vendredi 1 mars 2024

L’incroyable explosion de Fred Wright (Bahrain-Victorious), le « Van Aert britannique »

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Le Britannique de 23 ans, Fred Wright est l’un des plus sûrs espoirs du cyclisme mondial dans un style qui le place dans le même registre, hyper complet, qu’un Van Aert.

Impliqué dans la chute (et l’abandon) de Roglic lors du dernier Tour d’Espagne, accusé même par le Slovène de ne pas avoir tout fait pour l’éviter « La chute n’a pas été causée par une mauvaise route ou un manque de sécurité, mais par le comportement d’un coureur ».

Le Britannique de chez Bahrain-Victorious se remettra d’autant plus facilement de cet incident qu’il parviendra à concrétiser, dès 2023, les immenses espoirs qu’ont suscités ses débuts dans le peloton professionnel.

Septième du Tour des Flandres, deuxième de l’étape de Saint-Etienne sur le Tour, sept fois dans le Top 10 de la Vuelta avec trois podiums en prime, très actif sur Paris-Nice (30ème), même s’il n’a jamais levé les bras, le vice-champion du Commonwealth du contre-la-montre 2022 a été suffisamment présent, dans tous les domaines et sur tous les terrains l’an dernier pour se permettre de déclarer (au média belge Het Nieuwsblad) : « Je l’avoue, je veux être le Van Aert Britannique ! »

Il a gagné plus de 200 places au classement uci en 2022

Il sera donc attendu en 2023 d’abord sur les classiques flandriennes, un des terrains de chasse privilégié du Belge, avec une préférence pour le Tour des Flandres, « la course de mes rêves ». Le chemin est toutefois encore très long. Toujours en quête d’un premier succès chez les pros, Fred Wright ne doute pas de sa réussite future.

Sur le site de sa formation, il dessine le scénario d’une saison où il gagnera « des courses au sprint, que ce soit dans une échappée ou au sein d’un peloton amoindri. Je vise également les classiques, sans oublier le Tour de France où j’espère avoir ma chance sur une ou plusieurs journées ». L’ancien pistard vice-champion du monde de l’américaine en 2019, 3ème en 2020, disputera son troisième Tour (96ème en 2021, 54ème en 2022).

Fred Wright, la terreur du peloton ?

Après tout, au même âge, en 2018, Van Aert n’avait encore jamais mis les pieds sur la Grande Boucle avant d’abandonner en 2019 pour des débuts toutefois marqués par une première victoire d’étape. Il n’est donc pas trop tard pour le fantasque britannique qui assume un tempérament parfois débridé, et des propos qui peuvent surprendre. Sur Vélonews, il n’hésitait pas à reconnaitre « avoir mangé beaucoup de cochonneries » pendant l’intersaison, « avoir pris l’habitude de boire peut-être un peu plus qu’une personne normale, d’avoir profité de la vie pendant un mois ! » Avec dans un premier temps un seul objectif en tête :

« Arriver à un point où je me sens tellement sale et tellement en colère contre moi-même que je veux à nouveau faire du vélo… » La méthode tranche avec le programme hivernal d’un Belge absorbé par les cyclo-cross avec un perfectionnisme dans la préparation et la récupération que n’a visiblement pas encore intégré le jeune londonien.

La différence entre un podium et une victoire se situe peut-être là… elle constitue une marge de progression qui devrait lui permettre assez rapidement d’atteindre le top mondial. En 2022, il a franchi la barre du 100 au classement UCI (90ème) en gagnant près de 200 places.

Un outsider qui peut devenir favori

Avec la nouvelle réglementation d’attribution des points, qui privilégie les Top 3 ou les Top 10 des courses de référence, il aurait fini encore plus près des meilleurs, dans un top 20 qui ne va plus tarder à le voir débouler, tout proche de son leader, Pello Bilbao (8ème) et avec autant d’ambition et de potentiel que ses autres coéquipiers déjà bien installés, Matej Mohoric, le dernier vainqueur de Milan-San Remo, ou Mikel Landa, Dylan Teuns et Damiano Caruso, prêt à se substituer sans aucun complexe à un ancien vainqueur de Paris-Roubaix, Sonny Colbrelli, obligé de stopper sa carrière cette année.

« Fred est déjà capable de gagner un Monument, déclarait un Mohoric en pleine préparation de la saison. Il n’en était pas loin l’an passé au Tour des Flandres (7ème, Ndlr). Il est physiquement et mentalement fait pour les classiques belges. »

Le troisième Slovène du peloton est un tel exemple pour Wright « J’ai beaucoup appris à son contact la saison dernière, de son approche des courses, de l’entraînement, de son grand professionnalisme. » qu’on lui conseillerait presque de ne plus se revendiquer comme le Van Aert britannique, mais plutôt comme le Mohoric britannique ! Ce premier échelon à atteindre, plus accessible, passe évidemment par un premier succès en 2023. « Avec une année d’expérience supplémentaire à mon actif, une équipe aussi forte sur laquelle je peux compter, il me plait de penser que la victoire finira bien par arriver un jour… »

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