jeudi 13 juin 2024

Le cyclisme, le sport préféré des Français juste derrière le foot

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Sans jamais prétendre détrôner le roi football, le cyclisme gagne de plus en plus de terrain en France dans le sillage d’un coureur, Alaphilippe, et d’une épreuve, le Tour de France, plus populaires que jamais. En parvenant à lutter efficacement contre son principal fléau, le dopage, il est (re)devenu l’un des sports les plus suivis. Parce qu’il est le plus pratiqué au quotidien et le plus apprécié ?

En termes de pratiquants, il n’y a pas photo, le football rafle la mise avec plus de 2 millions de pratiquants, devant le tennis et l’équitation, le cyclisme n’entrant même pas dans le top 10 avec à peine plus de 100 000 licenciés.

Or, selon une enquête réalisée par le site ShopAlike en juillet 2020, près de 50% des personnes interrogées affirmaient aimer faire du vélo alors que 4% seulement en disaient de même du football. Pratiqué par près de 60% des Français, le vélo est un outil de transport autant que de loisir, utilisé pour se rendre au travail, en balade, en randonnées par 90 % des Français. Il est donc, à ce titre, le sport le plus pratiqué de France. Est-il également le plus populaire ?

Sans être une référence absolue, la manière avec laquelle le quotidien L’Equipe traite l’information sportive est un premier baromètre intéressant. De ses 350 unes en 2021, si le football écrase la concurrence avec 259 premières pages, le cyclisme arrive en troisième position (16 unes) juste derrière le rugby (25).

Le cyclisme débarrassé du dopage

Cerise sur le gâteau, c’est la Une du 27 septembre dernier, après le titre de champion du monde de Julian Alaphilippe : « Le roi Alaphilippe II » qui a obtenu le plus de suffrages (21% des votes) parmi les Unes préférées des lecteurs. A défaut de trouver un successeur à Hinault ou Fignon, un coureur capable de gagner le Tour, le cyclisme français a vu émerger une authentique star, Julian Alaphilippe, capable de gagner les plus grandes courses du monde, avec panache, tout en restant un coureur abordable et proche de ses racines populaires.

L’aveu émane de l’emblématique speaker des courses françaises depuis un demi-siècle, Daniel Mangeas : « J’ai rarement vu un champion qui faisait autant l’unanimité. Il y a comme un aimant entre le public et lui ! » Visible sur le terrain, avec un public acquis à sa cause et qui trouve avec le double champion du monde un écho.

Malgré les ravages du dopage, malgré ceux de la crise sanitaire, entre 10 et 15 millions de spectateurs suivent tous les ans la Grande Boucle, avec plus de 20 millions de téléspectateurs à travers le monde.

« Nous sommes en pleine ‘‘vélorution’’ ! »

Cette nouvelle dynamique ressentie par tous ceux qui gravitent autour de la planète vélo se concrétise aussi au niveau commercial. Pour les professionnels de l’équipement sportif, il n’y a aucun doute, la crise sanitaire a boosté les ventes de vélos. Pendant le premier confinement, elles ont augmenté de 300% au point de considérer, comme le déclarait en 2020 Benoit Legrand, directeur de réseau chez Go Sport dans le HuffPost :

« Pour la catégorie vélos, il y a eu un vrai déclic. Il y aura un avant et un après ! » L’avant faisait de la pratique du vélo une activité secondaire, l’après l’a transformé en élément de déplacement essentiel. Ainsi, plus de 3,3 millions de Français ont acheté un vélo en 2020, 700 000 de plus qu’en 2019. Selon le sociologue David Le Breton, la « vélorution » est en train d’advenir (voir encadré) :

« Le processus était déjà entamé, mais on assiste depuis le début de la crise sanitaire à une forte démocratisation et une vraie popularisation du vélo. Comme si les gens en redécouvraient les vertus, morales, physiques, sanitaires et civiles. »

Des pistes cyclables empruntées par de plus en plus de Français pour se rendre au travail aux plus grandes courses internationales, l’attrait pour le vélo ne cesse de croitre, encore amplifié par la crise sanitaire et transcendé par le profil des jeunes et moins jeunes champions français. La vague est là, aux instances fédérales de surfer dessus le plus longtemps possible pour ramener le cyclisme à la place qui était la sienne dans la France d’après-guerre, celle du premier sport populaire du pays.

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