jeudi 23 mai 2024

Euro : le grand retour de l’Écosse sur la scène européenne

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L’Ecosse n’avait pas participé à l’Euro depuis 1996 ni même à aucune compétition majeure depuis 1998. Sur le papier, elle n’a pas grand-chose à espérer mais, même à bientôt 150 ans, cette sélection n’a pas passé l’âge de rêver aux contes de fées.

Le 12 novembre 2020 est une date qui a déjà sa place dans les mémoires. Cette qualification était place dans les livres d’histoire du côté une excellente nouvelle pour une grande de Glasgow.

C’est le jour où une majorité des fans de football car on ne me parade de David Marshall a permis à pourrait sous-estimer l’importance de ce pays dans l’histoire du ballon rond. l’Ecosse de se qualifier pour l’Euro pour la première fois depuis 25 ans.

Cette qualification a été incroyablement compliquée, deux séances de tirs au but lors de matches décisifs ont été nécessaires pour que les coéquipiers de Ryan Christie obtiennent leur ticket. Si c’est une preuve d’une faible domination sur ses adversaires et d’un niveau de jeu qui ne tutoie pas forcément l’excellence, s’en est aussi une d’un très gros mental et d’un cœur immense.

L’Ecosse, vraie terre de football

Cette qualification était une excellente nouvelle pour une grande majorité de fans de football car on pourrait sous-estimer l’importance de ce pays dans l’histoire du ballon rond. L’Écosse est avec l’Angleterre  la doyenne du foot mondial. L’histoire de cette sélection a commencé en 1872 et même si les résultats de l’équipe nationale n’ont pas toujours été à la hauteur de cette histoire, c’est toujours resté le sport le plus populaire outre-manche.

Ce que nous confirme Marc Aantoine Fortune, l’ancien avant-centre du Celtic Glasgow. « Même si, sur le plan international, le football écossais ne brille pas pour le moment, ça n’affecte en rien la place de ce sport en Ecosse, au contraire, c’est vraiment une passion intergénérationnelle. L’éternel combat pour le titre entre les deux grands clubs chaque saison renforce cet intérêt pour le football. »

Or, ce combat entre les deux grands, le Celtic Glasgow et les Rangers de la même ville, était encore passionnant cette saison. L’ancien club de Marc-Antoine Fortuné avait la possibilité de réaliser quelque chose d’unique dans l’histoire.

En effet, à trois reprises dans ce championnat, une équipe a remporté la compétition neuf fois de suite, mais personne n’a dépassé ce total. Le Celtic s’est imposé chaque année depuis la saison 2011/2012 et pouvait donc réussir la passe de 10. Oui, mais non puisque l’équipe dirigée par Steven Gerrard a survolé la compétition en collant 20 points à ses rivaux historiques.

Plus impressionnant encore, en 34 rencontres ils n’ont tout simplement pas connu la défaite et se sont imposés à 29 reprises, ils ont inscrit 80 buts et n’en ont encaissé que 11, une domination rarement vue.

Une histoire à dépoussiérer

Ce football de clubs écossais est à l’image de sa sélection, historique, mais en perte de vitesse. Ils ont remporté deux compétitions européennes, une Ligue des Champions en 1967 pour le Celtic, nommé à ce moment-là la Coupe des clubs champions et une Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en 1972 pour les Rangers.

Mais s’ils ne se sont pas illustrés sur la scène européenne depuis un long moment, ça n’empêche pas ces clubs et ce championnat d’avoir une vraie culture de jeu, une identité. « Dans ce championnat, il y a un énorme impact physique bien sûr » nous indique Fortuné.

« Beaucoup de jeunes joueurs d’équipes anglaises se font prêter dans ce championnat pour durcir leur jeu. Il y a également un énorme rythme, beaucoup de duels, mais en plus de toutes ces qualités physiques, on y trouve un certain nombre de joueurs talentueux. »

Mais, à l’aube de cet Euro 2021, dur de trouver beaucoup de motifs d’espoirs pour les hommes de Steve Clarke. Ce sélectionneur qui n’a pris la tête de l’équipe qu’en mai 2019 a déjà convaincu grâce à cette qualification.

L’ancien défenseur de Chelsea possède une grande expérience en tant que coach grâce à ses postes d’adjoint comme de titulaire dans des équipes écossaises et anglaises. Son succès n’étonne guère Marc-Antoine Fortuné qui a évolué sous ses ordres à West Bromwich Albion lors de la saison 2012/2013 :

« Steve Clarke arrive à tirer le maximum d’un joueur. Je garde un très bon souvenir de son passage à West Bromwich Albion. Nous avons toujours eu de bonnes relations et, même après mon départ du club, nous sommes restés en contact et prenons régulièrement des nouvelles de l’un et de l’autre. »

« Steve Clarke arrive à tirer le maximum d’un joueur »

Steve Clarke saura monter un groupe solidaire et en tirer tout son potentiel. Malheureusement, sur le papier, le potentiel de cet effectif ne semble pas assez élevé pour viser loin. En effet, hormis Kieran Tierney, Scott McTominay et Andrew Robertson, aucun joueur de l’effectif n’évolue dans un grand club.

Néanmoins, ces trois joueurs sont vraiment des piliers et les autres savent qu’ils pourront se reposer sur eux. Kieran Tierney et Scott McTominay n’évoluent néanmoins que rarement à leur poste préférentiel en sélection, ils comblent avec brio une faiblesse criante de l’effectif ; la défense centrale.

Grâce à ces ajustements, cette équipe possède une défense plutôt solide qui n’a notamment encaissé que 4 buts en 6 rencontres de Ligue des Nations et qui, lors des phases de barrages, ne s’est seulement faite surprendre que par Luka Jovic dans les arrêts de jeux de la rencontre décisive.

Le système, en revanche, est fait pour la star de l’effectif, Andrew Robertson. Le latéral de Liverpool évolue comme piston gauche dans ce 3-5-2 qui lui permet de montrer ses immenses qualités défensives tout en portant davantage le danger sur son aile gauche.

Sa patte gauche et ses centres seront une immense menace pour ses adversaires et son niveau de jeu sera déterminant pour que l’Ecosse puisse rêver d’un exploit et d’une qualification en huitièmes.

Robertson, la star de l’Écosse

Car, grâce à la réforme de 2016 qui permet à 24 nations au lieu de 16 de voir la phase finale de la compétition, cette équipe peut espérer. Elle est tombée dans un groupe compliqué composé de la Croatie, dernière finaliste de la Coupe du monde, de la République tchèque, sélection qu’elle a battue à deux reprises en Ligue des Nations l’automne dernier et de ses ennemis historiques anglais.

Cette opposition face aux hommes de Gareth Southgate sera la 115ème de l’histoire ! Lors de ces 114 premières rencontres, les hommes en bleu se sont imposés à 41 reprises et nul doute que, même s’ils ne sont pas favoris, ils donneront tout pour s’imposer lors de cette rencontre spéciale et ainsi être en bonne posture pour la qualification.

Un effectif qui semble un poil faiblard certes, mais aussi une rencontre face à une équipe qu’elle a battue deux fois dans la dernière année et une autre face à son ennemie jurée et c’est d’un coup un intérêt immense qui se dégage autour de cette équipe écossaise.

Si elle ne sera sans doute pas l’équipe la plus forte de ce groupe, elle en sera le piment, l’épice, celle qui donne toute la saveur à cette poule. L’Ecosse va participer à sa onzième compétition internationale et espérera pour la première fois passer la phase de groupes. Ce souhait, c’est aussi celui d’un grand nombre de fans de football qui rêvent de voir cette nation historique faire résonner les cornemuses.

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