vendredi 7 octobre 2022

Rétro : Coupe du Monde 1966, les Anglais tirent les premiers !

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Jean-Marc Azzola
Jean-Marc Azzola
Journaliste

Face à une équipe anglaise colossale, technique et puissante sélection anglaise, la France n’a pu que déplorer l’écart de niveau existant avec le futur lauréat de l’épreuve. (photo : demi-finale Portugal – Angleterre)

Coupe du Monde 66, L’Angleterre est couronnée chez elle à Wembley. En finale, le pays hôte bat les Allemands de l’Ouest (4-2, a.p) devant plus de 90 000 spectateurs. Avant leur sacre, la France se dresse sur le chemin des futurs champions du monde, sans leur offrir une grande résistance… Les Bleus tentent de changer de tactique au coup d’envoi. Ce 20 juillet 1966, ils évoluent en 4-3-3 avec une défense de zone appuyée sur le hors-jeu.

Herbet débute comme ailier, mais passe en milieu de terrain dès la 8ème minute. Herbin (blessé) se tient en position d’avant-centre pivot et Gondet glisse sur le côté droit. Face aux approximations françaises, la machine anglaise bien huilée (2-0) développe son meilleur football.

« Les Anglais étaient complets dans toutes les lignes et nous on s’étaient préparés contre des paysans… » (Aubour)

Suite à cette défaite, les Tricolores sont logiquement éliminés. Le gardien Marcel Aubour (20 sélections) n’a pas digéré :

« Quand on a commencé cette Coupe du monde, on pensait perdre contre les Anglais… On espérait par contre battre le Mexique (1-1) et faire match nul avec l’Uruguay (1-2). Avec trois points, on passait. Malheureusement, les choses ne se sont pas produites ainsi. Aller l’emporter à Wembley était mission impossible à l’époque ! Il y avait une ambiance de folie. Ils avaient aussi une armada incroyable. Ils étaient bien plus forts qu’aujourd’hui… ».

C’est dire ! A contrario, côté tricolores trop de problèmes n’avaient pas été réglés : « Beaucoup de choses n’allaient pas dans notre sélection, confirme l’ancien gardien de but.

Il y avait « plusieurs entraîneurs » dans notre équipe, avec différentes manières de voir les choses. Pour tout dire, il n’existait pas une très bonne ambiance… On est finalement partis en « live ». On a disputé cette Coupe du monde. Ensuite, chacun est rentré chez soi. La préparation a aussi été en cause. On n’a jamais disputé un match important.

Nous nous étions préparés contre des paysans qui travaillaient dans les champs… On leur collait 10 à 0 et ils étaient heureux ! On aurait pu rencontrer des sélections comme l’Ecosse ou une autre. Bref, c’était dramatique. Ce n’était pas une manière de préparer une Coupe du monde ».

Marcel Aubour, porté par ses performances en club, avait été fortement critiqué car jugé responsable sur le but concédé contre le Mexique : « On est forcément touché dans ces cas-là surtout quand il n’y a pas de résultat » témoigne le Tropézien.

Aubour affronte Charlton

Lors de ce Mondial anglais, l’ancien Lyonnais se souvient surtout de la force de frappe côté britannique :

« Les Anglais étaient complets dans toutes les lignes. Au milieu de terrain, ils avaient en particulier Charlton et Moore. Ils avaient aussi Banks dans les buts. C’était du costaud. Ils étaient vraiment impressionnants. But valable ou non (un but controversé contre l’Allemagne en prolongations lors de la finale, Ndlr), ils ont remporté cette Coupe du monde.

En 1998, quand la France a remporté la sienne, elle était tombée dans un groupe facile. On n’a pas cherché à savoir contre qui on a joué. Je garde malgré tout de bons souvenirs de cette Coupe du monde. On n’a pas été bons. Disputer une telle épreuve n’est pas donné à tout le monde. Beaucoup de joueurs font une très belle carrière, mais n’ont jamais ce privilège-là ».

Le 20 juillet 1966, Hunt avait trompé par deux fois la vigilance de Marcel Aubour. Puis la « machine de guerre » anglaise avait eu raison de l’Argentine (1-0), du Portugal (2-1) et enfin de l’Allemagne de l’Ouest (4-2). Un finish royal pour la sélection de sa Lèse-Majesté. Le Tricolores avaient eux davantage honoré la maxime si chère à Pierre de Coubertin l’important est de participer souffrant de trop d’incohérences tactiques et de contreperformances individuelles.

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