mercredi 5 octobre 2022

Christian Omeyer (Sélestat) : « On a envie de déjouer les pronostics »

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Arrivé à la tête du club en 2019, Christian Omeyer, le frère de Thierry, a joué un rôle déterminant dans la montée de Sélestat en StarLigue. Avec une équipe renforcée, il espère désormais déjouer les pronostics et s’installer durablement au plus haut niveau. Entretien pour Le Quotidien Du Sport et Handball magazine.

Quel est votre objectif en StarLigue cette saison ?

L’objectif est assez simple : on veut essayer de se maintenir. On sait que c’est un challenge et qu’il y a une grosse différence de niveau entre la ProLigue et la StarLigue. C’est pour ça qu’on voulait renforcer notre équipe suite à l’accession. De nouveaux joueurs sont venus compléter l’effectif pour offrir un maximum de solutions à l’entraîneur, notamment au poste de gardien sur lequel on a recruté Gretar Gudjonsson.

Gretar Gudjonsson était l’un des meilleurs gardiens de ProLigue la saison dernière avec Nice. Qu’attendez-vous de lui et des autres recrues ?

Gretar est l’un des tout meilleurs gardiens de ProLigue depuis deux saisons. C’est un joueur que j’avais déjà essayé de faire venir au mois de mars. Malheureusement, il s’était déjà engagé sur le projet niçois, qui a fait un flop, ce qui nous a permis de le récupérer en juin suite à l’accession. Il avait envie, lui aussi, de franchir un cap en venant jouer en StarLigue.

Les deux autres recrues, Lukasz Gogola et Ivan Vida, sont deux joueurs étrangers qui vont découvrir le championnat de France. Ce sont des joueurs qui vont nous offrir des solutions supplémentaires. En StarLigue, on sait qu’on n’aura pas le droit à l’erreur. C’est pour cela qu’on voulait un groupe un peu plus costaud.

« L’objectif, c’est de rester en Starligue avec l’un des plus petits budgets du championnat »

Laurent Busselier est venu remplacer Christophe Viennet, qui a piloté ces cinq ans en D2. Qu’attendez-vous de ce changement, avec un jeune entraîneur qui fera ses débuts en tant que coach principal ?

Laurent Busselier est quelqu’un qui a beaucoup d’expérience, déjà en tant que joueur. Tout le monde connaît la carrière qu’il a eue à Montpellier, puis à Chambéry, avec des sélections en équipe de France. Il connaît très bien le niveau de la StarLigue.

Ensuite, il a aussi une expérience en tant qu’entraîneur. Il a dû pallier à un moment l’absence de Ivica Obrvan. Il a fait un intérim pendant un temps en tant que coach numéro un. Ensuite, il était adjoint d’Erick Mathé (à Chambéry, Ndlr), donc il a pu acquérir un certain nombre de compétences à ses côtés. Je le connais, je sais ce dont il est capable et je sais qu’il va bien s’intégrer au sein de notre club. On part sur un nouveau projet, un autre cycle, et j’ai toute confiance en lui pour mettre tout en œuvre pour réussir ce challenge.

Le retour du club au plus haut niveau est-il le signe d’un retour de Sélestat dans l’élite à long terme ?

L’histoire de notre club se situe majoritairement en D1. Maintenant, ça faisait quand même cinq ans qu’on évoluait en D2. On avait comme objectif à court terme de retrouver la StarLigue et ça s’est fait un peu plus tôt que prévu. Le grand objectif, c’est d’y rester avec l’un des plus petits budgets du championnat.

On sait que ce ne sera pas simple, mais on veut renforcer les bases du club à tous les niveaux pour s’installer à moyen terme dans cette ligue. Cette année, les deux équipes qui descendent sont celles qui sont montées la saison dernière, mais on a envie de déjouer les pronostics. On l’a déjà un peu fait au mois de juin, pendant le Final Four. On sera les outsiders à chaque match, mais ça ne nous empêchera pas de mordre à pleines dents dans ce championnat.

Christian Omeyer fier de représenter l’Est de la France

Vous serez les seuls représentants de l’Est en StarLigue. Nancy, Strasbourg et Sarrebourg sont en D2. Est-ce une source de motivation supplémentaire ?

Bien sûr, c’est une fierté. L’Alsace et le Grand Est sont des terres de handball. Beaucoup de très bons joueurs ont été formés dans cette région. C’est une nécessité qu’il y ait un club de cette région dans le plus grand championnat de France.

Il y a deux ans ,la Covid a figé le potentiel projet de fusion entre votre club et celui de Strasbourg. Aujourd’hui, le projet est-il de nouveau d’actualité ?

Non, pas pour le moment. Il y a une nouvelle équipe dirigeante qui s’est mise en place à Strasbourg. Aujourd’hui, on travaille de notre côté pour essayer de répondre à toutes les exigences de la StarLigue et surfer sur la dynamique de la montée pour renforcer nos bases, déjà solides de par de l’histoire de notre club. Même dans une petite ville comme Sélestat, on a su trouver les ressources et les moyens de perdurer à un des deux plus hauts niveaux du championnat de France.

On sait que ce sera difficile de s’installer en StarLigue, le budget fait beaucoup. Mais on a le soutien de beaucoup de monde : des partenaires publics et des partenaires privés, du public aussi. Il y a un fort engouement. Tout cela, ce sont des signes encourageants dans la construction du projet.

« Avec mon frère, Thierry, nous ne jouons pas les mêmes places »

Vous serez dans le même championnat que votre frère Thierry qui est manager du PSG. Cela ajoute-t-il un enjeu supplémentaire entre vous ?

Non, car on ne jouera pas les mêmes places au classement (rires). Mais ce sera forcément sympathique de le rencontrer, cette fois-ci dans les tribunes. On s’était déjà rencontrés plusieurs fois sur le terrain quand il était à Montpellier.

C’est une fierté pour nous de nous retrouver en tant que dirigeants du club. Il y a une certaine rivalité, bien sûr, car on est dans le sport. On est des compétiteurs, on a toujours envie de gagner, même contre les meilleurs. Mais on sait très bien que le PSG ne joue pas dans la même cour que la nôtre.

Avez-vous prévu de jouer quelques matches au Rhénus à Strasbourg ?

Oui, c’est quelque chose que l’on va étudier. Je pense qu’on va jouer toute la saison à guichets presque fermés, mais on aura des demandes énormes sur certains matches, notamment face au PSG. Dans notre salle de 2300 places, on n’arrivera pas à satisfaire tout le monde. Si on peut le faire au Rhénus, cela nous permettra d’accueillir au moins le double de spectateurs.

Propos recueillis par Benjamin Moubeche

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