dimanche 23 juin 2024

Laura Flessel et les Jeux Olympiques : l’histoire d’une vie…

À lire

Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Championne olympique en 1996, Laura Flessel aura été une maîtresse d’armes redoutable à la fois sportivement (5 médailles olympiques, 2 médailles d’or à Atlanta en 1996, 1 médaille de bronze à Sydney en 2000, 1 médaille d’argent et 1 médaille de bronze à Athènes en 2004) et de par son état d’esprit.

Pour Laura Flessel, les Jeux Olympiques ont occupé une immense partie de sa vie : « Vous parlez à quelqu’un qui a fait cinq Olympiades. C’est plus de 25 ans sur 52 (sourire). Les Jeux, c’est l’événement le plus important. J’ai eu la chance de pouvoir récidiver cinq fois et de finir capitaine d’une équipe de France ». Inspirée par un certain Christian d’Oriola quatre médailles d’or olympiques…

« Il a été pour moi inspirant avant, inspirant pendant sa carrière et inspirant pendant sa retraite. Quand j’ai débuté, il n’a pas hésité à me prodiguer des conseils, à me dire de tenter des choses, à beaucoup me regarder ». Cette dernière a magnifiquement suivi sa trace.

À LIRE AUSSI : toute l’actualité des JO dans votre mag

Sa promesse à Sophie Moressée-Pichot…

Laura Flessel a été une belle représentante française sur les Jeux Olympiques de par sa présence et bien sûr de par ses succès. Médaillée d’argent en épée individuelle et médaillée de bronze par équipes en 2004 aux Jeux d’Athènes, elle est déjà médaillée de bronze en épée individuelle en 2000 aux Jeux de Sydney.

Toutefois, c’est bien en 1996 lors des Jeux d’Atlanta qu’elle rentre dans une autre dimension. La Guêpe, son surnom de par son aptitude à toucher ses adversaires au pied, a totalisé dans sa carrière six titres de championne du monde et un titre européen en épée individuelle (en 2007).

Le tournant des JO d’Atlanta

Mais la saveur de l’or à Atlanta a été exquise pour la Guadeloupéenne. D’autant que la championne y a goûté deux fois en individuelle et par équipes.

« Ce sont deux sentiments de fierté très forts dans le sens où l’escrime est un sport individuel. En sachant qu’en individuelle on a une finale franco-française (contre Valérie Barlois, Ndlr). On ne peut pas être deux sur la plus haute marche. Mais deux, trois jours plus tard, on avait cette chance de partir sur un rêve olympique, à nouveau ensemble, avec Sophie Moressée-Pichot. Elle n’avait pas eu de médaille. »

« Elle était maman. Cela représentait pour moi mon futur. Je me voyais aussi maman, championne et continuer l’aventure. Je n’avais que 25 ans. Elle me montrait que c’était possible. Nous lui avons fait une promesse folle qu’elle reviendrait avec sa médaille pour la présenter à sa fille, Justine. On n’a donc pas trop fêté notre médaille individuelle. On est restées très concentrées. Cette médaille d’or par équipes a donc une saveur très belle. On a tenu notre promesse ».

Dans la compétition par équipes, dans les moments de grande tension, Laura Flessel s’est conduite en patronne, en véritable leader : « En demi-finales et en finale quand c’est un peu compliqué, j’ai mis 25 touches sur 45 en demi au lieu d’en mettre 15, et 28 sur 45 en finale au lieu d’en mettre 15. Il y a une pression qui s’est ressentie chez les filles. Mais on gagne ! Nous étions trois Françaises sur le podium. Quoi de plus beau ! ».

Laura Flessel challenger de Barlois

Et quand Laura Flessel repart d’Atlanta avec l’or en individuelle la mission était pourtant loin d’être commode. Elle rencontre en finale sa compatriote Valérie Barlois. La native de Pointe-à-Pitre demeure davantage dans la peau de la challenger. D’autant que Barlois l’a battue juste avant sur une Coupe du monde à Cuba. Mais dans cette finale olympique Flessel prend rapidement les devants (3-0, 6-1, 9-3). Pour ne plus lâcher prise jusqu’au bout (15-12) :

« Le jour J, on essaie juste de lâcher les chevaux pour aller chercher son Graal olympique. On ne pense alors pas à la Française ou à la coéquipière. On pense juste à jouer. Personnellement, j’étais dans le jeu et pas dans l’enjeu. D’autant que je n’avais rien. Je n’étais ni championne de France, ni championne d’Europe ni du monde. Et les Jeux Olympiques n’existaient pas pour nous. J’avais une feuille blanche. »

« L’idée principale était de cocher les bonnes cases sachant que pour moi seul l’or m’intéressait. On ne peut pas se permettre de penser à être 2ème alors qu’on peut aussi gagner. Si vous regardez bien, c’était de l’émotion contrôlée. Je suis contente mais, dans mon esprit, je suis déjà tournée vers l’autre mission, celle de repartir sur l’épreuve par équipes ».

On connaît la suite ! Avec son épée, la Guêpe Flessel aura piqué comme jamais ses adversaires à Atlanta, les unes après les autres. Comme une guêpe qui y laisse son dard…

3

Quand Laura Flessel entame sa campagne olympique à Atlanta en 1996, elle n’est pas du tout vue comme la principale favorite. Elle est à cette époque 3ème mondiale. Elle est loin d’être aussi la plus expérimentée puisqu’elle a vécu ses premiers Mondiaux en 1995(3ème place).Celadonne encore plus d’épaisseur à son exploit olympique !

À LIRE AUSSI : 1996, le tournant pour l’Or

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi