dimanche 23 juin 2024

Jeux Olympiques : l’incroyable histoire de Micheline Ostermeyer

À lire

Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Aux Jeux Olympiques de Londres, en 1948, Micheline Ostermeyer la Française, également pianiste, réussit l’exploit de remporter trois médailles olympiques dont deux en or.

Sa statue trône en bonne place au cœur de l’INSEP. Micheline Ostermeyer transformait en or tout ce qu’elle touchait. Pourtant, sa carrière n’aura duré que six ans. Si, pour beaucoup, elle reste liée à jamais aux JO de Londres en 1948, pour d’autres, elle est la virtuose qui a dédié sa vie à son amour pour la musique et le piano qu’elle enseignera jusqu’à sa mort, le 17 octobre 2001.

La Française n’était pas seulement impressionnante sur la piste ou dans un stade, elle l’était tout autant derrière un piano. Premier prix de piano au Conservatoire National de Paris, en 1946, elle fait également parler d’elle comme athlète, mais aussi comme basketteuse.

Elle s’amusait d’être aussi performante au sport qui n’était pas réellement une priorité. « Je consacre 5 heures par jour au piano et 5 heures par semaine au sport. » Mais la France n’aura d’yeux que pour elle à l’occasion des Jeux Olympiques de 1948 à Londres.

À LIRE AUSSI : toute l’actualité des JO dans votre mag

Une médaille d’or et un concert le même jour !

« Dans l’histoire du sport français, Micheline Ostermeyer apparaît comme une figure atypique en alliant deux excellences dans des domaines éloignés de l’espace des pratiques culturelles, au piano et en sport, en athlétisme. » Dans son essai datant de 2007, « Micheline Ostermeyer : l’exception normale d’une dissonance culturelle », Carine Erard revenait sur la complexité et la force de Micheline Ostermeyer capable de se transcender sur des grands évènements sportifs avant de se laisser emporter par quelques notes de musique.

Au moment de participer aux Jeux Olympiques, Ostermeyer avait déjà fait montre de son talent à l’occasion des Championnats d’Europe d’Oslo, deux ans auparavant. Elle revient avec la médaille d’argent du lancer du poids. Aux JO de 1948, elle doit tout de même choisir. Elle participera à trois épreuves, le lancer du poids, le lancer du disque et le saut en hauteur.

Au disque, elle lancera à 41m92 et remportera sa première médaille d’or. Une discipline qu’elle aura maîtrisée en trois semaines avant les Jeux de Londres. Avec ses lunettes de soleil, elle bat le record de France et impressionne. Elle sera accompagnée sur le podium par l’Italienne Edera Cordiale et la Française Jacqueline Mazéas.

Micheline Ostermeyer et la magie de Wembley

Le 4 août 1948, Ostermeyer est de nouveau présente au stade de Wembley pour l’épreuve du poids. Dès son premier essai, elle réussit une marque de 13m75. Une performance qui lui permettra de décrocher sa deuxième médaille d’or avec un record olympique devant l’Italienne Amelia Piccinini et l’Autrichienne Ine Schäffer.

Le soir même de cette nouvelle conquête, Micheline Ostermeyer sera en concert pour jouer au piano ! Pas de quoi surprendre son ami et biographe, aujourd’hui décédé, auteur du livre référence « Micheline Ostermeyer, entre ombre et lumière », Pierre Simonet. « Micheline pouvait enchaîner une compétition et un concert dans la même journée. Un personnage attachant, plein de candeur qui dégageait beaucoup d’humilité. »

Le 7 août 1948 marquera le dernier jour de l’athlétisme aux JO et il sera également le jour du saut en hauteur féminin des Jeux de Londres pour un éventuel triplé en or pour Ostermeyer.

Seulement l’Américaine Alice Coachman et la Britannique Dorothy Tyler en décideront autrement avec un saut synonyme de record olympique avec 1m68. Avec ses 1m61, Micheline Ostermeyer bat un nouveau record national, mais doit se contenter de la médaille de bronze. Micheline Ostermeyer aura réussi à marquer l’histoire du sport français à jamais avec ses trois médailles sur une même olympiade.

À LIRE AUSSI : le parcours des cyclistes aux JO

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi