jeudi 29 septembre 2022

Cyclisme : ces coureurs qui prennent leur retraite

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Certains coureurs ont décidé de mettre un terme à leur carrière à l’issue de cette année 2020. Une page se tourne pour le cyclisme mondial.

En cette saison hors-norme en raison de la pandémie du coronavirus, quelques coureurs ont choisi de raccrocher. Vingt-quatre heures après la fin du Tour de France, Yoann Offredo (33 ans), sorti tout juste de son rôle de consultant pour France Télévisions, a néanmoins laissé la porte ouverte.

En période de rééducation après une opération de la cheville droite, l’ancien coureur de la FDJ a laissé planer le doute dans les colonnes du Parisien : “Je galère encore à pédaler, je souffre encore de la cheville. Après avoir tous accepté de baisser nos salaires pendant le confinement, les dirigeants de l’équipe Wanty Gobert, nous ont proposé une année supplémentaire. Je me pose la question concernant cette idée de raccrocher. Mais rien n’est acté. C’est mon corps qui me donne la réponse”.

Jurgen Roelandts ne remontera plus sur un vélo

D’autres ont décidé, eux, de mettre pied à terre. A 36 ans, Serge Pauwels arrivait en fin de contrat avec son équipe CCC. De ce Belge, on gardera surtout à l’esprit l’image d’un coureur offensif (notamment dans le Tour de France auquel il a pris part à six reprises). Il a aussi été d’une grande aide auprès de Greg Van Avermaet quand celui-ci a enlevé sa médaille olympique en 2016 : “Pendant quinze ans, j’ai eu la chance de poursuivre mes rêves dans le cyclisme au plus haut niveau. Il est maintenant temps de mettre fin à ce cycle, de se remémorer de grands souvenirs, et de réaliser que le voyage lui-même était le rêve. Merci à ma famille, mes amis, mes fans, mes coéquipiers et le personnel de l’équipe pour leur soutien”.

L’ancien champion de Belgique sur route (2008), Jurgen Roelandts (ex-BMC), ne remontera plus non plus sur un vélo, après 17 saisons. Le vétéran de 35 ans, membre de la Movistar depuis 2019, s’en est expliqué : “Les circonstances et les blessures font que je ne suis plus capable de lutter au plus haut niveau ou demeurer au niveau où j’aimerais être. Je sais encore que j’ai ce qu’il faut pour me battre dans les courses World Tour, mais m’entraîner et courir malgré la douleur, au quotidien, rend cette mission très dure”.

Jimmy Turgis (29 ans), a dû lui, mettre un terme à sa carrière à… contre-cœur. Le coureur de B&B Hotels-Vital Concept s’est trouvé dans l’obligation de renoncer, dès février. Après son jeune frère Tanguy, qui avait dû arrêter en 2018 pour la même raison, Jimmy souffre aussi d’une malformation cardiaque. “Je souffre d’une maladie du cœur qui s’aggrave avec l’effort intensif. Il m’est impossible de poursuivre le sport de haut niveau”.

Courteille, Albasini, Sellier, Jarrier…

Son équipier Arnaud Courteille (31 ans) en a fait de même. Professionnel depuis 2011, l’ancien coureur de la FDJ a décidé d’ouvrir un nouveau chapitre de sa vie. Il aura été cet équipier modèle au service des autres et n’aura connu que deux équipes dans son parcours : la FDJ et B&B Hotels Vital-Concept. Michael Albasini prend également sa retraite. Alors qu’il avait annoncé qu’il mettrait un terme à sa carrière après le Tour de Suisse (course finalement annulée en raison de la pandémie), le coureur de la Mitchelton Scott a finalement raccroché après Liège-Bastogne-Liège et un dernier baroud d’honneur à 39 ans.

Il est désormais temps pour lui d’endosser le rôle d’entraîneur national suisse en succédant à son père, Marcello : “Je suis impatient de transmettre le savoir que j’ai pu acquérir au cours de ces 20 dernières années”. Le corps de Simon Sellier a définitivement dit stop. Non conservé pour 2021, le coureur de 25 ans de Total Direct Energie a disputé sa dernière course lors de Paris-Camembert en septembre. Son aventure professionnelle aura duré trois ans entre 2018 et 2020, gêné qu’il était par un souci à l’artère illiaque : “Je ne saurai jamais où se situaient mes limites à 100% de mes capacités”.

Si l’Allemand de la Jumbo-Visma, Paul Martens, poussera encore sur les pédales jusqu’à la première moitié de la saison 2021, “de sorte que je puisse finir ma carrière de manière digne”, Benoît Jarrier, un des chefs de file d’Arkéa-Samsic, n’ira pas plus loin. Après huit années passées chez Arkéa et neuf en pro, le Manceau, bon rouleur de 31 ans, deux fois 2ème au Tro Bro Leon (en 2012 et 2015), a annoncé son départ : “Il est l’heure pour moi d’ouvrir le second chapitre qui s’annonce tout aussi passionnant”. Clap de fin également pour son équipier Florian Vachon. Le Montluçonnais aura passé treize ans dans l’élite. Il a été un coureur écouté et respecté chez Arkéa-Samsic, notamment (voir son interview). Pour tous ces cyclistes, une nouvelle de vie débute.

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