dimanche 2 octobre 2022

Axel Merckx : « Tao est encore capable de nous surprendre »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Depuis leurs années communes chez Axeon Hagens Berman, le manager belge Axel Merckx et le coureur britannique sont devenus de vrais amis.

La trajectoire de Tao est-elle une surprise pour vous ?

C’est surtout un grand plaisir de le voir à ce niveau. Depuis ses années chez nous, il a poursuivi sa progression et, bien avant cette victoire de prestige dans le Giro, il avait grandement participé à toutes les grandes victoires des Sky et d’INEOS. Il avait beaucoup oeuvré pour Thomas avant de profiter des aléas de la course et de saisir l’opportunité d’aller plus haut. C’est tout à son honneur.

Jusqu’où peut-il aller selon vous, quelles sont ses limites ?

S’il a une qualité, c’est bien celle de connaître ses capacités, d’aborder sereinement les épreuves et de les gérer avec lucidité. Pour autant, je ne pense pas qu’il connaisse ses propres limites. Même si on le savait capable d’exploits, car il a du talent, grimpe bien et va vite en contre-la-montre, le voir gagner le Giro a quand même été une surprise.

Donc s’il est capable de nous surprendre, et peut-être même de se surprendre, qui sait ce qu’il nous réserve pour le futur… Il peut encore nous surprendre. En même temps, il n’a pas le profil aussi dominateur d’un Remco (Evenepoel). Tao est juste un cycliste talentueux et lucide qui connait ses forces et ses faiblesses.

« Accrocher un grand tour à son palmarès va l’aider à gérer ce caractère impulsif »

Quels sont désormais les écueils qu’il doit éviter, les pièges ?

Si je devais trouver un défaut chez lui, c’est son impatience. Il peut être très émotif et en tant que manager j’ai souvent dû le calmer, pondérer son insatisfaction.

Il était frustré de ne pas gagner autant qu’il l’aurait voulu. Accrocher un grand Tour à son palmarès va l’aider à gérer ce caractère impulsif. Il va en avoir besoin car il a désormais une pancarte accrochée dans son dos. Mais il a les capacités physiques et mentales pour assumer ce nouveau statut dans le peloton.

Avez-vous une anecdote, un moment partagé avec lui qui pourrait illustrer qui il est ?

Nous étions en Italie, dans une voiture où il était interviewé, il venait de gagner le Trophée de Vicenza en 2016 quelques jours à peine après que mon grand-père maternel décède. Il savait que j’étais très proche de mon grandpère et, dans la conversation avec la journaliste, il lui avait dédié sa victoire.

Ce geste lui ressemble beaucoup car avec une personnalité réservée c’est quelqu’un d’attachant, de très bienveillant. Lorsque ma fille a eu ses problèmes de santé (Athina, la plus jeune fille d’Axel, souffre d’une tumeur à un genou, Ndlr), il a été le premier à nous manifester son soutien, à nous aider. Il a enregistré une vidéo avec Froome et d’autres coureurs d’INEOS pour encourager Athina. Ce sont des gestes qui comptent et qui font plaisir.

> Retrouvez cet entretien et toute l’actu du cyclisme dans Cyclisme Magazine

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