mercredi 22 mai 2024

Cyclisme : le mental, clé de la gagne et du coup de pédale

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Depuis plusieurs années, la préparation mentale est devenue une évidence dans le cyclisme moderne pour permettre aux champions d’affronter les difficultés rencontrées. Avant, pendant et après la course.

Dans le vélo, l’adage un esprit sain dans un corps sain (Mens sana in corpore sano) prend tout son sens au fur et à mesure que l’aspect mental est devenu une évidence au fil du temps. Aujourd’hui, les équipes font appel régulièrement à des psychologues du sport pour aider la préparation mentale des différents champions.

Même si, au départ, ce rôle était dévolu aux entraîneurs, on constate que les spécificités ne manquent pas pour permettre aux psychologues d’apporter un plus pour aider à la performance. Depuis 2010, Denis Troch, l’ancien coach du PSG ou d’Amiens, est devenu un préparateur mental réputé qui n’hésite pas à venir aider les coureurs de la Groupama-FDJ. Pour lui, il est évident que son rôle ne peut être qu’un plus pour aider les coureurs à réussir au plus haut niveau.

« Il y a des mécanismes importants, comme switcher la problématique. On amène la personne à visualiser quelque chose de positif pour la désorienter du problème. On fait ça énormément pour les arrivées au sprint, les cols, les montagnes, voire les conférences de presse… Nous les amenons sur un autre référentiel et ça marche très bien. »

Le cyclisme a évolué, la préparation mentale aussi

Après, chacun possède sa méthode et fait en sorte de s’adapter au contexte, à l’environnement et aux personnes. Mais le but ultime étant toujours la performance globale.

« Pour se sublimer et aller là où on n’est jamais allé, c’est bien de le faire en groupe, ajoute Denis Troch. Tu peux y arriver seul, mais c’est très dangereux. En équipe, c’est beaucoup plus souple, fluide et calme. Sur la notion de victoire, je m’efforce de mettre en place une construction bienveillante. Le mieux, c’est quand on ne va pas chercher la victoire avec la rage ou la haine. Car, à ce moment-là, on associe la victoire avec ces sentiments, et il faudrait se mettre en colère à chaque fois pour pouvoir gagner. En revanche, si on sait comment on a réussi, on va pouvoir rendre les victoires récurrentes. »

Dorénavant, le mental est une donnée que toutes les équipes n’éludent plus. A l’image des grandes entreprises qui font appel à d’anciens champions comme Cyrille Guimard, pour des séminaires de motivation, le cyclisme a inclus au sein de son organisation des préparateurs mentaux et psychologues qui sauront accompagner les coureurs tout au long de leurs carrières et même après.

Car souvent la performance et la pression qui en découle peut s’avérer étouffante. Et pour protéger l’homme avant le sportif, il faut savoir être prêt dans sa tête et accepter l’échec pour entrevoir la victoire. Et si les jambes suivent, c’est que la tête va. Bien évidemment.

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