samedi 13 avril 2024

Arnaud Démare : « Marquer l’histoire avec 100 victoires ! »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Arnaud Démare est un Français presque heureux alors que sa carrière touche à sa fin. Le sprinteur tricolore est proche d’un exploit qui compte en carrière avec pas moins de 100 victoires. Entretien pour Cyclisme Magazine et Le Quotidien du Sport.

Comment abordez-vous cette saison qui pourrait vous rapprocher des 100 victoires en carrière ?

On est dans une année du renouveau avec notamment un nouveau maillot. C’est chouette. Après, je suis à 9 victoires pour arriver au chiffre 100. C’est un objectif qui est réalisable. C’est quand même quelque chose qui représente. On a beaucoup parlé de de tous les records de buts des Bleus à la Coupe du monde et, à vélo, quand tu gagnes 100 courses, c’est un chiffre exceptionnel. Quand j’étais gamin et que j’avais l’âge de Lenny (Martinez) ou de Romain (Grégoire), je ne savais pas si j’allais réussir chez les professionnels.

Puis maintenant me dire que je peux peut-être le faire cette saison, c’est quelque chose d’impressionnant. Je n’y arriverai peut-être pas. Je remporterai seulement 7 victoires, ça se trouve, et il me faudra une autre saison pour y arriver. Mais c’est réalisable et cela me ferait rentrer encore un peu plus dans l’histoire du cyclisme.

Après avoir gagné autant, est-ce facile de se donner de nouveaux objectifs ?

C’est sûr que l’on cherche toujours à gagner et même à regagner. Je ne vais pas m’en priver si je le peux. Ce serait fabuleux d’aller refaire le Tour de France. Il y a aussi Milan-San Remo que j’ai déjà gagné. Je sais que je suis capable d’aller le regagner. Il y a toujours des objectifs qui peuvent s’ouvrir comme les championnats du monde.

Dans une carrière, les objectifs apparaissent toujours comme être le Français le plus prolifique sur le Giro ou être le Français à avoir gagné deux fois Paris-Tours. Il y a aussi le record de Jean Stablinski et les 4 maillots de champion de France. J’ai plein de petits challenges qui se rajoutent au fur et à mesure des années. Ça me plait. Tout comme les 100 victoires à aller chercher.

Est-ce simple de changer sa manière de sprinter après avoir pris l’habitude d’avoir un train à son service ?

L’an passé, j’ai vite su que Ramon (Sinkeldam chez Alpecin-Deceuninck, Ndlr) et Jacopo (Guarnieri chez Lotto Dstny, Ndlr) allaient partir. J’ai donc commencé à changer ma façon d’aborder les sprints. Et cela va se vérifier cette année. Sur l’étape que je gagne sur le Tour de Pologne, j’ai pu me jauger en accrochant les roues et en suivant les mouvements des autres. Je n’étais pas concentré sur la roue de mon coéquipier.

Cette saison, il y a des courses où je vais solliciter les jeunes pour y aller ensemble, mais je laisse peut-être le choix de changer d’avis. Au final, je ne veux en vouloir qu’à moi-même si je ne gagne pas. Je ne veux pas que ce soit la faute d’un train neuf.

Psychologiquement, je suis prêt. Je vais m’adapter. On voit de plus en plus de sprinteurs se débrouiller un peu plus seuls. Les parcours sont de plus en plus casse-pattes.

Etes-vous toujours motivé à l’idée de surprendre ?

Dès que je m’aligne sur une course, c’est pour la gagner ! Je ferai la reprise en Turquie, à Antalya. Après, il n’y a pas de petites courses avec moi. Que ce soit sur le Poitou-Charentes ou La Mayenne ou Paris-Tours, tout le monde veut gagner. Et c’est de plus en plus dur.

Sur les Boucles de la Mayenne, on était 6 à gérer un peloton de 150 coureurs. Dans une grande course, il y a plusieurs équipes qui peuvent le faire. Je vais faire en sorte d’être à 100 % pour ne pas avoir de regrets et j’espère accrocher de belles courses comme Milan-San Remo, une étape sur un grand Tour ou encore une semi-Classique.

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