samedi 26 novembre 2022

Martin Mosnier (« FC Stream team », sur Eurosport) : « C’est la fin du foot à papa »

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Martin Mosnier anime l’émission « Le FC Stream team » sur Eurosport. Pour Le Quotidien du Sport, il s’est confié sur la reprise de la Ligue 1, le PSG, Marseille et la Coupe du monde au Qatar.

Avec Maxime Dupuis et Cyril Morin, vous animez depuis quelques années le « FC Stream team » sur Eurosport. Comment ce format est-il né ?

Ce format date de 2016 au moment de l’Euro en France. A l’époque, c’était le balbutiement des Facebook Live. On a démarré l’émission trois mois avant le début de la compétition. Très rapidement, on s’est mis à faire des vidéos sur l’essentiel de l’actualité, le mercato…

On a trouvé petit à petit notre public. Nous parlons foot avec des analyses que tout le monde comprend. Aujourd’hui, « Le FC Stream team » est un contenu pérennisé avec une audience qui progresse sur le site d’Eurosport.

Plus discrète que les autres chaînes, Eurosport propose une couverture du football français. Comment travaillez-vous au quotidien ?

Sur Internet, on n’a pas de problème pour les droits du football. Nous publions nos contenus directement sur le site et l’application d’Eurosport. On parle beaucoup de Ligue 1, des championnats étrangers et de la Ligue des Champions. Nous avons cinq journalistes qui couvrent le foot. Je m’occupe de l’équipe de France avec Maxime Dupuis, et on s’organise sur chaque journée de championnat et de Ligue des champions. Chacun a sa spécialité.

« L’arrivée des capitaux étrangers sonne la fin du foot à papa »

On voit du spectacle cette saison en Ligue 1, avec beaucoup de buts…

Je trouve que les clubs travaillent bien. Quand je vois Rennes, Lyon, Marseille avec des joueurs comme Kalimuendo, Lacazette, Sanchez, Suarez, on sent que ces équipes ont de l’ambition.

Lille aussi s’est bien débrouillé sur ce mercato. Nice aussi, même si le projet tarde à se mettre en place. Globalement, le haut du panier de Ligue 1 a réussi de jolis coups sur le marché, alors qu’habituellement, le championnat se fait prendre ses meilleurs éléments chaque été. C’est une réussite de voir les clubs recruter malin pour renforcer la Ligue 1. Dans le haut du classement il y a 5 à 6 équipes qui rendent le championnat intéressant et compétitif pour l’Europe.

Il y a un projet qui me plaît, c’est celui de Rennes, avec notamment la signature de Kalimuendo. C’est un club qui s’installe dans le premier tiers du championnat. Mais Rennes reste loin de la course au titre qui se termine, de toute façon, dès le premier matin de la reprise du championnat avec le PSG !

Que vous inspire les changements d’actionnaires, les rachats de clubs ?

Il y a des changements en Ligue 1. Force et de constater que même Jean-Michel Aulas a cédé aux sirènes étrangères. Pour lutter en Europe, il faut s’ouvrir aux capitaux étrangers. Ce n’est plus le foot à papa. Mais je distingue les fonds rapaces et les autres. En effet, que ce soit Lyon ou Marseille, il y a une politique sportive mise en place, on le voit sur le mercato. Les capitaux étrangers ont dopé le pouvoir d’achat de la Ligue 1. Après, il y a des fonds dangereux, comme à Bordeaux, qui font couler les clubs.

En ce qui concerne le PSG, que vous inspire les premières semaines de Galtier ?

Le PSG aura réussi sa saison s’il gagne le championnat et atteint le dernier carré de la Ligue des champions. Pour moi, la meilleure recrue de l’été, c’est Christophe Galtier. C’est un pari.

Il fallait remettre de la rigueur, avoir les têtes à l’endroit. Je suis fan de Galtier depuis des années. C’est le mec qu’il fallait pour cet effectif. Même si son passage à Nice fait tâche, il réussi à Sainté et à Lille. Galtier a un management incroyable.

