vendredi 19 août 2022

Rétro Tour de France : 1903, une première édition dans la légende

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Tout part d’une idée folle d’un jeune journaliste sportif, Géo Lefèvre qui va souffler à l’oreille d’Henri Desgrange l’idée d’un tour du pays à bicyclette. Une idée qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd… Et pour cause, dans les années 1900, le directeur du journal l’Auto voulait absolument concurrencer le quotidien le Vélo, tout en soutenant la nouvelle rubrique deux-roues de son journal. Le début d’une incroyable aventure humaine…

Nous sommes au début des années 1900. À cette époque, Henri Desgrange, qui est un ancien coureur cycliste, cherche un moyen de concurrencer le Vélo. Pour cela, il va créer son propre magazine, Vélo Paris. Mais il lui sera interdit d’utiliser ce nom et finalement, son magazine portera le nom de l’Auto. Un journal qui traite de l’actualité du monde du cyclisme, mais aussi, de la course automobile. Difficile alors pour le lecteur de se positionner et de comprendre que dans les pages du journal, il trouvera le bonheur s’il est un fan de vélo.

Des débuts difficiles

Les débuts du journal sont difficiles. Les ventes sont bien maigres. Lui qui voulait concurrencer le Vélo qui, à cette époque, s’écoule à 300 000 exemplaires, fait grise mine. Les ventes de son magazine représentent à peine un quart de celles de son concurrent. C’est la douche froide pour l’ancien dirigeant sportif. Il en est persuadé, à cause de ce nouveau nom (le mot « vélo » a été évincé, et le journal a été rebaptisé l’Auto), ses lecteurs vont déserter le quotidien. Alors, va naître une idée… Celle d’organiser une course, bien plus grande, bien plus médiatisée, et qui dépasserait en renommée celles organisées par le magazine le Vélo. L’occasion de doper les ventes de l’Auto, et d’asseoir la crédibilité du journal dans le monde du cyclisme…. Malin, le lynx ? Totalement.

La naissance d’une folle idée

C’est le journaliste Géo Lefèvre qui, après une grande conférence de rédaction au sommet, suivi d’un déjeuner dans une brasserie parisienne où les grands esprits rencontrent les investisseurs, va suggérer à son patron d’organiser une course cycliste, qui ferait le tour de la France. Au début, Henri Desgrange est sceptique. Comment cela pourrait-il être possible en matière d’organisation ? Il a suivi les nombreux problèmes survenus au cours de l’organisation du Paris-Brest-Paris, et du Marseille-Paris : de véritables casse-tête. Bloquer des routes, obtenir des autorisations, sécuriser le périmètre… Comment organiser cela dans la France entière ?

Le Tour de France est né !

Et puis, l’idée fait son petit bonhomme de chemin… Et finalement, à force de réflexion, il accepte le projet. Pourquoi pas ? Le 19 janvier 1903, la nouvelle est annoncée en grande pompe : un tour de la France va avoir lieu, organisé par le magazine l’Auto. Le monde du cyclisme est en effervescence ! Le Tour de France est annoncé en une du journal, et repris par la presse de l’époque, comme étant « la plus grande épreuve cycliste jamais organisée ». Incroyable, mais vrai. Et tout va très bien se goupiller. Le journaliste, qui craignait que tout soit très compliqué, va voir les pièces du puzzle s’emboîter à merveille.

Les inscriptions sont ouvertes !

Quelques mois plus tard, en mars 1903, le parcours est déjà tracé, et les autorisations sont toutes signées. Tout a été prévu dans les moindres détails : hors de question qu’un incident ne se produise et ne ternisse l’image de cette première édition. Le futur du Tour de France dépend de cette première édition ! C’est l’heure de l’ouverture des inscriptions. Tous les coureurs inscrits se voient promettre une prime de cinq francs par jour et le vainqueur de l’épreuve est assuré d’une récompense de trois mille francs. Et ils seront nombreux à s’inscrire, des « pro », mais aussi, des amateurs !

Un sacré coup de buzz

Pour le quotidien qui compte bien profiter de ce premier Tour de France et de ses retombées pour relancer ses ventes, la joie est immense. Dans ses colonnes, l’Auto publie : « Les engagements ont été ouverts dimanche et la première journée ne nous en a pas apporté moins de huit, tous en règle, ayant fourni le numéro de leur licence et ayant acquitté le droit d’entrée de 20 francs. Les deux premières places sont occupées par Maurice Garin, le glorieux vainqueur de Paris-Brest, et par Pasquier, le gagnant des routiers de Marseille-Paris. Tous, soit verbalement, soit par lettre, nous ont adressé les plus vives félicitations pour le Tour de France ».

1er juillet 1903 : coup d’envoi du Tour

C’est ainsi que quatre mois plus tard, le Tour de France écrit la première page de son histoire. Nous sommes le 1er juillet à Montgeron, lorsque le grand départ de la première étape a lieu.

Le coup d’envoi est donné : les 59 cyclistes donnent un grand coup de pédale. Six étapes les attendent, à travers la France. Ils s’apprêtent à avaler près de 2 500 km au total. Et ils le savent, ils vont rouler, de jour, comme de nuit, qu’il pleuve, ou qu’il vente. À l’époque, les Français sont très excités. C’est la toute première édition et les premiers « fans » du Tour de France voient le jour, s’installant au détour d’un virage pour saluer et crier de joie au passage des coureurs.

L’épopée du magazine l’auto

Les organisateurs et créateurs de la course, et donc, du parcours, sont très fiers de leur travail. Avec un départ à Montgeron, devant le café le Réveil Matin, le 1er juillet, le Tour s’apprête à relier les principales villes de France, de Lyon à Marseille, en passant par Bordeaux, Nantes et Paris.

L’Auto vit sa plus belle histoire. Et les équipes n’hésitent pas à prendre la plume, sublimant leur action, grâce à des envolées lyriques dans les colonnes du magazine qui se décrit désormais comme un journal « d’idées et d’action ».

Les premiers pronostics émergent…

Alors que la course venait à peine de démarrer, déjà, les pronostics allaient bon train. Et les premiers favoris ont émergé de la liste des coureurs. Parmi eux, un certain Maurice Garin. Surnommé « le petit ramoneur », et âgé de 32 ans, il est le vainqueur de plusieurs courses. Dont deux Paris-Roubaix. Toutes les lumières sont braquées sur lui, et nombreux sont ceux qui sont persuadés qu’il va remporter ce premier tour de l’Hexagone.

Maurice Garin, vainqueur de la première édition du Tour de France !

Un pronostic qui va s’avérer juste. Ce qui était annoncé dans les colonnes de l’Auto se produit : après avoir traversé Lyon, Marseille, Paris, Toulouse, Bordeaux et Nantes, Maurice Garin arrive premier de cette toute première édition du Tour de France. 3 heures devant le second, qui tire sa révérence le 19 juillet, à Ville-d’Avray. Vingt coureurs arrivent au terme de l’épreuve, à Paris, le 19 juillet, après avoir parcouru un total de 2 428 kilomètres en six étapes.

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