samedi 25 mars 2023

Euro : le Danemark en embuscade dans la poule de la Belgique

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Le Danemark a comme objectif de sortir d’un groupe B où, sur le papier, derrière le grand favori belge, il est au-dessus de la Finlande et de la Russie. Se remémorant le succès de 1992, les Danois veulent faire bonne figure grâce à leurs tauliers même si quelques faiblesses sont visibles.

Un favori pour la victoire finale et deux nations d’un niveau moindre. Tel est le plateau qui s’offre au Danemark pour son premier tour de la phase finale de l’Euro.

Si la Belgique semble intouchable, le Danemark n’aura pas à rougir face à la Russie et la Finlande. Les Danois ont donc toutes leurs chances d’accrocher la 2ème place qualificative pour les huitièmes de finale (les quatre meilleurs 3èmes seront également qualifiés), à condition de gagner leur duel à distance face à la Sbornaïa et la Huuhkajat. Si on se réfère au classement FIFA, la Finlande (54ème) et la Russie (38ème) sont derrière le Danemark (10ème).

Le Danemark n’oublie pas qu’il a eu du mal à se qualifier

« Par deux fois, la Belgique a battu le Danemark en Ligue des Nations donc les Belges sont clairement les favoris. Mais l’équipe danoise a de bons résultats depuis quelques années et l’effectif actuel est peut-être le meilleur depuis 20 ans » estime Anders Dehn, journaliste pour le journal danois Tipsbladet. « Donc je pense que le Danemark devrait pouvoir battre la Finlande et probablement la Russie ».

Le Danemark a été placé dans le groupe D en éliminatoires. Opposés à la Suisse, Gibraltar, l’Irlande et la Géorgie, les Danois n’ont dû leur salut que lors de la dernière journée avec un match nul 1-1 face à l’Irlande à Dublin.

Les éliminatoires n’ont pas été faciles pour l’équipe danoise qui a fait deux nuls face à Irlande et un autre face à la Géorgie. Néanmoins, les Danois, à défaut de montrer beaucoup de talent, ont su batailler, notamment lors du match face à la Suisse au Parc Saint-Jacques où, menés 3-0 à 5 minutes du coup de sifflet final, ils sont parvenus à marquer 3 buts, coup sur coup, et arracher le point du nul.

Le Danemark a changé de visage

Une Suisse qu’ils battront au match retour au Parken Stadium de Copenhague avec un but victorieux de Yussuf Poulsen à la 84ème alors que le score était nul et vierge. Le Danemark a fini à la 2ème place du groupe, à 3 points devant l’Irlande, validant son ticket pour la phase de groupes de l’Euro.

« L’équipe danoise a fait le minimum en se qualifiant sans pour autant impressionner. Mais, entre-temps, l’équipe est montée en puissance en battant l’Angleterre et l’Islande en Ligue des Nations » insiste Anders Dehn. Avant de souligner que les circonstances ont changé entre les éliminatoires et le début de l’Euro.

« Je ne suis pas sûr que les éliminatoires puissent servir de base pour juger parce qu’ils se sont déroulés il y a deux ans et le Danemark a changé de sélectionneur depuis. » Bien que rarement citée parmi les grandes nations, l’armoire à trophées de l’équipe nationale n’est pas vierge et le Danemark est lié à jamais à l’Euro.

En 1992, les Danois décrochèrent leur premier trophée international majeur pendant le Championnat d’Europe en Suède. Contre toute attente, les coéquipiers de Peter Schmeichel tiennent tête à l’Angleterre. Ils battent ensuite la France (2-1) en phase de poules et les Pays-Bas en
demi-finales (2-2, 5-4 aux tirs au but), pour finalement remporter le match face à l’Allemagne de Jürgen Klinsmann en finale sur le score de 2 à 0 !

Tout cela alors que le Danemark ne devait pas jouer la compétition. Mais la Yougoslavie, initialement qualifiée, a dû être exclue du tournoi à cause de la guerre dans cet ancien état du sud-est de l’Europe.

Les Danois repêché à cause de la Yougoslavie

Une exclusion motivée par une décision du conseil de sécurité des Nations Unies qui, entre autres, a interdit toute relation sportive avec la Yougoslavie. Le Danemark, 2ème derrière la Yougoslavie en phase de qualifications, a pu être repêché.

« L’Euro 92 a été le plus grand exploit de l’histoire du foot danois et ne sera jamais oublié. En 2015, un film sur le coach Richard Moller Nielsen et le tournoi est sorti. Beaucoup de revues et de livres sur lui et le succès de l’équipe nationale aussi. Pour les 25 ans de l’événement en 2017, il y a eu plein de célébrations marquant l’événement avec le trophée original exposé pour que les gens puissent le voir et prendre des photos avec. 1992 alimente la fierté nationale danoise. Le succès à l’Euro a donné de la confiance au pays de se dire que, même si le Danemark est un petit pays, il n’est pas insignifiant. Bien sûr que la mémoire de 1992 vit encore dans les souvenirs » insiste Anders Dehn.

Mais le Danemark est petit à petit entré dans le rang malgré une Coupe des Confédérations remportée en 1995 et un quart de finale de Coupe du Monde en 1998. Et la génération actuelle n’a pas encore connu de succès probant.

Cet Euro représente une occasion pour raviver la flamme. « Sortir de ce groupe et se qualifier pour les huitièmes devrait être l’objectif. S’ils n’y arrivent pas, ce sera une grande désillusion. A partir de là, les quarts sont un objectif réaliste ».

Solidité défensive, efficacité offensive pour les Danois

L’équipe actuelle sous la direction de Kasper Hjulmand a gardé la solidité défensive qui caractérisait l’équipe sous Age Hareide (ancien sélectionneur de 2016 à 2020), mais a ajouté de la créativité offensive. Néanmoins, un finisseur de niveau international manque à l’équipe danoise. Le genre de joueur qui transforme une demi-opportunité en but. Ce joueur si précieux dans un sprint comme l’Euro.

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« Jonas Wind est prometteur en attaque, mais manque encore d’expérience » confirme Anders Dehn. L’absence d’un gaucher au poste d’arrière latéral gauche est aussi une faiblesse.

Excellent avec le KRC Genk puis transféré à l’Atalanta Bergame en janvier, le jeune Joakim Maehle joue à gauche en sélection alors que c’est un arrière latéral droit. Sans être mauvais, il n’est évidemment pas à la hauteur de ce qu’il montre en club. L’équipe danoise aime alterner entre pressing haut et bloc défensif bas pour contre-attaquer.

La force de l’équipe réside dans une colonne vertébrale bien définie. Kasper Schmeichel, Simon Kjaer, Thomas Delaney, Pierre-Emile Hojbjerg et Christian Eriksen constituent cette colonne. Cet axe fort compte plus de 350 sélections à lui seul et la performance globale de l’équipe danoise en dépendra en grande partie.

À noter aussi la présence du prometteur Andreas Skov Olsen, le jeune ailier (21 ans) de Bologne qui compte déjà 3 buts en 5 sélections avec l’équipe nationale. Le Danemark devra tenir son rang et se qualifier en huitièmes. A partir de là, le rêve est permis avec 1992 dans un coin de la tête.

Anthony Rabemanisa

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