samedi 2 mars 2024

Euro : La Hongrie sans grandes illusions dans le groupe de la mort

Hongrie - France (15h)

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Petit Poucet du groupe F , la Hongrie va tenter de sortir son épingle du jeu grâce à un groupe uni autour d’un collectif construit depuis le dernier Euro.

Avec 16 qualifiés sur 24 participants, l’Euro et sa réforme lancée en 2016 offre un 1er tour en guise d’écrémage très léger. Mais, pour se sortir de cet écrémage, la Hongrie doit batailler bien plus que les autres nations du même standing.

Car face à elle se trouvent le vainqueur de la Coupe du Monde 2014, l’Allemagne, le tenant du titre européen, le Portugal, et le vainqueur du Mondial 2018, la France ! « Je suis super heureux de pouvoir côtoyer de tels joueurs, d’essayer de les titiller », nous a confié Loïc Nego, le franco-hongrois qui a joué avec Antoine Griezmann chez les jeunes.

« Il est clair que nous n’avons que peu de chances de nous qualifier même si tout est toujours possible dans le football. On va tout donner avec nos moyens et avec la volonté de n’avoir aucun regret et de sortir de cet Euro la tête haute quels que soient nos résultats. »

Trois favoris de la compétition qui se frotteront à l’équipe de Marco Rossi, le sélectionneur italien qui s’était fait connaître au pays en remportant le championnat national avec le Budapest Honvéd en 2017. Grâce à lui, la Hongrie a connu sa deuxième qualification consécutive pour un Euro.

La Hongrie, l’outsider des pays de l’est européen

Depuis 1972 et l’accession en demi-finale du tournoi perdue contre l’Union Soviétique (1-0), l’équipe n’a jamais atteint les phases finales. A l’époque, les légendes de la sélection, Ferenc Bene et Florian Albert permettaient à la sélection de briller. Cette compétition marquait également la fin de la puissance hongroise dans le football européen.

Alors que la génération emmenée par l’iconique, Ferenc Puskas, était allée jusqu’en finale de la Coupe du Monde 1954, tout comme celle de György Saros en 1938, la sélection a décroché son meilleur résultat dans un Euro en 1964 avec une 3ème place.

A noter également les fins de parcours lors des tours préliminaires, en huitièmes et quarts de finale en 1960 et 1968, mais surtout les trois médailles d’or remportées aux Jeux Olympiques de 1952, 1964 et 1968. La Hongrie est d’ailleurs la nation la plus titrée dans la compétition planétaire.

En 2016, les partenaires d’Adam Szalai étaient sortis en tête avec brio de leur poule devant l’Islande et le Portugal, avant de chuter lourdement en huitièmes de finale contre la Belgique d’Eden Hazard (4-0).

Et si les Vert et Blanc sont de retour sur la scène continentale, pour la quatrième fois de leur histoire, c’est bien grâce à un homme, Dominik Szoboszlai, après des qualifications médiocres, achevées à la 4ème place du groupe E derrière la Croatie, le Pays de Galle et la Slovaquie.

Les Hongrois repêchés grâce à la Ligue des Nations

Mais, grâce à sa 2ème place dans sa poule de Ligue des Nations (2018-2019), la Hongrie est repêchée en avant-dernière position lors des barrages organisés par l’UEFA. Après une demi-finale tranquillement maîtrisée en Bulgarie (1-3), les hommes de Marco Rossi égalisent l’Islande à la 88ème minute par Loïc Nego avant d’arracher la qualification à l’Euro dans le temps additionnel avec Dominik Szoboszlai (92ème) sur une frappe d’anthologie. « On savait que Budapest allait être une des villes hôtes », indique Nego.

« La qualification après notre finale de barrage face à l’Islande n’en a été que plus appréciée par tout le peuple hongrois qui se réjouit évidemment d’accueillir des nations aussi prestigieuses que le Portugal et la France. C’est dans toutes les têtes. »

Grâce au coup de canon de leur nouvelle star, les « Magyars magiques » s’offrent un ticket magique au Championnat d’Europe. Malheureusement, la recrue de Leipzig, en provenance de Salzbourg (20 millions d’euros, plus cher transfert pour un joueur hongrois) a finalement dû déclarer forfait, pas suffisamment remis de sa blessure aux adducteurs.

Au niveau de l’arrière-garde, la Hongrie s’appuie sur des joueurs confirmés comme Attila Szalai, qui s’impose petit à petit en sélection, et deux cadres de Leipzig, Willie Orban et le gardien Peter Gulacsi.

A noter la présence de l’arrière droit franco-hongrois, Loïc Nego, buteur contre l’Islande, et Adam Szalai, le capitaine (70 sélections, 23 buts) qui apporte de l’expérience à l’attaque.

Dans la poule de la mort, la Hongrie est le petit poucet

« Notre sélectionneur est très attaché à l’aspect collectif, solidaire : on attaque, on défend, on fait les efforts ensemble », explique Loïc Nego. « Il s’attache beaucoup à la dimension psychologique du groupe. Si nous avons récemment réussi à battre la Turquie ou la Serbie, des équipes qui, sur le papier, nous sont supérieures, c’est en étant performants collectivement que nous y sommes parvenus. Nous n’avons pas que de grands techniciens, mais tous les joueurs appelés sont capables de reproduire les efforts et de s’exprimer dans une grande discipline. »

Avant d’affronter la France, Marco Rossi ne se fait guère d’illusion mais espère surtout voir ses joueurs répondre avec panache au défi imposé par Mbappé et ses coéquipiers.

Oscar Bertrand

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