Pourquoi ?

Galtier, c’est un « petit Ancelotti« , voire un « petit Deschamps ». Je dis « petit » car il n’a pas réussi en Ligue des champions. Galtier fait toujours l’unanimité. Je me souviens de ce que m’a dit Vincent Planté (ancien joueur de Saint-Etienne, Ndlr). Galtier l’avait pris entre quatre yeux et lui avait dit qu’il ne jouerait pas de la saison. Galtier, c’est toujours un discours franc et honnête.

Bien sûr, ce n’est pas un grand tacticien comme Guardiola, mais son management fonctionne et c’est efficace. Galtier est très proche de ses joueurs, comme Deschamps.

« Galtier place l’homme et l’honnêteté au-dessus de tout »

Ça vaut le coup d’être tenté au PSG. Plutôt que d’aller chercher un étranger, miser sur un Français comme Galtier qui sait manier les égos, c’est une force. C’est un geste courageux et audacieux de la part du PSG. Surtout, le club a désormais un entraîneur en phase avec sa direction sportive. Le binôme avec Campos fonctionne. Quand tout le monde a le même cap, c’est plus facile.

Pour moi, ce tandem peut fonctionner. J’ai eu Galtier en interview pendant 30 minutes avant la finale de Coupe de France entre Lille et Nantes, il m’a expliqué tous ses principes. Il met l’humain et l’honnêteté au-dessus de tout. Toutefois, si tout est beau aujourd’hui, il faudra voir si les joueurs seront avec lui lorsque les premières interrogations surgiront…

« La nouvelle formule de la Ligue des Champions ne me fait pas rêver »

Que vous inspire la nouvelle formule de la Ligue des champions ?

Elle va rapporter plus d’argent à l’UEFA. Changer de formule n’est pas forcément une bonne chose. La vraie Ligue des champions démarre en huitièmes de finale. C’est un feu d’artifice pour le foot. J’aime le tableau final de la LDC. Rallonger les matchs ne me fait pas rêver. J’aime bien les championnats, et je ne veux pas que l’on aspire cette lumière vers la Ligue des Champions pour en faire l’alpha et l’oméga des compétitions.

La Ligue 1 change également de formule, en passant à 18 en fin de saison…

C’est une bonne chose. Cela resserre l’élite. Je reste quand même prudent. Ce resserrement ne signifie pas forcément que nous allons performer en Coupe d’Europe…

« La Coupe du monde demande une digestion pour chaque joueur »

Avec la Coupe du monde en hiver, peut-ont avoir un championnat à deux visages sur la phase aller et retour ?

Un club qui aura moins de joueurs en Coupe du monde a une vraie carte à jouer en deuxième partie de saison. Il faut se souvenir de 2018 et de la performance des joueurs après le titre mondial des Bleus. On avait vu une baisse des performances et une décompression naturelle.

Les internationaux vont avoir du mal à se remettre dans le bain du championnat. La Coupe du monde demande une digestion (sic) pour chaque joueur. En plus, il n’y a pas de trêve, c’est le grand bain, c’est un mois de compétition intense. On verra dans quel état le PSG récupère ses stars au mois de janvier.

« Les Bleus de Deschamps ne peuvent pas rater une deuxième compétition »

Qu’attendre des Bleus durant ce Mondial ?

Les Bleus sont tenants du titre, ils sortent d’un Euro raté… Ils ne peuvent pas échouer sur une deuxième compétition. On est armé avec Benzema et Mbappé, deux des meilleurs joueurs du monde.

En revanche, je suis préoccupé pour Pogba qui devra être à 100%… Il est très important pour l’Equipe de France. Si Benzema et Mbappé marchent sur l’eau, ce sera bénéfique. Il y a un vrai point d’interrogation sur la défense. On n’a pas retrouvé cette étanchéité depuis le sacre de 2018 avec la charnière Varane-Umtiti. Quand on regarde les individualités, je pense que l’Équipe de France fait partie des trois grands favoris.

Crédit photo : Eurosport

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