lundi 26 février 2024

Rémy Grosso l’ancien international qui met de la vie dans les chaussures de rugby

À lire

Arnaud Bertrande
Arnaud Bertrande
Rédacteur en chef — Pole Sport Lafont presse

Ancien international (5 sélections), champion de France en 2017 avec Clermont, Rémy Grosso qui entraîne les U15 du LOU, transforme les chaussures des joueurs en trophées ! Entretien pour Rugby magazine et Le Quotidien Du Sport.

D’où vous vient cette passion pour le dessin ?

Depuis tout petit, j’ai toujours aimé dessiner. Au fur et à mesure, j’ai découvert d’autres techniques, d’autres outils, d’autres façons de faire. Je m’intéresse à la peinture, au graphisme, à la sculpture. Je me suis lancé dans la customisation. J’aime récupérer des objets anciens qui ont déjà servi pour essayer de les sublimer et quand ça a du sens en plus avec des parcours de vie ou de carrière sportive, ça me plaît.

Quelles sont vos inspirations ?

La mouvance street art, très colorée, m’inspire beaucoup. L’utilisation de la bombe, l’aérographe est une technique que je trouve très jolie. J’aime aussi ce qui est plus classique, les peintures anciennes, le réalisme.

Vous avez monté votre entreprise Trophée sport.

Je me suis structuré pour pouvoir vendre des toiles ou de la customisation. Mais ce n’est pas mon métier. Je suis entraîneur au LOU rugby sur les jeunes à temps complet et en parallèle j’ai cette activité.

À LIRE AUSSI : toute l’actualité du rugby dans le guide national de la saison

« J’ai fait les chaussures d’Ardie Savea »

Les joueurs peuvent-ils jouer avec ces chaussures ou est-ce plutôt des objets de collection ?

Il m’est arrivé de faire des chaussures avec lesquelles on peut jouer. L’inconvénient, ça prend beaucoup de temps à faire, c’est une peinture de cordonnier un peu fastidieuse à poser et ça me fait mal au cœur de me dire que ça ne pourra pas tenir indéfiniment. Le côté éphémère me fait mal au coeur. Je préfère le modèle trophée.

Combien ça coûte ?

Je fais un pack complet à 300 euros.

Laquelle a été la plus dure à faire ?

Sébastien Vahaamahina et Demba Bamba chaussent presque du 50. Il y a beaucoup de surface (sourire).

Et celle dont vous êtes le plus fier ?

Forcément, c’est la première, celle d’Aurélien Rougerie à Clermont. C’est de là que m’est venue l’idée à l’occasion d’une vente aux enchères en 2017 pour ASM SOS qui est l’association à but caritative de l’ASM. J’ai eu l’idée de récupérer un crampon d’Aurélien Rougerie et de le sublimer sur le thème de sa carrière et de l’ASM. La chaussure était partie à 1200 euros, le lot plus cher. C’est de là que tout est parti.

Avez-vous beaucoup de demandes ?

J’arrive à en faire une par mois. Quelques femmes de joueurs, notamment celles de Thomas Ramos et Sébastien Bézy, m’ont passé commande pour faire un cadeau à leur mari. Je viens de finir pour le LOU la chaussure de Toby Arnold pour sa fin de carrière.

Vous avez aussi customisé les chaussures d’Ardie Savea !

Les Blacks avaient leur camp de base à Lyon pendant la Coupe du monde. Il m’a demandé si je pouvais personnaliser ses crampons pour pouvoir s’entraîner avec. On s’est rencontrés au stade. Il m’a envoyé la liste des éléments qu’il voulait voir figurer sur ses crampons et il a pu s’entraîner avec pendant la Coupe du monde.

Il ne se rappelait pas que j’avais joué contre lui (le 9 juin 2018, Ndlr) avec l’équipe de France ! Il a plus remarqué mon travail artistique que ma carrière de rugbyman (rires). C’est une fierté d’avoir été sollicité par le meilleur joueur du monde. Ces chaussures lui ont porté chance ! (rires) C’était très sympa, mon fils a pu le rencontrer, il lui a donné sa casquette.

Y a-t-il un joueur dont vous rêveriez de faire les chaussures ?

J’aurais aimé le faire pour Jonah Lomu qui a été une de mes idoles. Mais pourquoi ne pas le faire pour lui rendre hommage.

Avez-vous des projets avec la Fédé ou la Ligue ?

J’avais bon espoir de récupérer un des Coqs de Marcoussis qui doit faire 1m50 de haut pour pouvoir le customiser et l’exposer à Marcoussis. Peut-être que le projet repartira.

À LIRE AUSSI : l’histoire du rugby, Skrella, le rugby dans les veines

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi