vendredi 14 juin 2024

La Slovaquie à l’Euro, entre espoirs et volonté de marquer le coup

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Martin Dubrovka a 32 ans, Peter Pekarik en a 34, Thomas Hubocan 35, Juraj Kucka 34, Michal Duris 32 ou encore Marek Hamsik 33. Les cadres de cette formation slovaque n’ont plus 20 ans et cet Euro est probablement la dernière compétition internationale à laquelle ils vont participer. Cette génération aura à cœur de finir de la meilleure des manières avec la Slovaquie.

Hormis en faisant partie de la Tchécoslovaquie, jamais une autre équipe de ce pays n’a réussi le moindre exploit sur la scène internationale. Ses frères ennemis, les Tchèques s’en sont bien mieux sortis depuis leur indépendance footballistique avec une finale de Championnat d’Europe et une 3ème place en Coupe des Confédérations notamment.

Mais, grâce à cette génération, l’équilibre a été un petit peu retrouvé entre ces deux équipes. Le premier exploit de l’histoire du football slovaque a lieu en 2010. Grâce à une superbe campagne de qualifications, la Slovaquie finit 1ère de son groupe et se qualifie pour la Coupe du monde.

Elle n’y fera pas de la figuration puisqu’elle va passer la phase de poules en s’imposant notamment contre la grande Italie dans une fin de match exceptionnelle. Elle se fera éliminer par les futurs finalistes, les Pays-Bas, ne s’inclinant que 2 à 1 en huitièmes de finale.

La Slovaquie veut prolonger les espoirs de l’Euro 2016

L’important était ailleurs, la Slovaquie avait mis son nom sur la carte. Malheureusement, pas grand-chose ne suivra cet exploit, la Slovaquie échoua d’un rien à se qualifier en 2012, puis en 2014. Le retour à la lumière aura bien lieu en 2016 en France.

Portée par les mêmes cadres qu’en 2010 et notamment par le leader incontesté de cette formation Marek Hamsik, la sélection brillera à nouveau en phase de poules. Les Slovaques battant la Russie et obtenant un magnifique match nul contre l’Angleterre qui va leur permettre d’accéder à l’étape suivante de la compétition.

Malheureusement, elle tombera contre la championne du monde en titre en huitièmes de finale, l’Allemagne. Ils n’existeront pas et s’inclineront 3 à 0 avec notamment un but exceptionnel de Jérôme Boateng.

Toujours est-il que, pour leurs deux seules participations dans une compétition internationale, les Slovaques se sont, à chaque fois, qualifiés pour la phase finale de cette compétition avec deux huitièmes au compteur.

Une qualification difficile pour l’Euro 2020

La Slovaquie s’est qualifiée très difficilement pour cet Euro 2021, ils ont échoué à un point du Pays de Galles et ont dû se battre en passant par les barrages. La formation de Pavel Hapal a alors réussi à se débarrasser de l’Irlande aux tirs au but pour s’offrir une finale contre l’Irlande du Nord, mais ça n’a pas suffi à sauver sa place.

Ses mauvais résultats et le manque de plans de jeu lui ont eu raison de lui, et c’est l’ancien entraineur de Zilina ou encore de Kosice Stefan Tarkovic qui a pris sa place juste avant ce match décisif. Un choix payant puisque son s’est imposée dans les prolongations grâce à un but de Michal Duris, une victoire qui leur ouvre donc la porte de cet Euro.

Il n’empêche que changer de sélectionneur si peu avant de grandes échéances ne propose pas forcément le bon remède. Ils seront d’ailleurs opposés dans leur groupe à la seule équipe de la compétition qui a changé d’entraîneur après eux ; la Pologne. Cet élément donnera un piment supplémentaire à ce groupe qui n’en manquait déjà pas.

Hamsik, le pharaon slovaque

Même si elle n’est pas favorite du groupe, Stefan Tarkovic et sa sélection seront très attendus. Elie-Gaël N’Zeyi, milieu de terrain du FK Pohronie en première division slovaque nous parle de l’amour du football dans ce pays :

« Je suis dans une petite ville mais, malgré ça, il y a de nombreux passionnés. Il y a dans le championnat de très grands stades, plus grands qu’en France et je suis persuadé que s’il n’y avait pas la crise sanitaire, les stades seraient remplis tous les week-ends. »

En plus de cet amour du football, il y a une culture de jeu dans ce pays, « basé sur les seconds ballons. C’est un jeu plutôt direct avec énormément de courses et de duels, c’est vraiment un championnat très physique. » Le joueur formé à Amiens considère que la Fortuna Liga est « de bon niveau, un juste milieu entre la Ligue 1 et la Ligue 2. »

A noter qu’il n’est pas le seul joueur tricolore à avoir fait ce choix d’aller jouer là-bas puisque rien que dans son équipe, on compte deux autres joueurs français, David Bangala, ancien joueur du Havre et de Valenciennes, et Thomas Heurtaux qui a perforé pendant des années à l’Udinese en Serie A.

La Slovaquie a des trentenaires brillants

L’effectif de cette sélection slovaque quant à lui regorge de joueurs relativement peu connus par le grand public, mais où des joueurs sortent quand même du lot. Les milieux Juraj Kucka et Stanislav Lobotka évoluent tous deux dans l’ancien championnat de Thomas Heurtaux depuis des années et s’ils ne réalisent pas les meilleures saisons de leurs carrières, ce sont tout de même des joueurs respectés à ce niveau-là.

Marek Hamsik ensuite est vraiment en fin de carrière, il évolue depuis janvier à l’IFK Göteborg (Suède) pour retrouver le rythme après une saison en Chine. Néanmoins, il est toujours aussi talentueux et arrive à se sublimer dès qu’il enfile le maillot de son équipe nationale, il sera encore une fois le fer de lance de l’attaque slovaque cet été.

Skriniar, la nouvelle star de la Slovaquie

Et puis il y a nouvelle star de cette équipe, Milan Skriniar. Il est purement et simplement le meilleur défenseur de la meilleure équipe italienne cette saison. Cela fait des années qu’il perfore sous le maillot de l’Inter Milan mais, cette saison, il s’est tout simplement révélé comme l’un des meilleurs du monde à son poste.

Il aura la lourde tâche d’être le leader défensif de cette équipe qui aura dans son groupe des joueurs comme Zlatan Ibrahimovic, Robert Lewandowski ou encore Ferran Torres et Alvaro Morata, une immense mission. La Slovaquie a donc eu beaucoup de mal à se qualifier, elle vient de changer de sélectionneur, la plupart de ses leaders et joueurs talentueux sont en fin de carrière et l’effectif, au global, semble manquer de qualité.

Il y a peu de raisons d’être très optimistes, mais il ne faut jamais enterrer une équipe si facilement dans une grande compétition et la Slovaquie l’a déjà montré à deux reprises, en 2010 tout d’abord et plus récemment en France en 2016.

Robin Wolff

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