samedi 26 novembre 2022

Michael Morkov (Deceuninck) : le vétéran du peloton impressionne

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

A 37 ans, Michael Morkov continue d’impressionner. Malgré les années, le Danois reste le meilleur pour emmener ses leaders et les faire gagner au sprint.

Avec lui, le sourire est une seconde nature. Il est rare de ne pas entendre des mercis quand ses leaders le croisent. Il en a rendu des services, permis de faire gagner les plus grands sprinteurs du peloton sur ces dernières années. Michael Morkov est le genre de coureur qui permet de redonner au cyclisme une valeur collective dans un monde qui tend à individualiser la victoire et le succès.

Pourtant, sans lui, beaucoup de ses coéquipiers et de ses sprinteurs n’auraient pas gagné toutes les courses qu’ils ont réussi à remporter. Et si, cette année, il a accompagné Fabio Jakobsen, ce n’était pas un hasard.

« Il est tellement précieux dans une équipe avec son expérience et sa science de la course, analysait Tom Steels. Il nous fallait l’un des meilleurs poisson-pilotes pour aider Fabio Jakobsen cette saison. On a tout de suite vu qu’ils formeraient un train solide avec Yves Lampaert et Kasper Asgreen. »

Et, dès le début de saison, Morkov a permis de lancer comme il se doit la saison de son coéquipier néerlandais sur le Tour de la Communauté de Valence avec deux victoires d’étape et un classement par points, avant de le faire sur de grandes épreuves comme Paris-Nice puis le Tour de Belgique.

Sur le Tour de France, Jakobsen ira bien décrocher une victoire d’étape mais, au moment du sprint de son coéquipier, sur cette 2ème étape de la Grande Boucle, le Danois était aux côtés du maillot jaune, Yves Lampaert, qui venait de chuter. La preuve que Morkov sait aussi se dévouer pour ses leaders quand le besoin se fait sentir.

Un soutien indispensable à Jacobsen

Dans l’ombre de ses leaders, Michael Morkov a appris à gagner le respect du peloton. L’image de Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, l’accueillant sur la ligne d’arrivée, lors de la 15ème étape de la dernière Grande Boucle, une heure après le vainqueur du jour et donc hors-délais vaut presque toutes les victoires. La reconnaissance et le respect se mesurent également aux efforts que l’on fait pour les autres et Morkov en a toujours fait un principe important.

Et si, sur route, son palmarès n’affiche officiellement que 5 victoires, une victoire d’étape sur la Vuelta en 2013, une autre sur le Tour du Danemark et trois titres de champion du Danemark (2013, 2018, 2019), on pourrait largement lui mettre également les nombreux succès acquis aux côtés de ses sprinteurs.

Que ce soit Alexander Kristoff, Elia Viviani, Sam Bennett, Mark Cavendish et donc Fabio Jakobsen, ils ont tous gagné grâce à lui et même remporté des classements par points comme Viviani sur le Giro 2018, Bennett sur le Tour 2020 et Cavendish sur le Tour 2021. Pourtant, au départ, il n’était pas programmé pour devenir l’un des meilleurs poisson-pilotes du peloton.

« J’ai grandi avec Saxo-Bank, on était plus focus sur le classement général et beaucoup moins sur les sprints, avait-il expliqué par le passé à l’issue d’une étape du Tour. Après, j’ai eu la chance de rejoindre Kristoff chez Katusha. Il m’a permis de l’aider à confirmer être le leader de l’équipe. J’ai alors réalisé qu’il se passait quelque chose. J’ai ensuite pris la mesure du rôle qui était le mien dans les sprints pour aujourd’hui faire mon job. »

Et quand on lui demande son secret pour être si fort au moment de l’emballage final, Michael Morkov préfère jouer les modestes.

« J’ai pris la mesure de mon rôle »

« C’est important d’être calme et attentif. Il n’y a pas de secret. Il faut savoir être patient et être dans le bon tempo pour prendre la roue qui vous fera gagner. Dans la vie, j’essaye d’être patient. Je crois dans ma chance et je fais en sorte d’y croire jusqu’au bout. Ce n’est pas simple de contrôler un peloton au moment du sprint. On sait qu’il était toujours difficile d’être attentif aux échappées quand elles arrivent. Il faut savoir aller vite pour éviter de se faire piéger. Il n’y a pas de pression à avoir. »

« Il faut de la vitesse, de bonnes jambes, de bons réglages, une bonne analyse de la situation du peloton, avec toutes les équipes qui roulent autour, avant de viser la victoire. Il faut croire en ses forces et en ses coéquipiers pour réussir. Il faut être motivé. Il y a un feeling à avoir pour réussir ses sprints. On a déjà gagné tellement de victoires, depuis si longtemps. C’est toujours appréciable de gagner à Paris ou sur le Tour. Il suffit de tout donner pour réussir à le faire. C’est toujours appréciable d’être là pour aider ses coéquipiers. Je suis heureux comme ça. »

A 37 ans, le champion olympique de 2020 et triple champion du monde de l’américaine, une épreuve sur piste, sait qu’il devra un jour passer la main et le recrutement de Casper Pedersen va dans ce sens. Toutefois, Morkov compte bien encore être précieux pour son équipe Soudal-Quick Step en 2023.

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