jeudi 25 juillet 2024

Romaric Camou (Vannes) : « On va défendre chèrement les couleurs de la Bretagne ! »

À lire

Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

L’ailier de 27 ans, Romaric Camou, auteur d’un essai en demi et en finale, revient sur ce moment historique pour Vannes avec cette montée en Top 14 ! Un Top 14 qu’il va retrouver et auquel il avait goûté avec La Rochelle (8 matches entre 2015 et 2019).

La pression est-elle retombée ?

Oui. On commence à réaliser petit à petit ce qu’on a accompli. Dans les minutes et les heures qui ont suivi le Bouclier, c’était dur de réaliser. Puis avec les gars on s’est dit c’est fou on va jouer à La Rochelle, à Toulouse, à Clermont…

A quoi avez-vous pensé au coup de sifflet final ?

A mes parents, à ma copine, au fait que j’ai commencé le rugby tard à 15 ans… C’est juste un rêve d’être champion ! (ému) Je n’ai pas pu retenir mes larmes. Toute la pression est retombée d’un seul coup.

À LIRE AUSSI : toute l’actualité du rugby dans votre mag

Vannes, la surprise du Top 14

Racontez-nous cette saison folle avant d’en arriver à l’apothéose contre Grenoble (16-9) ?

Notre saison a vraiment commencé dès la 78ème minute l’an dernier lors de notre demi-finale contre Oyonnax (perdue 21-26, Ndlr). On s’est dit on repart de là. Vannes a fait un début de championnat tonitruant. On sentait vraiment qu’on restait sur cette dynamique de fin de saison dernière avec un effectif peu retouché. Ensuite, on a connu une période hivernale compliquée. Il y a eu des défaites à domicile contre des concurrents directs.

Elles ont été dures à digérer. On se demandait alors où on se situait vraiment. Le RCV est souvent malmené l’hiver (sourire). Heureusement, la dynamique est repartie avec les beaux jours. Lors des phases finales, on savait que tous les compteurs étaient remis à zéro. On a eu aussi une belle réussite et une bonne étoile sur la demi-finale contre Béziers (27-21, Ndlr). Puis la finale on l’a prise par le bon bout du début à la fin. On a joué comme on savait le faire. On s’est libérés. En demifinale, on avait eu un peu trop de pression. On est heureux et fiers de nous.

Comment était le groupe la veille de cet immense rendez-vous ?

On forme un groupe de copains. On vit tous bien ensemble. J’avais presque l’impression qu’on allait disputer un match normal. Cela jouait aux cartes la veille, on se racontait des blagues… On était détendus. Par contre, la veille de la demie, il y avait beaucoup plus de tension. Même pendant la semaine. C’est étrange, mais on ne ressentait pas cela pour la finale.

« On a l’exemple d’Oyonnax en tête… »

En plus, vous marquez le seul essai du match contre Grenoble !

C’est anecdotique. Cela aurait pu être un autre joueur. Après, c’est toujours un plaisir de passer cette ligne d’en-but.

Formé à La Rochelle, vivez-vous cette accession en Top 14 comme une revanche personnelle ?

Pas du tout ! Je ne suis aucunement revanchard. Je suis un enfant rochelais, je suis né à La Rochelle. C’est grâce au Stade Rochelais que j’ai pu devenir professionnel. Par contre, je ne pensais jamais qu’en quittant ce club je signerais à Nevers deux ans de plus, je ne croyais pas non plus pouvoir rejouer à Marcel-Deflandre.

Je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser au coup de sifflet final (sourire). Je me suis dit je vais pouvoir rejouer à Deflandre devant tous mes proches. Toute ma famille est là-bas. Je vais attendre le calendrier. C’est vraiment un match que je vais cocher. En plus, Sébastien Boboul et Jean-Baptiste Paquet sont deux personnes avec lesquelles je suis très proche. On s’est appelés de suite. Ils sont contents de me revoir même les anciens. C’est un club familial. Ils sont heureux quand les joueurs du cru reviennent.

Quelle est la grande force de Vannes ?

C’est surtout « Jean-No » (Spitzer, Ndlr) qui aime dire qu’on n’a pas de facteurs X. Mais quand je repense au match de Kalamafoni, de Ruru et d’autres, ils ont vraiment survolé cette finale. Il faut le souligner.

Romaric Camou veut éviter l’ascenseur

Vannes va découvrir le Top 14. Comment s’en sortir à ce niveau ?

On sait très bien que cela va être compliqué. Le club s’active pour recruter d’autres joueurs. On est conscient qu’avec l’effectif actuel cela ne va pas être facile du tout. L’an dernier, Oyonnax a survolé la Pro D2, ce qu’on n’a pas fait nous, et ils finissent derniers… Cela va être au staff et au président (Olivier Cloarec, Ndlr) d’avoir la bonne stratégie. Ils savent très bien faire de bien cibler et de construire là-dessus.

Nous allons y aller avec nos armes. On va défendre chèrement les couleurs de la Bretagne. On a un stade incroyable (stade de la Rabine avec 11 865 places, Ndlr) avec un public incroyable (sourire). Déjà essayer de gagner un maximum de matches à domicile dans un premier temps. On verra bien ce que cela donnera (sourire).

À LIRE AUSSI : Ntamack, l’homme fort de Toulouse

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi