mardi 5 mars 2024

Gautherat (AG2R Citroën), le sanglier des Ardennes

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Le sprinteur jurassien de 19 ans Pierre Gautherat a réussi en cette fin d’année à prouver qu’il était capable de passer les bosses. Un premier top 20 (Polynormande), un premier top 10 (Primus Classic), et une belle Famenne Ardenne Classic ont de quoi le rendre optimiste pour ses débuts en Word Tour.

Du SCO Dijon-Team à AG2R Citroën, où il a signé jusqu’en 2024, Pierre Gautherat a fait le grand saut au cours d’une année conclue sur le triptyque franco-belge ; Binche-ChimayBinche (34ème) Paris-Bourges (abandon) Paris-Tours Espoirs (14ème). Mais c’est surtout avant, notamment sur la Famenne Ardenne Classic que le double vainqueur d’étape des 4 Jours des As-en-Provence s’est prouvé à lui-même qu’il était prêt à franchir un palier.

Après 188 km, c’est lui qui était encore à la bagarre pour lancer son leader, Oliver Naesen (finalement battu par Axel Zingle), après avoir franchi toutes les bosses et s’être rassuré : « Je voulais voir comment je les passerai, déclarait-il à l’arrivée, finalement j’ai été avec les meilleurs, c’est plutôt encourageant. »

Celui qui se définit lui-même « bosseur, patient, perfectionniste et honnête », et qui rêve ouvertement de remporter un jour Paris-Roubaix, sa course préférée, a réussi haut la main son stage chez AG2R Citroën cet été, sans lâcher ses études en BTS Electronique, pour « réaliser son rêve, passer professionnel » avec six mois d’avance sur le timing prévu car à l’origine son contrat ne devait démarrer que le 1er août 2023.

Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas par Chambéry CF, le centre de formation dans lequel puise Vincent Lavenu abondamment, que le néo-pro est passé, mais bien par le SCO Dijon, non sans avoir déjà appartenu au collectif AG2R chez les juniors où il s’était distingué en finissant 3ème des championnats de France clm en 2020, puis 2ème des championnats de France sur route en 2021.

« Passer pro n’est qu’une étape »

Mais ça, c’était avant de signer deux ans pour ce qu’il considère seulement « comme une étape car j’espère aller décrocher d’autres

rêves d’enfant comme gagner de grandes courses ou participer au Tour de France. » En attendant, en 2023, l’élève de Jacques Decrion aura deux objectifs : « Continuer à progresser, à apprendre… et valider mon BTS électronique ».

Au contact de valeurs sûres du peloton évoluant dans son registre de finisseur, comme Naesen ou Van Avermaet, le Sanglier des Ardennes ne fera aucun complexe pour ajouter d’autres points UCI à ses 38 premiers récupérés depuis cet été (3 à la Polynormande, 35 à la Primus Classic) et se faire une place parmi les meilleurs sprinteurs français.

A 19 ans, au même âge, un certain Arnaud Démare, n’en avait encore rapporté aucun. Ce n’est qu’à 21 ans qu’il débloquera son compteur. Voilà qui laisse un peu de marge à Pierre Gautherat pour apprendre à jouer des coudes, à éviter les chutes (en 2021, une chute à 6 km de l’arrivée l’a privé d’un possible titre de champion du monde juniors) et à se frotter à ce gratin des sprinteurs du peloton qu’il aspire à rejoindre le plus vite possible.

Tom Boissy

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