dimanche 23 juin 2024

Euro 2024 : les Belges sont-ils des loosers ?

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La Belgique se trouve à la croisée des chemins de sa génération dorée. Bien que des figures emblématiques de cette génération des diables rouges aient pris leur retraite internationale, à l’image d’Eden Hazard ou Vincent Kompany, des leaders tels que Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku demeurent pour guider les jeunes talents. La Belgique peut (de nouveau) se permettre de rêver.

Cela fait maintenant plus de 10 ans que la génération dorée belge a émergé. A cette époque, une pléiade de jeunes talents commençait à se distinguer : Vincent Kompany, Jan Vertonghen, Marouane Fellaini et bien d’autres ont émergé, rapidement rejoints par Toby Alderweireld, Thibaut Courtois, Romelu Lukaku et un certain Eden Hazard.

Bien que cette génération n’ait (pour l’instant) rien remporté, elle a réussi à placer la Belgique au centre de l’attention, que ce soit à l’Euroouàla Coupe du monde. En 2018, elle a réalisé un parcours mémorable lors de la Coupe du monde, mais a fini par s’incliner face à l’équipe de France en demi-finales, qui est devenue championne du monde.

L’Euro 2021, marqué par la Covid, a vu la Belgique se faire éliminer en quarts de finale par l’Italie, qui a remporté le titre. La Coupe du Monde 2022 a été un échec total, avec une sortie prématurée lors de la phase de groupes. Malgré tout, le statut de la Belgique a changé et les Diables Rouges suscitent aujourd’hui un grand intérêt à chaque compétition.

Mais toutes les belles choses ont une fin et cette équipe laisse peu à peu la place à une nouvelle génération qui, bien qu’elle ne soit pas aussi prometteuse que la précédente, maintient l’idée d’une Belgique forte sur la scène internationale. Il ne reste plus que deux joueurs ayant marqué la dernière décennie du football belge, et pas des moindres : Kevin De Bruyne et Romelu Lukaku.

Les deux ont prouvé à travers l’Europe : le premier, une véritable référence au poste de milieu de terrain, a remporté une Ligue des Champions et pas moins de cinq Premier League. Le second a remporté la Serie A, la FA Cup et demeure le 13ème plus gros transfert de l’histoire avec un montant estimé à 113 millions d’euros (de l’Inter à Chelsea à l’été 2022). Ces deux piliers du football belge auront pour tâche d’accompagner la nouvelle génération qui regorge elle aussi de talents.

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La relève est là pour les Diables Rouges

Si la génération dorée est sur la fin, les nouveaux arrivants sont là pour prendre le relais. Certes, il ne sera pas facile de faire oublier Eden Hazard, par exemple, parti à la retraite à l’issue de son contrat avec le Real Madrid il y a un an, mais les nouvelles têtes de la sélection belge possèdent leurs propres caractéristiques. Eden Hazard est parti, laissant plus de place à l’éclosion de Jeremy Doku, transféré l’été dernier à Manchester City pour une somme avoisinant les 60 millions d’euros.

Le virevoltant ailier belge aura toute la place pour imposer son talent et sa technique, qui rappelleront en quelque sorte son prédécesseur parti trop tôt. Leandro Trossard sera lui aussi de la partie. L’ailier d’Arsenal est un joueur important et sa présence dans le onze belge résonne comme une évidence.

Le milieu de terrain a également son lot de talents. Encadrés par De Bruyne et Tielemans, Orel Mangala (Lyon) et Amadou Onana (Everton) se disputeront la place de numéro 6 laissée vacante par Alex Witsel. Pour Guillaume Gautier, journaliste sports à Le Vif, Amadou Onana est sans aucun doute talentueux, mais il manque encore d’impact :

« Il est souvent un peu trop impulsif pour être un vrai milieu défensif, il ne protège pas spécialement bien la défense ». Cette défense est sûrement le point faible des Diables Rouges : Timothy Castagne (Fulham) est sur la pente descendante, Jan Vertonghen a soufflé sa 37ème bougie, et Arthur Theate et Wout Faes, tous deux révélés en Ligue 1, semblent encore un peu tendres pour le très haut niveau.

Courtois, un retour en grande pompe ?

Derrière cette défense vulnérable se situe la grande absence du côté belge : celle de Thibaut Courtois. Le portier du Real Madrid s’est gravement blessé au genou en début de saison, une blessure qui l’écartait pour le reste du championnat, mais pas pour le sprint final en Ligue des Champions (il devrait d’ailleurs être titulaire en finale). En tout cas, dès le mois de décembre, Courtois déclarait que l’Euro ne serait pas possible parce qu’il « ne serait jamais prêt à 100% pour un grand tournoi ». Une décision prise en conséquence de sa blessure, bien sûr, mais surtout de sa mésentente avec le sélectionneur Domenico Tedesco.

« Il y a eu une grosse mésentente entre les deux au mois de juin dernier qui s’est prolongée avec les blessures (nouvelle blessure en mars). Mais je pense que même sans les blessures, Courtois ne serait pas allé à l’Euro », explique Guillaume Gautier. « C’est un facteur qui va peser négativement pour la Belgique. Même si Matt Sels fait de très bons matches, ce n’est pas Thibaut Courtois. Ce n’est pas la même histoire, il y a cet arrêt qui fait la différence entre une équipe qui passe un quart de finale et celle qui s’arrête en quarts ».

La Belgique devra donc faire sans son gardien emblématique, décisif à de nombreuses reprises sous le maillot belge et considéré comme l’un des tous meilleurs à son poste. Mais alors, quel est l’objectif de la Belgique ? Si l’effectif reste très intéressant, avec une nouvelle génération talentueuse, les Diables Rouges considéreraient une qualification pour les quarts de finale comme un tournoi réussi.

Tedesco en froid ave Courtois

La faute au manque d’expérience et des cadres clairs : « La génération qui arrive est aussi très bonne, c’est évident. Certes, De Bruyne est là, si les blessures le laissent tranquille, Mais dans cette génération, il n’y a pas de Thibaut Courtois, il n’y a pas d’Eden Hazard. Je pense que c’est plus une force collective et un enthousiasme autour des nouveaux jeunes joueurs arrivés qui pourra permettre d’obtenir des résultats. Mais en termes de talent pur des meilleurs joueurs de l’équipe, nous ne sommes pas au niveau de ce que nous avions il y a quelques années », estime Guillaume Gautier.

Le journaliste belge ne voit pas un groupe aussi jeune enchaîner un huitième de finale et un quart de finale tant le manque d’expérience au très haut niveau est criant. Une qualification en quarts serait incontestablement une réussite, une élimination en phase de poules serait, quant à elle, un échec cuisant.

12

Depuis la nomination de Domenico Tedesco au poste de sélectionneur, la Belgique est invaincue lors de ses 12 derniers matches, soit depuis sa sortie prématurée en phases de poules lors du dernier Mondial. Le bilan des Diables Rouges est de 8 victoires et 4 matches nuls, avec 28 buts marqués contre seulement 8 buts encaissés.

Le pronostic des Diables Rouges

Même si l’objectif principal des Diables Rouges demeure la qualification pour les quarts de finale, la Belgique dispose de l’effectif nécessaire pour réaliser une performance majeure lors du tournoi. Derrière la France, l’Angleterre et le Portugal, les Belges semblent être parmi les prétendants les plus sérieux, et leur parcours dépendra en grande partie du tableau de la phase finale, favorable ou non. En tout cas, une place dans le dernier carré semble à leur portée.

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