mardi 27 février 2024

PSG : Neymar n’a toujours pas levé les doutes…

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Frédéric Denat
Frédéric Denat
Journaliste

Alors qu’on aurait pu croire que la présence de Messi allait lui permettre de mieux s’exprimer encore, c’est l’inverse qu’il s’est passé. Longtemps cette saison, Neymar n’a été que l’ombre de lui-même, avant de revenir en forme, puis de se blesser…

L’aurait-on déjà oublié ? L’une des raisons qui a poussé Neymar à quitter le Barça en 2017 était liée à la présence à ses côtés d’un joueur de la dimension de Messi, de sa volonté de sortir de son ombre, d’avoir la possibilité d’être seul le leader technique dans une équipe de top niveau européen.

C’est ce statut aussi qui l’a poussé vers le PSG, notamment dans l’optique de permettre au club parisien de gagner sa première Ligue des Champions, préalable a priori indispensable pour aller aussi chercher le Ballon d’Or. Quatre ans après, c’est avec ce double objectif encore en cours qu’il a vu débarquer… Messi.

Mentalement, malgré une finale et une demi-finale, il sait qu’il a failli à propulser seul le PSG vers les sommets européens. Voir arriver Messi en renfort est une manière implicite de souligner cette impuissance, de rappeler qu’il en (re)devient lui aussi plus que jamais dépendant.

L’arrivée de Messi a changé la donne

Car désormais, si le PSG parvient à ses fins à court terme, ce sera grâce à la Pulga. Ejecté de la course au Ballon d’Or pour la première fois depuis dix ans, Neymar subit le contre coup de ses mois de doutes et de blessures qui lui ont pourri sa vie sportive depuis quatre ans.

Conscient d’avoir manqué le coche en finale de la C1 dans le Final Four de Lisbonne face au Bayern, alors qu’il était en grande forme et pouvait enfin marquer les esprits, Neymar doute de sa capacité à se réinventer, à se remettre une fois de plus en selle. Ses déclarations vont dans ce sens. Comme usé par tant d’efforts pour revenir sans cesse à son meilleur niveau, une course contre la montre qui n’est pas sans conséquences sur un mental déjà fragile.

« La question à se poser est de savoir s’il a encore envie de se donner les moyens d’être un sportif de haut niveau, souligne Olivier Rouyer, consultant pour la chaîne L’Equipe. Quand on compare la vie de joueurs plus âgés qui restent au top comme CR7, Messi, Benzema… avec la sienne, on peut effectivement se poser des questions. Ses propos visant à douter de son envie d’aller au-delà de la Coupe du Monde 2022 accréditent cette thèse. »  

Des interrogations après 2022

Moins vif, moins agile et explosif balle aux pieds, ses jambes répondent moins et lui permettent de faire nettement moins de différences, en témoignent des statistiques en baisse que ce soit dans ses buts, ses passes décisives, les fautes subies ou les dribbles tentés. De 2017 à ce début de saison 2021, le constat est impitoyable.

Son influence ne cesse de baisser sans qu’on sache encore la part de l’arrivée de Messi dans le groupe. S’il défend plus, il frappe aussi moins au but et est de moins en moins à l’origine des actions dangereuses. Forcément, la tentation existe d’y voir une sorte de complexe Messi réapparaître à l’aube de ses 30 ans.

« Je ne le pense pas, poursuit Rouyer car les deux sont très amis et sincèrement heureux de se retrouver. Non, le problème ne vient que de Neymar, pas de sa relation aux autres. Le fait est qu’il est inconstant, irrégulier, dans un cercle vicieux.

Il se blesse, ne fait pas forcément tout ce qu’il faudrait en terme d’efforts pour revenir dans les meilleures conditions, donc il se blesse de nouveau, et ainsi de suite… jusqu’à l’usure et la lassitude. En tout cas, ses déclarations récentes sont floues, elles sèment le doute sur ce qu’il a vraiment envie de faire de ses dernières années de footballeur. Lui seul a la réponse… »

Neymar a trop de liberté à Paris

Dans le JDD, l’ancien Parisien, Edouard Cissé, a aussi la sienne : « Au Barça, son taf était de casser les reins, de faire la différence et de passer la balle au général Messi. A Paris, on lui a donné les clés et on l’a laissé faire ce qu’il voulait. A un moment donné, il s’est perdu. Ça reste un super joueur, mais qui s’est transformé en enfant gâté à force de surjouer ! »  

Ce qui donne à la manière d’Eric Di Meco : « Il faut que Neymar redevienne un joueur de foot… » . Sans concession, le constat correspondait assez bien aux impressions laissées par ses dernières prestations avec le PSG, moins avec le Brésil où son impact reste important.

Evidemment, l’artiste a tellement de talent que le bilan n’était pas définitif. Et de le prouver lors du dernier match de L1 avant la trêve internationale de novembre, avec un doublé plein d’à propos pour une victoire 3-2 à Bordeaux qui porte sa marque. S’il parvenait à prendre le pli d’un Messi retrouvé, comme il l’a fait au Matmut Atlantique avec Mbappé, alors peut-être la magie pourrait jaillir de nouveau des pieds de deux anciens Blaugranas.

Encore faudrait-il que Messi redevienne, lui aussi, le vrai Messi, le leader technique entraînant qu’il n’a pas encore vraiment été depuis son arrivée, celui qui était capable de sortir ses lieutenants de la panade, de les pousser à se faire violence pour se mettre au niveau du maître, de les protéger, dans sa roue, des vents contraires.

« Or, pour le moment, la relation technique entre Messi et Neymar n’existe pas »  soulignait à juste titre le néo-retraité, consultant Canal, Samir Nasri. A Paris comme à Barcelone, tout ramène toujours à… Messi.

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