jeudi 23 septembre 2021

Tavite Veredamu : « La France m’a tout donné »

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Arrivé en France en 2007, Tavite Veredamu est devenu l’un des meilleurs joueurs du monde à 7. Le Fidjien a une histoire de vie très forte, une histoire dans laquelle il puise sa force, son courage et sa grande humilité.

Elevé dans un petit village fidjien pourquoi et comment prenez-vous la décision de rejoindre la France en 2007 ?

A cette époque-là, le rugby n’était qu’un passetemps, je jouais depuis l’âge de 7 ans avec les copains du village et des bouteilles (rires). Une amie de ma mère m’a conseillé de partir gagner ma vie en France en entrant dans l’armée. A 18 ans, j’ai envoyé ma candidature par mail, elle a été acceptée, mais l’armée ne me payait pas le voyage. N’ayant pas les moyens, mon village s’est cotisé pour me le payer. Un geste que je n’oublierai jamais.

Vous arrivez donc à Nîmes…

Non, ils m’ont payé un aller simple pour Paris. Je suis passé par l’armée à Nogent puis à Aubagne, à Castelnaudary et enfin à Nîmes.

Comment êtes-vous venu au rugby ?

Le week-end, je n’avais pas de missions, je m’ennuyais un peu. Un de mes amis wallisiens, qui était à la Légion avec moi, m’a proposé un essai, il jouait au club. J’y suis allé pour m’entraîner avec eux juste pour le plaisir. Puis Nîmes m’a fait signer un contrat. Je jouais avec la B quelques matches par an quand j’avais des disponibilités de l’armée.

L’adaptation a-t-elle été difficile ?

Le plus dur, c’était le froid (rires). Sinon avec l’armée et des missions au Mali notamment vous apprenez à être fort. Quand j’étais à Aubagne, je dormais dans une ferme, avec peu de choses. On teste vos facultés de survie. Après ça on n’a plus peur de rien.

Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez été appelé en équipe de France à 7 ?
Le sélectionneur m’avait repéré à Nîmes. J’ai été appelé pour des stages, j’étais impressionné de me retrouver avec des grands joueurs. J’ai fêté ma première cape sur le tournoi de Dubaï. Je n’y croyais pas. En plus, ce tournoi est très populaire aux Fidji, ma famille et mon village étaient fiers, ils ont fait la fête.

« Avec l’armée et des missions au Mali notamment vous apprenez à être fort »

En 2020, vous avez retrouvé le rugby à 15 à Clermont pour une pige en tant que joker médical. Quelles sont les différences entre les deux disciplines ?

C’est différent. A 15, il y a moins d’espaces car il y a plus de joueurs sur le terrain. Le 7 c’est dur physiquement car il faut couvrir beaucoup de terrain. Il faut un peu de temps pour s’adapter car à 15 la défense est plus en homme à homme et il y a plus de combinaisons en touche.

Vous avez peu joué. Avez-vous eu du mal à vous réadapter au 15 ?

Non, je garde un bon souvenir de ce passage à Clermont. Quand l’entraîneur a fait appel à moi, j’ai répondu. Le staff et les joueurs ont été accueillants.

Aujourd’hui, vous êtes une star du rugby à 7, avez-vous définitivement quitté l’armée ?

Non je ne suis pas une star, je fais partie d’une équipe, je ne suis pas seul. Je suis toujours engagé, mais en disponibilité auprès de la FFR. L’armée comme le rugby fait partie de ma vie, je défendrai toujours mon pays. La France m’a tout donné.

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