dimanche 2 octobre 2022

Top 14 : Jérémy Boyadjis au RCT, le grand saut

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Débarqué tout droit de Fédérale 1 en provenance de Rennes, le pilier Jérémy Boyadjis savoure, à 30 ans, cet improbable transfert avec lucidité.

Pendant de nombreuses années, le RCT a été taxé de club bling-bling. En cause un recrutement XXL sous l’ère Boudjellal. Le recrutement de Jérémy Boyadjis est tout sauf un recrutement bling-bling. Après quatre années passées à Toulon, Marcel Van der Merwe a quitté le club varois pour rejoindre la franchise des Blue Bulls en Afrique du Sud. Pour le remplacer, le RCT a misé sur le pilier droit Jérémy Boyadjis dont le départ a suscité quelques tensions du côté de Rennes, mais le joueur s’est finalement engagé un an plus un autre en option. “Je n’ai pas tous les tenants et les aboutissants de ma venue à Toulon. Mais c’est via le bouche-à-oreille et des vidéos. Apparemment, Patrice (Collazo) me suivait depuis un moment. Il m’a contacté”.

Son plan d’attaque

Passé par Pau, Auch, Rouen (entre 2015 et 2017), Chambéry et donc Rennes, ce pilier rugueux (1m96, 135 kg) voit son arrivée dans le club de la Rade comme un rêve se réaliser lui qui n’a connu jusque-là principalement la Fédérale 1 à part 9 matches de Pro D2 avec Auch en 2013/2014 : “J’étais bien à Rennes. J’étais n°1 à mon poste. C’est désormais un nouveau challenge qui se présente à moi. J’ai voulu faire du rugby à haut niveau. J’ai toujours rêvé d’atteindre cet échelon. Quand Patrice Collazo et Toulon m’appellent, c’est juste exceptionnel. Je ne me voyais pas refuser ce genre de défi. J’en ai accepté d’autres avant, mais celui-là est vraiment très beau à relever”. Avec humilité, ce rugbyman de 30 ans fixe son plan d’attaque pour gravir cette montagne : “Au niveau de la concurrence, elle est forte (Setiano, Gigashvili, Ndlr). Je ne viens prendre la place de personne, mais j’ai mon rôle à jouer. Je veux répondre présent quand Patrice m’appelle. Je veux apporter tout ce que je peux au club. Je vais vivre au jour le jour et on verra où cela me mènera”.

« JE NE ME VOYAIS PAS REFUSER CE GENRE DE DÉFI »

L’intéressé est conscient que la partie est loin d’être gagnée, mais il veut avoir son rôle à jouer en mettant toutes les chances de son côté : “La marche entre la Fédérale 1 et le Top 14 est forcément énorme. Sur le coup, je n’y ai pas forcément pensé. Il m’est même difficile de me prononcer sur le niveau du Top 14 car je ne le connais pas. Physiquement, c’est sûrement une autre dimension par rapport à ce que j’ai connu. Au niveau du jeu et de l’âpreté, cela doit être très différent aussi. Cependant,je me connais bien. Je suis un joueur attentionné et très méticuleux. Quand un club du standing de Toulon t’appelle, tu te dois d’être encore davantage professionnel pour répondre au mieux aux attentes. Quand tu es professionnel, le Graal c’est le Top 14. Donc en être relève de l’exceptionnel. Je ne veux pas qu’y toucher. Mon envie est d’y rester. Je travaille dur. Je pars de loin, mais je suis toujours parti de loin. Ce n’est pas ce qui me fait peur. J’ai commencé le rugby à 20 ans. On verra où j’en serai à la fin de la saison…”

Boyadjis, ancien fer de lance du pack rennais

On l’a compris, le Toulonnais n’est pas du genre à se laisser impressionner. Le ton posé, il répond quand on lui demande à quoi correspondrait une saison réussie pour lui ? “Tout donner, faire de bonnes mêlées, être présent dans le jeu autant en défense qu’en attaque en affichant un mental de fer”. L’histoire est belle pour l’ancien fer de lance du pack rennais. Elle pourrait l’être encore un peu plus s’il aligne les rencontres.

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