jeudi 25 juillet 2024

Les 10 questions à se poser avant le Tour de France

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

C’est une Grande Boucle historique qui s’annonce. Que ce soit pour le général, les maillots distinctifs ou les étapes. En espérant y avoir des réponses à nos questions. Un coureur risque de s’en poser, Vingegaard.

Vingegaard est-il en capacité de jouer les premiers rôles (après sa chute) ?

« C’est sympa de retrouver mon vélo et de rouler normalement. C’est incroyable. Je me sens bien. Je m’améliore jour après jour. J’espère être au départ du Tour et je ferai tout pour y être avec la meilleure forme possible. » Les premiers mots de Jonas Vingegaard depuis sa lourde chute sur le Tour du Pays basque se voulaient rassurants.

Le double vainqueur du Tour de France confirme qu’il est bien dans une course contre-la-montre pour arriver sur la Grande Boucle en forme. Mais il pourrait bien être contraint de revoir ses ambitions à la baisse après trois mois sans course. Surtout que la concurrence est déjà en forme. Pour réussir à remporter

un troisième Tour consécutif, le Danois va devoir se surpasser. Chez Visma Lease a Bike, on a déjà commencé à émettre l’hypothèse que son leader ne soit pas le plan A de l’équipe pour le général. Mais une fois présent sur le Tour, Vingegaard compte bien monter en puissance pour faire taire les doutes.

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Pogacar peut-il réussir le doublé ?

Depuis la fin du Giro, Tadej Pogacar est en mission pour réussir le premier doublé Giro-Tour de l’histoire depuis Marco Pantani en 1998. « Les jambes sont bonnes et la forme est là. » En effet, le Slovène a terminé le Tour d’Italie en grande forme. Il a même pu gérer son avance sans devoir se surpasser pour défendre son maillot rose. Mais une course de trois semaines reste toujours spéciale. Il va devoir bien récupérer et remettre son corps à rude contribution pour ne pas finalement avoir un coup de moins bien en fin de Tour.

Evenepoel peut-il gagner le Tour pour sa première participation ?

Au moment d’annoncer sa participation, Soudal Quick-Step voulait clairement voir son prodige belge devenir un acteur majeur du Tour de France. Sa préparation allait dans ce sens. Mais sa lourde chute sur le Tour du Pays basque rebattait les cartes. Mais quand il se présente sur une course, le Belge reste un cannibale. La concurrence le sait, il ne vient pas pour faire de la figuration. Cependant, la prudence qui a été la sienne au moment d’aborder le Dauphiné prouve que la confiance n’est pas encore suffisante pour lui permettre de rêver à un succès final sur le Tour de France. Cependant, le champion du monde du contre-la-montre sait que le dernier chrono de Nice pourrait lui être favorable.

Est-ce la dernière chance de Roglic ?

En quittant la Visma Lease a Bike l’hiver dernier, Primoz Roglic avait clairement l’ambition de mettre toutes ses chances pour aller décrocher le dernier grand Tour qu’il manque à son palmarès. Proche du sacre en 2020, quand il cède son maillot jaune à Pogacar la veille du retour sur Paris, le Slovène sait qu’il n’aura plus beaucoup d’occasions à 34 ans il aura 35 ans le 29 octobre d’avoir une formation entièrement constituée pour l’aider dans cette quête. En 2021 et 2022, il avait dû quitter la Grande Boucle après deux chutes. Et même si la chute collective du Tour du Pays basque ne l’a pas épargné, il veut croire en ses chances. Une dernière fois.

Quels coureurs peuvent empêcher le Big Four de gagner le Tour ?

Ils sont quelques-uns à pouvoir prétendre àuneplacedansleTop5etmêmeà s’immiscer dans la lutte entre les 4 Fantastiques du peloton. On imagine forcément que Simon Yates (Jayco AlUla) et Carlos Rodriguez (INEOS Grenadiers), respectivement 4ème et 5ème du dernier Tour de France ne seront pas loin. Tout comme Felix Gall (Decathlon AG2R La Mondiale) qui avait surpris son monde avec une belle 8ème place en 2023. Richard Carapaz (EF Education-EasyPost) possède aussi cette capacité à viser le Top 5. Enric Mas (Movistar) doit aussi réussir un grand Tour de France.

Tao Geoghegan Hart (Lidl-Trek) pourra compter sur le soutien de Giulio Ciccone pour essayer de marquer les esprits. On n’oublie pas aussi les lieutenants qui pourraient s’inviter sur le podium comme Adam Yates l’an passé avec UAE Team Emirates. L’armada de Pogacar ne manquera pas de talents avec Juan Ayuso, João Almeida ou encore Marc Soler.

