vendredi 14 juin 2024

Guy Novès : « Des défauts… Je n’en connais pas chez Dupont ! »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

A l’évocation d’un joueur qu’il fut le premier, en tant que sélectionneur des Bleus, à convoquer, en mars 2017, pour un match du Tournoi face à l’Italie, on sent un regret chez Guy Novès ; celui de ne pas avoir eu la possibilité de continuer l’aventure avec lui…

Que représente Antoine Dupont pour vous ?

Il était un très jeune joueur, encore à Castres, lorsque nous l’avons amené avec nous en tournée en Afrique du Sud en 2017. On ressentait déjà chez lui un talent tout à fait particulier. En le prenant, on misait sur son évolution… et on n’a pas été déçu car aujourd’hui il est un des meilleurs joueurs du monde.

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A 20 ans, quelles étaient ses qualités ?

Il avait des bases incroyables, et était capable de faire des gestes techniques et des actions incroyables pour son jeune âge. Aujourd’hui, il est resté au même niveau sportif sauf qu’il est désormais conscient de sa force et la met en permanence au service de l’efficacité collective.

Qu’est-ce qui le caractérise le plus à vos yeux ?

Antoine, on a l’impression qu’on le tient… et en fait, non, on ne le tient pas. On a l’impression qu’on ne le voit pas, alors qu’il ne cesse de passer des ballons qui créent du danger, sans avoir forcément besoin de faire des exploits. Il mène vraiment très bien sa barque.

A-t-il encore une marge de progression ?

C’est une bonne question car son niveau est déjà tellement élevé… J’ai toujours pensé qu’on pouvait progresser à tous les âges en se nourrissant de situations différentes, des réussites, mais aussi des échecs. Certes, il tutoie les étoiles, mais cette blessure peut aussi l’amener à revenir plus fort, différent, pour décupler son envie et, justement, lui permettre de rester au sommet. Sa seule marge est intellectuelle pour lui permettre d’aborder les matches différemment.

« Antoine a aussi la chance de jouer avec des joueurs de grand talent »

Qu’en est-il de son leadership ?

Lorsque j’avais comme capitaine Thierry Dusautoir, un taiseux, au Stade Toulousain, je m’écartais volontairement du groupe lorsqu’il avait des choses à dire. Parce que je savais qu’il utilisait les bons mots. Antoine est pareil, aussi incontournable sur le terrain que présent dans un rôle de capitaine qu’il maîtrise à la perfection. Il sait quelle partition il doit jouer pour s’inscrire dans le projet du Stade Toulousain et de l’équipe de France. Il transmet les bons messages à ses coéquipiers.

Et ses points faibles, on en parle ?

(rires) Je ne lui en connais pas. Il a une excellente passe, un très bon jeu au pied, il va vite, est adroit, capable de se transformer en buteur s’il le faut, c’est un gros défenseur et en même temps il concentre sur lui les défenseurs adverses pour mieux libérer des espaces à ses copains.

Avez-vous déjà croisé dans votre carrière un joueur français aussi doué ?

Au-delà d’Antoine, le rugby français n’avait jamais eu de générations aussi intéressantes avec trois titres de champions du monde consécutifs donc il est normal que le XV de France en retire quelques bénéfices. C’était d’ailleurs tout le sens des jeunes joueurs que nous appelions lorsque j’étais encore en poste, à l’instar d’Antoine, de Jelonch et d’autres. Mon parcours avec l’équipe de France a été compliqué, mais la direction était celle-là.

Antoine a aussi la chance de jouer avec des joueurs de grand talent. Quand vous êtes un bon joueur et que vous jouez avec des joueurs moyens, vous restez bon. Quand vous jouez avec de grands joueurs, vous devenez excellent. C’est ce qui arrive à Dupont.

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