jeudi 23 mai 2024

Yoann Maestri (ex international) : « Il faudra protéger les joueurs psychologiquement »

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Se rapprochant progressivement et doucement de la fin de sa carrière, l’ancien 2ème ligne international, Yoann Maestri (65 sélections, 1 essai) évoque son aventure au japon qu’il a rejoint après quatre saisons au stade français.

Pourquoi avez-vous décidé d’aller jouer en 2ème division japonaise au Toyota Industries Shuttles ?

J’ai 35 ans. J’ai beaucoup joué. Si je voulais faire une pige à l’étranger, c’était le moment de me rendre dans un pays aussi beau et différent que peut l’être le Japon. C’était maintenant ou jamais ! S’il n’y avait pas eu cette opportunité du Japon, je prenais ma retraite.

Arrêterez-vous définitivement en fin de saison ?

C’est ma dernière aventure. Cela peut durer encore cette année ou même s’étendre l’année prochaine. Ce n’est pas certain.

Quels sont vos projets une fois que vous aurez raccroché ?

J’ai une agence de création avec mon frère à Paris. Normalement, je rentrerai dans ce milieu-là.

L’art est vraiment au centre de votre vie, pouvez-vous nous parler de cette Galerie « M » ?

En 2015, j’ai ouvert cette galerie d’art à Toulouse. Cette galerie présentait des artistes basés à Paris. Certains de ces artistes que je connaissais étaient des amis, d’autres vivaient à Berlin et à Londres. Cela a été une magnifique expérience qui m’a permis de voir autre chose que le rugby, mais aussi de mettre à profit toutes les connections que j’avais ainsi que l’esprit d’aventure collective que mon sport m’a apporté. Une fois que je suis arrivé à Paris (en 2018, Ndlr), j’ai gardé la galerie pendant une année. Après, c’est devenu trop compliqué à gérer. Cela s’est arrêté.

Quels meilleurs moments de votre carrière gardez-vous en tête ?

Il y a de superbes moments. Mes années Rouge et Noir à Toulon et à Toulouse ont été ponctuées de grands succès, de grandes amitiés qui durent encore, de belles rencontres et qui dureront pour la vie.

Catalogué comme un 2ème ligne un peu dans l’ombre, cette image vous convientelle ?

J’en suis même fier. Mes qualités étaient là et pas forcément ailleurs. Dans une équipe, il faut de tout. Cela me convenait très bien d’occuper ce rôle de l’ombre et donc de remplir des taches obscures. Le rugby a évolué mais, quand j’ai commencé, la valeur combat demeurait très importante.

« Il faudra protéger les joueurs psychologiquement »

La France a-t-elle tout pour être championne du monde dans quelques mois ?

Je me garderai bien de le dire. Ce serait mettre trop de pression sur les copains. En France même les experts n’ont jamais été champions du monde (sourire). Certains ont pourtant été très près de l’être. Il faudrait plutôt poser cette question aux Néo-Zélandais ou aux Sud-Africains. Après, il y aura la pression à gérer et tout ce qu’elle représente. Il y aura notamment ce premier match contre les Blacks. Ce sera l’équipe à battre et en plus à la maison. Les gars, il faudra surtout les protéger psychologiquement. Qu’ils prennent du plaisir comme ils le font là en jouant les uns pour les autres. Ils auront alors toutes leurs chances.

Antoine Dupont vous surprend-il encore ?

Ce qui m’étonne surtout chez Antoine et c’est beau à voir ce qui en fait un très bon capitaine c’est son recul et ses qualités humaines. Dans ce collectif, il y a de vrais leaders humains. C’est essentiel. Tout le monde s’accorde à dire qu’Antoine est très fort. Mais quand on le connaît humainement, il a cette façon à lui de digérer les événements et de voir les choses clairement. Il a cette humilité qui se mélange avec de l’ambition.

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