Visma Lease a Bike pourra compter sur le vainqueur de la Vuelta 2023, Sepp Kuss, ou encore Matteo Jorgenson, vainqueur de Paris-Nice. Chez Soudal Quick-Step, Mikel Landa et Ilan van Wilder peuvent jouer une belle place au général, tout comme Jai Hindley et Aleksandr Vlasov, chez BORA-hansgrohe. Il ne faudra pas oublier aussi Geraint Thomas et Egan Bernal, deux anciens vainqueurs du Tour de France, avec INEOS Grenadiers.

Un Français peut-il monter sur le podium ?

Du côté des Français, on aura forcément un regard attentif sur les performances de David Gaudu, 9ème du dernier Tour de France, avec la Groupama-FDJ. Il sera accompagné de Valentin Madouas, mais également de Romain Grégoire qui va découvrir le Tour cette année. Il pourrait être une surprise de l’épreuve. Chez Arkéa-B&B Hotels, c’est Kévin Vauquelin qui possède le talent pour s’inviter à jouer un rôle majeur pour son équipe. 10ème de la Grande Boucle 2023, Guillaume Martin a toujours réussi de belles performances sur le Tour et le leader de la Cofidis devrait encore faire parler de lui. Brillant sur le Giro, Romain Bardet n’aura pas de pression et pourrait s’inviter à jouer le général, tout comme Warren Barguil chez dsm-firmenich PostNL, en cas de bonnes performances. Pavel Sivakov (UAE Team Emirates) pourrait aussi profiter de son rôle de coéquipier de luxe pour surprendre.

Le Tour se jouera-t-il lors de la dernière étape ?

De l’aveu de tous, la dernière semaine sera décisive. Les Alpes du Sud auront déjà offert un beau suspense avec l’arrivée au Col de la Couillole la veille et même à Isola 2000, l’avant-veille. Mais les 34 km qui relieront Monaco à Nice ne seront pas de tout repos. Il n’y aura pas de parade du dernier jour. Profitant de ce parcours inédit qui se termine sur la Côte d’Azur, le vainqueur du Tour pourrait tout perdre avec deux montées mythiques, la Turbie et le Col d’Eze. Il faudra prendre des risques jusqu’au bout et le général pourrait encore se trouver chambouler à Nice, le dimanche 21 juillet.

Decathlon AG2R peut-elle rivaliser avec les meilleures équipes ?

C’est l’une des belles surprises de l’année 2024. La formation française s’invite régulièrement pour jouer un rôle majeur sur les courses dont elle prend le départ. Decathlon AG2R La Mondiale veut maintenant aussi briller à domicile. Pour cela, elle pourra compter sur un leader qui n’aura aucun complexe avec

son grimpeur autrichien Felix Gall. Il y aura aussi Dorian Godon qui a démontré qu’il était capable de s’imposer face aux meilleurs. Il sera bien aidé par Oliver Naesen notamment. Sur le Giro, c’est Ben O’Connor, Andrea Vendrame et les frères Paret-Peintre qui avaient fait honneur à leurs couleurs. Et cela devrait être encore le cas sur les routes de France avec des coureurs comme Benoît Cosnefroy, Bruno Armirail ou encore Nicolas Prodhomme et Paul Lapeira.

Cavendish peut-il battre le record de Merckx ?

C’est la mission qu’il s’est fixée pour sa dernière saison. A 39 ans, il avait quitté le Tour de France 2023 en larmes pensant que son rêve d’atteindre la marque historique des 35 victoires d’étapes sur les routes de France il partage ce record de 34 succès avec Eddy Merckx était passé.

Mais son manager général Alexandre Vinokourov lui a donné une dernière année pour le faire avec des coéquipiers qui l’y aideront et notamment Michael Morkov et Cees Bol. Avec moins de jours de course, Mark Cavendish a déjà renoué avec le succès en 2024 et se focalise sur ce Tour qui pourrait lui permettre de graver un peu plus son nom dans le livre d’Or de l’épreuve.

Philipsen sera-t-il encore intouchable au sprint ?

En 2023, Jasper Philipsen avait profité du parcours pour remporter 4 étapes, mais également le maillot vert du classement par points. Mais au moment de découvrir le parcours 2024, le Belge ne cachait pas sa déception mettant même en doute le fait de le voir aller au bout de l’épreuve, surtout sans la mythique arrivée des Champs-Elysées. Il y aura normalement 8 étapes qui pourraient se terminer au sprint. Et il y a de sérieux concurrents pour Philipsen avec notamment Arnaud Démare (Arkéa-B&B Hotels), Mark Cavendish (Astana), Bryan Coquard (Cofidis), Biniam Girmay (Intermarché-Wanty), Mads Pedersen (LidlTrek), Fabio Jakobsen (dsm-firmenich PostNL), Dylan Groenewegen (Jayco AlUla), Pascal Ackermann (Israel-Premier Tech), Alexander Kristoff (Uno-X Mobility) sans oublier Arnaud De Lie (Lotto Dstny).

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