mardi 5 décembre 2023

Cyclisme : quand les teams World Tour recrutent sur internet…

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Les chiffres et les données ont toujours été des composantes de recrutement pour les équipes. Mais peut-on maintenant voir un coureur être recruté après avoir brillé sur un logiciel virtuel ou une application ? L’exemple de Michael Vink prouve que oui !

C’est désormais une réalité, le virtuel est devenu omniprésent dans le sport et aujourd’hui le cyclisme n’échappe pas à la règle. A l’image des recruteurs de football qui se dotent de données XXL pour dénicher les futures pépites ou du sport auto qui pousse les pilotes d’avenir sur des simulateurs capables d’être plus vrai que la réalité, le cyclisme manie depuis de nombreuses années les chiffres pour pousser à la performance, mais également pour trouver les cyclistes qui seront dans le peloton dans les prochaines années.

« On est déjà à l’air du recrutement par datas, explique l’agent de coureurs Philippe Raimbaud. C’est fini l’époque où il suffisait qu’un coureur gagne une étape du Tour du Limousin et confirme à Paris-Bourges pour qu’il y ait une sorte d’achat d’impulsion et qu’il soit recruté assez facilement. Aujourd’hui, les recrutements se font sur des périodes d’étude et de réflexion plutôt longues où le profil data est décortiqué dans tous les sens par les équipes et leurs responsables techniques. »

Kinomap, CycleGo, Rouvy, TrainerRoad et bien évidemment Zwift ont démocratisé la pratique du vélo, des applications permettant de concourir avec des fans du monde entier et même des cyclistes professionnels. Mais c’est surtout My Whoosh qui a fait sensation en permettant à UAE Team Emirates de recruter Michael Vink sur la base de ses performances sur ce logiciel virtuel de cyclisme.

Kinomap, CycleGo, les applis reines du recrutement

« Je suis extrêmement reconnaissant d’avoir eu cette opportunité avec UAE Team Emirates, expliquait-il cet hiver. Etre invité à faire partie d’une si grande équipe est vraiment une leçon d’humilité et c’est quelque chose dont je prévois de profiter pleinement. C’est le début d’un nouveau chapitre de ma carrière et j’ai hâte de voir ce que je peux faire dans le peloton du World Tour. »

En effet, le Néo-Zélandais n’est pas un inconnu. Coureur depuis 2010, il a ainsi connu différentes formations continentales avant de basculer cette année dans le World Tour. Il avait déjà réussi à se montrer grâce à ses succès sur le Tour de Nouvelle-Zélande en 2014 et ses titres nationaux.

De quoi démontrer que l’on est encore loin de voir une équipe recruter un jeune coureur inconnu sans aucunes références, sur le seul fait de le voir performant sur une application. « Rien n’est pris pour argent comptant », affirme Philippe Raimbaud.

« Etre dans une bordure, ce n’est pas être sur un home-trainer »

« Tout est étudié et disséqué. Toutes les équipes vérifient le réel potentiel d’un coureur. Il y a eu peut-être un intérêt naissant dû à ses performances sur ce logiciel et cette application mais, derrière, il y a eu des vérifications qui ont été opérées. On verra si cela peut se conjuguer à la longue. Il y a les valeurs intrinsèques du coureur. Le potentiel du corps et il y a après la réalité de l’esprit, la détermination, la résistance à l’adversité, le cœur, le courage, le caractère, la manière de se comporter dans le peloton. Etre dans une bordure, ce n’est pas être sur un home-trainer. »

Avant de rajouter. « Il y a l’aspect humain que l’on met en avant. Etre coureur dans une équipe, c’est être dans une collectivité avec toute une subtilité dans les rapports humains, dans la dynamique collective. Ça ne se limite pas à avoir de bons chiffres et de bonnes données. »

Pour ses débuts avec UAE Team Emirates, Michael Vink a terminé à la 63ème place du Santos Tour Down Under. La preuve que du virtuel au réel, il y a encore une marche importante à franchir pour n’importe quel coureur.

A moins que cela ne soit finalement qu’un coup de pub pour l’application créée par une société basée à Abu Dhabi… capitale des Emirats Arabes Unis. L’histoire le dira car, avec une seule année de contrat, Michael Vink devra se montrer convaincant sur son vélo pour ne pas retourner dans l’anonymat au bout de cette année.

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