vendredi 21 juin 2024

Pierre Rolland (sur la mythique étape de l’Alpe d’Huez) : « Pour gagner, il faut faire la course parfaite »

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Il est avec Bernard Hinault (en 1986), Christophe Riblon (2013) et Thibaut Pinot (2015), l’un des rares coureurs français à avoir triomphé en haut de l’Alpe d’Huez. Alors chez Europcar, Pierre Rolland remportait la 19ème étape du Tour 2011. Un vrai exploit qu’il voudra rééditer cette année.

Au-delà de votre succès en 2011, que représente pour vous l’Alpe d’Huez ?

Une montée mythique, des faits de courses renversants, des moments historiques, le lieu où tous les grands se sont expliqués et ont écrit leur légende. Ce nom résonne dans la tête de tout le monde, même ceux qui ne s’intéressent pas au vélo.

Mythique en France, l’Alpe l’est-elle aussi à l’étranger ?

L’Alpe d’Huez est connue partout dans le monde à travers le Tour de France. C’est même devenu une référence en terme de difficulté. Combien de fois peut-on entendre dans les discussions des réflexions du style : « C’était dur, mais ce n’était pas non plus l’Alpe d’Huez ! » Pourtant, ce n’est pas l’ascension la plus difficile, mais c’est la plus prestigieuse.

Qu’est-ce qui la rend si difficile à appréhender ?

D’abord le fait qu’elle arrive toujours après deux ou trois semaines. Cela ajoute à la difficulté et favorise les gros écarts. Les lacets qui s’enchaînent créent aussi un phénomène d’étirement. Et, généralement, elle est précédée de plusieurs autres ascensions, le Galibier, le Glandon, la Croix de fer, la Madeleine… des montées d’une heure et demi qui entament le capital fraîcheur. En plus, comme tout le monde veut la gagner, ça élève le niveau d’exigence et oblige à être à 110% de ses possibilités pour espérer jouer au moins la gagne.

Pierre Rolland se remémore l’Alpe d’Huez

Quels sont les tronçons les plus durs ?

La première rampe, sur les trois premiers kilomètres jusqu’à La Garde, est terrible parce qu’elle arrive dans transition du plat à 10% de pente raide. Souvent, il fait très chaud, et vous savez à ce moment-là si ça va aller ou pas. J’ai souvenir d’avoir vu Manuel Beltran l’attaquer comme un sprint avant d’exploser complètement. Ça ne pardonne pas.

Vous avez gagné en haut de l’Alpe lors du Tour 2011, est-ce votre plus belle victoire ?

Oui, bien sûr. Lors d’une interview croisée que j’avais effectuée avec Andy Schleck, il m’avait dit qu’il échangerait sans problème ses victoires dans le Galibier et le Tourmalet contre la mienne dans l’Alpe. C’est tout dire de ce que ça représente.

Comment aviez-vous construit cette victoire ?

Tactiquement, j’avais fait la course parfaite. Thomas Voeckler était en jaune, j’en avais profité pour attaquer et prendre 30 à 40 secondes d’avance pour attaquer les premiers lacets à ma main. Contador est revenu sur moi, m’a lâché, mais je n’ai pas paniqué parce que je connaissais sa façon de courir. Je n’ai pas suivi ses accélérations et il n’a pas réussi à creuser un écart significatif.

Aussi, lorsque Sanchez est revenu sur moi, il m’a aussi ramené sur Contador, ce qui m’a permis de m’échapper dans les derniers kilomètres. Pour gagner, il faut que toutes les planètes soient alignées. C’était le cas en 2011, j’étais en forme et je n’avais pas eu à puiser dans mes ressources physiques avant car j’étais à l’abri derrière le maillot jaune de Thomas.

Est-ce un objectif sur le Tour cette année ?

Si on l’a fait une fois, on peut forcément le refaire (rires) !

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