samedi 8 octobre 2022

Avec Chris Froome, Israël Startup Nation passe à la vitesse supérieure

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

L’équipe israélienne compte bien changer de braquet avec la signature de l’ancien vainqueur du Tour de France. A condition que Chris Froome en ait encore sous le pied…

Le manager d’Israël Start-Up Nation Kjell Carlström est du genre pragmatique quand il dresse un bilan du dernier Tour de France de son équipe (19ème au classement par équipes) : “Il est déjà important de se rappeler que c’était le premier Tour de France auquel l’équipe participait. Il faut donc remettre certaines choses en perspective. On n’appelle pas cette course le Tour de France pour rien. Chaque équipe se présente à son maximum. Nous n’avons pas été chanceux dès le début. Nous avons dû déplorer des chutes. André Greipel est notamment tombé et a eu du mal à s’en remettre (abandon 18ème étape, Ndlr). C’est aussi arrivé à d’autres chez nous. Nous n’avons pas été évidemment les seuls à subir cela. Cependant, nous avons été assez pénalisés. Surtout quand cela touche des coureurs qui sont en mesure de pouvoir gagner une victoire d’étape dès le premier jour et de porter le maillot jaune. Cela complique forcément la donne. La chute de Dan Martin dans le Dauphiné ne l’a pas aidé non plus. Il n’a pas pu courir sur le Tour au niveau qu’il aurait voulu (41ème). Certains de nos coureurs se sont montrés lors d’échappées. Cela a constitué un des signes positifs, mais on s’attendait à un peu mieux. On a fait des top 10, mais la compétition est tellement relevée. Avec le niveau affiché par la Jumbo-Visma et d’autres formations qui ont roulé aussi très fort, cela a rendu encore les choses plus compliquées pour obtenir des résultats”.

Avant que la Grande Boucle ne démarre, Carlström avait tout de même pu se réjouir de la signature d’un monstre du vélo, Chris Froome : “Avec son palmarès impressionnant, Chris Froome est le leader parfait pour marquer notre arrivée en tant que concurrent sérieux pour ces courses, en particulier pour le Tour de France. La carrière de Chris a été extraordinaire. Nous pensons qu’il a, à la fois l’état d’esprit, et les talents physiques pour gagner plus de grands tours avec nous. Tout en agissant comme mentor pour nos jeunes talents, en les aidant à réussir”.

Le manager de la Team Israël Start-Up Nation est bien conscient qu’avec un tel renfort, sa formation rentre dans une nouvelle ère : “La signature de Chris Froome démontre que nous progressons à différents niveaux. Nous avons compris aussi que nous devions consolider toute notre infrastructure autour de Chris en plus des coureurs déjà présents. Il est clair que nous avons gravi une marche supplémentaire et que nous voulons passer à la vitesse supérieure. Toujours progresser a été le leitmotiv et l’obsession de l’équipe depuis sa fondation. On voudra vraiment le démontrer l’année prochaine.”

« Gagner le Tour avec Chris »

Kjell Carlström, manager d’Israël Start-Up Nation

“Dans un monde idéal, l’idée serait de remporter un grand tour et en particulier le Tour de France avec Chris. On sait que lui aussi est dans cette optique-là et désire accomplir encore quelque chose de grand. On est conscient que cette visée est très ambitieuse, mais elle n’est pas dans le domaine de l’inimaginable non plus. Pogacar a remporté le dernier Tour de France mais, au départ de la course, il n’avait pas les meilleures garanties pour pouvoir le faire. Il y avait des équipes et des coureurs davantage considérés comme des favoris que lui. Mais il a fini en vainqueur et a réussi par le faire”.

Le puissant recrutement de la Team Israël Start-Up Nation ne se limite pas au seul renfort de Chris Froome. “On s’est rendu compte qu’on devait renforcer l’équipe. Quand on a concrétisé avec Chris, il fallait aussi lui apporter le soutien nécessaire avec des coureurs expérimentés et sachant quoi faire. On a également des jeunes qui sont en train de montrer le bout de leur nez. Ils vont beaucoup apprendre de la présence de Chris. Le recrutement d’un élément comme Daryl Impey n’est pas anodin non plus. Il a déjà une grande carrière derrière lui. Il a montré de belles choses sur le Dauphiné et donc qu’il répondait toujours présent. On a bien évalué son expérience et ce qu’il pouvait apporter à l’équipe. On va suivre aussi l’évolution d’un Michael Woods. Avec sa présence et celles de Impey et de Dan Martin, on devrait se montrer compétitifs lors de la campagne des classiques ardennaises. Avec la venue de tous ces coureurs, on va pouvoir couvrir beaucoup plus de terrains à un très bon niveau, avec cet espoir d’augmenter notre degré de performance par rapport à 2020”.

A quoi ressemblerait donc une année 2021 réussie ? Kjell Carlström se jette à l’eau : “Notre but est de performer maintenant dans toutes les courses. Exceptés le Tour et les classiques ardennaises, on aimerait aussi faire du mieux possible dans les courses à étapes plus brèves comme le Tour du Pays Basque, les courses World Tour au Canada (Grand Prix de Québec, Grand Prix de Montréal…). Mais, dans le même temps avec cette pandémie, on ne sait pas encore à quoi va vraiment ressembler le calendrier”.

Finalement, Israël Start-Up Nation, première au classement UCI en fin d’année prochaine, une idée saugrenue ? “Pour être tout à fait honnête et réaliste, il n’est pas pensable de réaliser un tel objectif si vite. Ce serait évidemment magnifique de réussir cela à plus long terme. Mais ce genre de succès prend du temps et réclame beaucoup d’efforts. Nous ne sommes pas encore du niveau et du calibre de formations comme INEOS et la Jumbo-Visma. L’équipe n’a pas encore une très longue histoire. Elle franchit les caps les uns après les autres au fil des années”. Un point est certain, avec Chris Froome, Israël Start-Up Nation sera regardé de très près en 2021.

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