vendredi 19 août 2022

Le Tour de France féminin va-t-il enfin trouver sa voie ?

À lire

Comme un passage de témoin, le Tour de France féminin partira le 24 juillet au pied de la Tour Eiffel, juste après que son homologue masculin en ait terminé. Sur une semaine, ces huit étapes qui attendent les 24 équipes pour une arrivée à la Planche des Belles filles le 31 juillet, sont le point d’orgue d’un renouveau attendu par tous et toutes, bien au-delà d’une épreuve portée par Marion Rousse.

Grande Boucle féminine, Tour de France féminin, Tour Cycliste féminin, La Course by Le Tour de France… le pendant féminin du Tour de France a longtemps cherché son nom, surtout, une formule qui, depuis sa première édition, en 1955, a beaucoup varié.

D’arrêts intempestifs en reprises éphémères, jamais l’épreuve n’a vraiment réussi à trouver sa place malgré les succès de Jeannie Longo dans les années 80 et le réel engouement médiatique que la championne française avait su susciter. Le Tour de France Femmes avec Swift, le sponsor titre, a l’ambition de s’installer définitivement dans le calendrier et de ne pas reproduire les erreurs passées.

Pour y parvenir, la nouvelle épreuve a plusieurs atouts dans sa manche. D’abord la proximité avec l’organisateur ASO, ses sponsors, son expérience, sa crédibilité, sa volonté d’étendre sa zone d’influence à un public féminin plus large. Ensuite, la légitimité et la popularité de sa directrice, Marion Rousse, ancienne championne de France et compagne de Julian Alaphilippe, autant de facteurs qui ne peuvent que favoriser la mise sur orbite de la nouvelle épreuve.

« Un parcours sélectif qui couronnera forcément une grande championne »

Avant la déclinaison féminine de Milan-San Remo (en 2023), après le premier Paris-Roubaix femmes en 2021, le Tour de France femmes se place dans le sillage des dix étapes du Giro, l’autre grande course à étapes féminine, mais aussi du Tour des Flandres (depuis 2016), de l’Amstel Gold Race, de Liège-Bastogne-Liège (depuis 2017), de la Flèche Wallonne ou des Strade Bianche, pour un calendrier qui emprunte de plus en plus les routes légendaires des hommes.

La tendance est profonde, le Tour de France s’y inscrit pleinement, avec des organisateurs qui souhaitent offrir le pendant féminin à leurs épreuves masculines dans le cadre du Women’s World Tour (WWT).

De 7, avant la pandémie, à 25 courses en 2022, avec le Tour de France Femmes en tête d’affiche, le programme n’a jamais été aussi riche et prometteur. Avec le Giro, la « petite boucle » féminine est la deuxième épreuve d’une durée supérieure à une semaine, pour 71 jours de courses dans l’année, de quoi satisfaire l’ambition d’équipes professionnelles composées d’une douzaine de coureuses (contre une trentaine chez les hommes).

Avec des budgets forcément plus limités, mais en hausse continue, le Tour de France Femmes avec Swift sera, comme chez les hommes, un rendez-vous incontournable dans la quête de davantage de visibilité et de nouveaux sponsors. Limitée à six coureuses par équipes, la sélection s’annonçait terrible au sein des formations pour un peloton condensé qui réunira les meilleures du monde.

Parmi les favorites, on retrouve le podium du dernier Paris-Roubaix, l’Italienne Elisa Longo Borghini (Trek-Segafredo), la Belge Lotte Kopecky (SD Worx) et la Néerlandaise Lucinda Brand (Trek-Segafredo), mais aussi et surtout la légende batave, Marianne Vos (Jumbo Visma), multiple championne olympique et du monde, trois fois vainqueure du Tour d’Italie et à qui il ne manque que le vrai Tour à son palmarès (elle a gagné La Course by Le Tour de France en 2014 et 2019 sur une seule journée).

Une nouvelle image pour le Tour de France féminin

Sa compatriote, Annemiek Van Vleuten (Movistar), championne du monde 2019, a dominé le début de saison en gagnant les Strade Bianche et le Tour des Flandres.

L’Italienne Elisa Balsamo (Trek-Segafredo), Demi Vollering (SD Worx), la Britannique Elizabeth Deignan (Trek-Segafredo), Cecilie Uttrup Ludwig, leader de FDJ-SUEZ-Futuroscope, la Néerlandaise Chantal van den Broek-Blaak (SD Worx), la Danoise Emma Norsgaard (Movistar), la puncheuse polonaise Katarzyna Niewidoma (Canyon SRAM Racing) ou les Françaises Aude Biannic (Movistar), Audrey Cordon Ragot (Trek-Segafredo), Evita Muzic, championne de France 2021 chez FDJ-SUEZ-Futuroscope, et Juliette Labous (DSM) seront aussi à surveiller sur un parcours très condensé qui fait dire à Laurent Jalabert :

« Cela ne va pas être de la rigolade sur 1000 km dans la semaine avec les chemins blancs, les Vosges, aucune journée de repos. C’est un parcours varié et très sélectif qui couronnera forcément une grande championne » à la Planche des Belles filles, le 31 juillet.

« Il y aura un avant et un après Tour de France »

Au moment de présenter l’épreuve à la presse, Marion Rousse, la directrice de la course, insistait sur « l’importance de partir de Paris et d’avoir le trait d’union entre les hommes et les femmes parce que cette symbolique va marquer l’histoire. Je suis persuadée que ça va marcher parce que le niveau est là, l’intérêt du public est là pour une grande course en juillet qui a vocation à devenir une référence et donner envie aux jeunes filles de faire du vélo.

Lorsqu’elles regardaient le Tour à la télé, elles ne pouvaient s’identifier qu’aux hommes. Cette fois, elles vont pouvoir s’identifier aux Annemiek van Vleuten et aux autres. » Christian Prudhomme, président d’ASO, renchérissait : « C’est une marche supplémentaire que la relance d’un Tour de France femmes. L’équilibre économique est essentiel.

On est dans un cercle vertueux avec des championnes qui ont envie d’en découdre et à leur demande nous avons fait quelque chose de dur. » La directrice générale de l’UCI, Amina Lanaya, enfonçait le clou : « Il y aura un avant et un après Tour de France. Il y a une telle ferveur, une telle motivation, un tel engouement, je suis convaincue que ce sera un succès. » On croise les doigts !

Tom Boissy

spot_img

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Actu

spot_img
spot_img

À lire aussi