lundi 4 mars 2024

Le Grand Chelem 1998 raconté par Cédric Soulette : « L’union sacrée entre des personnalités atypiques »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

En intégrant l’équipe de France à la fin de l’année 1997, Cédric Soulette, ancien pilier désormais artiste à travers sa société STAN’ART, a vécu avec gourmandise cette épopée du Grand Chelem 1998.

Que vous reste-t-il de ce Grand Chelem de 1998 ?

La joie d’être là. Un partage. Des moments qui ont marqué une compétition avec cette victoire de garçons et d’hommes qui ont su répondre à la confiance qu’on nous a donnée. On était gourmands de cette diversité qui était une richesse.

J’étais juste heureux d’être là, de participer à une aventure rare. Faire une compétition comme un Tournoi des 5 Nations avec un Grand Chelem au bout, après quatre matches, trouver l’équilibre d’un groupe, tout en évitant les soupes à la grimace, c’est un privilège pour un sélectionneur, des coachs et un capitaine.

La force de notre groupe était qu’on était heureux d’être ensemble. On participait à une fête qui était la nôtre. La fête d’un jeu libéré et d’une union sacrée entre des personnalités atypiques. C’était un moment béni pour le rugby français. On a pu voir éclore un groupe. Le souvenir de ce groupe restera vivace dans l’esprit des gens. Il y avait des garçons intelligents et de vraies personnalités. Notre force collective a jailli durant cette compétition.

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Cédric Soulette souligne la joie de vivre du groupe en 1998

Avez-vous senti que le Grand Chelem était une évidence ?

J’ai participé à trois matches sur quatre. On a eu des moments tendus. Face à l’Irlande, on gagne de deux points. C’était la grosse équipe d’Irlande. Je me souviens encore de Keith Wood. On savait qui c’était. Je me souviens que j’allais rentrer et j’étais ému d’être là, de me retrouver face à une figure internationale comme lui.

On a réussi à gagner nos matches. Je ne sais pas si on est monté en puissance. On a réussi à vivre des matches différents pleinement. Nous étions au Château Ricard de Clairefontaine (au Domaine de la Voisine, Ndlr). On était dans un endroit incroyable pour se préparer. Un endroit chargé d’histoire. C’était génial.

Il y avait un respect et une montée en pression. C’était un privilège d’y être. C’était aussi important qu’un match. On écrivait notre histoire. La nôtre a été belle. Quand j’y repense, on a mis 51 points au Pays de Galles. C’était notre façon de dire merci (sourire).

Avez-vous eu conscience de la portée de votre exploit en revalidant par un Grand Chelem le succès de 1997 ?

Déjà réussir un Grand Chelem, c’était exceptionnel. Alors deux ! Des générations n’ont pas eu cette chance. Avant 1997, il y avait eu 10 ans entre les deux succès. Avant 2022, on parlait de 12 ans. On savait que ça existait et que c’était possible. La génération qui a connu 1997 nous a donné un élan. On a réussi. Tant mieux. On leur doit à l’équipe de 1997 un élan de confiance.

« Mettre 51 points au Pays de Galles était notre façon de dire merci »

Etait-ce particulier de valider le Grand Chelem à Wembley face au Pays de Galles ?

C’était énorme ! C’était l’ancien Wembley. J’ai retrouvé des photos il y a trois ans. C’était incroyable. Le Pays de Galles avait son stade en travaux et on a eu ce cadeau de vivre une rencontre à Wembley. 1998 était une belle année. Au mois de juin, je marque deux essais lors de la tournée en Argentine (victoire 37-12, Ndlr). Ce Grand Chelem représente pour moi aujourd’hui beaucoup. C’est aussi Bernard Lapasset.

Le protocole du Président. A chaque étape, il y a eu des souvenirs indescriptibles. J’ai été un privilégié. Bernard Lapasset avait une gentillesse à notre égard, cette délicatesse et cette élégance. C’était un exemple. Il a eu un parcours exceptionnel. J’en aurai une reconnaissance éternelle. Je ne peux que dire merci au rugby.

D’autant plus que vous avez aussi offert les premières grandes émotions au Stade de France avant le foot avec notamment une victoire 18-16 face à l’Irlande alors que vous étiez mené 13-3 à la pause…

Je me souviens des envolées de Stéphane Glas face au Pays de Galles ou de Philippe Bernat-Salles face à l’Irlande. Des essais incroyables ! Je ressens encore la joie du moment. Il y a eu tellement de choses marquantes. Il faut savoir rendre aux hommes qui nous ont accompagnés. Ils le méritent. Ils ont été des exemples. Si la compétition a été belle, c’est aussi grâce à eux.

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