfait de son parcours, fier d’être venu à bout de nombreuses galères.
Quel regard portez-vous sur votre course ?
J’ai fait une belle course, j’ai navigué proprement. Je n’ai aucun regret. Malgré mes soucis techniques, je me suis toujours battu et je n’ai jamais eu dans l’idée d’abandonner. J’ai toujours su faire face à la situation. Après, ça reste un sport mécanique, on est aussi dépendant du bateau, s’il nous lâche on ne peut rien faire et on doit abandonner parfois quand il n’est pas réparable.
Si j’avais dû abandonner, j’aurais eu des regrets, mais comme j’ai pu gérer les avaries techniques je suis content. Je crois que c’est ça (la gestion des problèmes techniques) qui montre la valeur d’un marin plus qu’une place. Les premiers sont bien sûr des champions extraordinaires, mais les derniers aussi avec des bateaux moins performants et beaucoup plus de galères.
À lireSébastien Simon (3ème du Vendée Globe) : « J’ai failli devenir tétraplégique »Vous aviez terminé 8ème en 2021. Comment expliquez-vous que vous ayez réalisé une moins bonne performance cette année ?
Un Vendée Globe se passe très bien quand les choses se déroulent bien. Mais, dès que l’on est victime d’une avarie, il peut devenir rapidement galère. C’est ce qui s’est passé pour moi. En 2021, tout s’était bien passé, cette année non. J’ai surtout manqué de chance.
Au niveau des Canaries, j’ai subi la météo par rapport au premier groupe, j’ai perdu du temps d’autant plus que j’ai eu des problèmes techniques autour de Noël avec un moteur qui ne voulait plus démarrer, mon safran qui ne tenait plus dans son logement. Avec la vitesse, le bateau souffre. Mais j’étais content de rester serein et de ne pas paniquer. A partir de là, il m’était difficile d’espérer un bon classement général. Je n’ai pas eu le temps de me confronter aux meilleurs finalement.
Giancarlo Pedote a concouru avec un bateau vieillissant
Vous avez couru ce Vendée Globe avec un foiler première génération. Cela vous a-t-il pénalisé selon vous par rapport à 2021 ?
À lireVendée Globe : comment Violette Dorange a révolutionné la course au largeChacun fait avec les moyens qu’il a. J’ai fait avec mes moyens, on a modifié le bateau afin qu’il soit plus performant, apporter plus de stabilité, améliorer la vie à bord, mais c’est sûr que l’on ne peut pas lutter avec des bateaux à foils derniers cris. Avoir un bateau à foils est la clé pour gagner le Vendée Globe. Après des années de navigation, je trouve la voile de plus en plus complexe. Aujourd’hui, nos bateaux sont incontrôlables sans ordinateur.
Vous avez été moins rapide qu’il y a quatre ans, avez-vous trouvé le temps long ?
Oui, complètement. Après 85 jours (il a mis 85j, 20h, 32min, 1s, Ndlr), je commençais à trouver le temps long car dans la précédente édition j’étais allé plus vite (82j 22h, 42min, 20s, Ndlr). Je n’étais pas habitué à faire autant de jours en mer.
Quelles sont les images que vous garderez de votre Vendée Globe ?
À lireJérémie Beyou (4ème du Vendée Globe) : « L’impression de repousser ses limites »J’ai aimé la navigation dans les mers du sud. Il y avait des lumières incroyables, les albatros qui volaient. On profite encore plus de la beauté de la nature, de ce spectacle quand on a vécu des avaries, des galères.
Parallèlement à la voile vous pratiquez également la boxe depuis de nombreuses années. Que vous apporte cet entraînement quand vous partez à l’assaut de l’océan ?
C’est très utile, il m’aide à me préparer au combat. Partir au large, dompter les océans, le temps, gérer un bateau, c’est un combat comme la boxe. J’ai arrêté car c’était trop dangereux à l’approche d’une course comme le Vendée Globe. Si je me blessais, c’était la catastrophe.
Comme on dit en France jamais deux sans trois ! Etesvous partant pour un 3ème Vendée Globe ?
À lireYoann Richomme (2ème du Vendée Globe) : « Je travaille avec une préparatrice mentale »Je ne sais pas. Il faut que je discute avec ma famille, son avis est important. On verra.
