mardi 18 juin 2024

Jeux Olympiques 2000 : Brahim Asloum met fin à 64 ans de disette !

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Aux Jeux Olympiques de Sydney, Brahim Asloum a réussi à bousculer la hiérarchie pour s’offrir la plus belle des médailles et permettre à la France de renouer avec l’or olympique après des années d’attente.

Cela faisait 64 ans que la France n’avait pas fini sur la 1ère marche du podium en boxe. En poids mi-mouches, Brahim Asloum s’est offert des Jeux de rêve pour succéder à Jean Despeaux titré en poids moyens et Roger Michelot titré en milourds. Une compétition unique qui n’était pas forcément prévue au départ.

Directeur des équipes de France, Dominique Nato a pu apprécier la montée en puissance de Brahim Asloum tout au long des JO 2000. « On avait une équipe performante. C’était Brahim (Asloum). C’était Jérôme Thomas. Ça aurait pu être trois autres (Frédéric Esther, John Dovi, Jackson Chanet). On avait un niveau de performance qui était élevé avec des gens comme Brahim qui était méconnu dans le circuit international. Il a réussi à changer le cours de sa vie et le cours de l’histoire fédérale sur 15 jours. »

En effet, peu de personnes misaient sur la possibilité de voir Asloum aller jouer les médailles olympiques. Même le président de la FFB de l’époque avait estimé qu’il ne fallait pas revaloriser les dotations pour les petites catégories de poids mi-mouches d’Asloum et poids mouches de Jérôme Thomas, l’autre médaillé français à Sydney.

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Brahim Asloum à son prime aux JO de Sydney

Une anomalie qui allait servir de motivation pour Brahim Asloum qui se montrait à son aise à l’autre bout du monde. « J’avais senti quelque chose de positif dans le stage de Nouméa, révèle Dominique Nato. Il tapait tout le monde. On était en stage avec les Allemands, les Australiens… La quinzaine de préparation et d’adaptation, tous étaient en forme. Mais lui, pour un poids mimouche, il balançait. Je m’étais rendu compte qu’il y avait quelque chose qui se passait. Il s’était teint les cheveux en Bleu Blanc Rouge. Il bossait. Il était explosif. C’était une bonne préparation. »

« On avait mis les petits plats dans les grands et Brahim m’avait marqué. On ne le connaissait pas à ce niveau. Il s’était qualifié sur l’avant-dernier tournoi. Il avait été battu par l’Espagnol qu’il avait retrouvé en finale des Jeux Olympiques. Maintenant, c’est l’entraîneur de l’équipe d’Espagne. Il avait eu un parcours du combattant pour se qualifier. Ce n’était pas tombé tout cru. Il a mesuré la valeur d’une sélection et il a tout donné ensuite. Comme les autres, il s’est donné à fond pour arriver bien préparé à Sydney. »

« On a réglé pas mal de contentieux à Sydney »

Cela faisait plusieurs années que la boxe française courrait après l’or olympique. Les derniers médaillés étant Gilbert Chapron (bronze, poids moyens en 1956), Joseph Ventaja (bronze, poids plumes en 1952), Joseph Gonzales (argent, super-welters en 1964), Christophe Tiozzo (bronze, super-welters en 1984) et Laurent Boudouani (bronze, poids welters en 1988).

A Atlanta, la France avait manqué le coche et voulait se rattraper à Sydney. « C’était beau, affirme l’actuel président de la FFB. On était au cœur de la ville, proche de l’Opéra de Sydney. On était à Darling Harbour avec les autres sports de combat. On a eu quatre gars en quarts de finale. Une équipe avec un mental d’acier. Des gens qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes. Des boxeurs extraordinaires. »

Et l’un d’entre eux était Brahim Asloum. A 21 ans, le natif de Bourgoin-Jallieu s’est offert le tournoi d’une vie en montant en puissance petit à petit. De l’aveu même de Dominique Nato, « ce n’était pas si évident que cela. Le premier combat contre l’Egyptien (12-3, Mohamed Rezkalla), il a eu du mal à rentrer. Il passe en force sans vraiment montrer quelque chose. Brahim est champion olympique le dernier jour des JO. »

« On passe 15 jours en compétition. On a fait en sorte de les amener en forme au début des JO. Deuxième combat, il a fallu le secouer car, à l’entame de la 3ème reprise, on était battu. On était en 8èmes de finale (6-4 face à l’Américain Brian Viloria). Il a eu un parcours de combattant. Il a fait des performances à partir des quarts et il est monté en puissance. »

Asloum proche de la défaite au deuxième combat

« Sur le premier combat, on s’aperçoit que c’est la foire du trône dans le village olympique. Chacun mange ce qu’il veut. On a alors décidé de prendre une chambre à Darling Harbour proche du site de compétition pour ne plus avoir d’échappatoire. Du matin jusqu’au combat, tout était sous contrôle. Ça a créé une dynamique et éviter des conneries au niveau de l’alimentation. On s’est donné les chances d’y croire. »

En quarts, Asloum écarte le Sud-Coréen Kim Ki Suk (12-8) avant de battre le champion olympique d’Atlanta, le Cubain Maikro Romero. Un combat épique et une victoire pour un petit point, 13-12. « C’était son destin, relativise Dominique Nato. On a réglé pas mal de contentieux à Sydney. » Et cela s’est vérifié en finale avec une victoire sans contestation possible 2310 contre l’Espagnol Rafael Lozano. Avec la plus belle Marseillaise des Jeux Olympiques et des larmes éternelles pour Brahim Asloum.

23

C’est le nombre de points inscrits par Brahim Asloum en finale des poids mi-mouches des Jeux Olympiques de Sydney 2000. La meilleure performance du Français est un écart qui ne souffrait d’aucune contestation.

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