jeudi 13 juin 2024

Tournoi des 6 Nations : Gatland, du neuf avec du vieux, à la tête du Pays de Galles

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Le Pays de Galles est sur courant alternatif depuis de longues semaines. Les dirigeants ont donc décidé de trancher dans le vif en rappelant Warren Gatland. L’entraîneur des grandes heures du rugby gallois peut-il relancer la machine ?

Les Gallois doivent une revanche à leurs supporteurs après un Tournoi 2022 et plus généralement une année catastrophique. Dans le 6 Nations, ils n’ont gagné qu’un match à domicile contre l’Ecosse (20-17) et ont surtout perdu à domicile contre l’Italie (21-22), une équipe italienne qui n’avait plus remporté de match dans le Tournoi depuis 2015. La désillusion a été importante car les Gallois avait gagné l’édition précédente.

A travers les performances de leurs joueurs, les supporteurs passent vraiment par toutes les émotions en peu de temps tellement ils sont irréguliers. La période 2019-2021, entre les deux victoires dans le Tournoi, a été difficile à gérer. Le XV du Poireau a eu du mal à digérer le départ de Warren Gatland après le Mondial 2019 et son remplaçant Wayne Pivac, le coach des Scarlets, a eu du mal à imprimer sa marque malgré le titre de 2021.

5èmes en 2020, les Gallois alternent les hauts et les bas avant de gagner en 2021 leur quatrième Tournoi sur les dix dernières années (2012, 2013, 2019 et 2021). Difficile de faire plus irréguliers sur ces dernières années. Il est donc difficile de savoir quel sera le visage que proposera le Pays de Galles pour l’édition 2023. D’autant plus qu’un nouveau sélectionneur a été nommé en remplacement de Pivac, démis de ses fonctions après une tournée d’automne ratée, à l’image de leur année.

Le Pays de Galles dans une mauvaise passe

Les Gallois ont pris une leçon de la part des Néo-Zélandais (55-23) qui ne sont pourtant pas au meilleur de leur forme. Ils ont battu des Argentins qui sortaient d’une victoire à Twickenham (20-13) avant de concéder l’une des plus grosses déconvenues de leur histoire face à la Géorgie à domicile (13-12). La dernière rencontre face à l’Australie a définitivement enterré l’avenir de Pivac à la tête de la sélection. Menant 34-13 à la 52ème minute, les Gallois ont craqué pour finalement s’incliner 39-34 :

« La défaite contre l’Australie est la pire des neuf défaites de cette saison terrible. Tout allait bien, les nouveaux étaient bien intégrés et quand ils ont mené largement leur jeu collectif a disparu. Se faire remonter comme cela, c’est terrible mentalement et terrible pour préparer une année importante avec le Tournoi et la Coupe du monde » concède Michaël Aylwin, journaliste au Guardian.

Un état d’esprit de gagnant à retrouver

Un revers d’autant plus terrible que l’Australie était privée de plusieurs cadres. Ces deux dernières défaites ont fait très mal au moral gallois. Pour remonter le moral des troupes dans la perspective du Tournoi 2023, les dirigeants ont donc rappelé Warren Gatland. Il fallait un technicien qui connait bien le rugby gallois et le groupe car il a peu de temps pour préparer le Tournoi. Lors de sa prise de fonction, Gatland n’a pas caché qu’il y avait beaucoup de travail, mais qu’il avait de grandes ambitions pour une équipe qu’il a déjà menée au sommet du rugby mondial.

Entre 2007 et 2019, il a remporté quatre Tournois (2008, 2012, 2013 et 2019) dont trois Grands Chelems (2008, 2012 et 2019). Gatland a aussi permis aux Gallois de faire deux demi-finales mondiales en 2011 et 2019. Cette année-là, en 2019, il est entré dans l’histoire du pays avec une 1ère place au classement mondial et 14 matches sans défaite. Autant dire qu’en 2019 il est parti en Roi mais en 2022 il revient en pompier de service !

Le XV du Poireau attend un Grand-Chelem depuis 2019

« Je suis heureux de retrouver un groupe de joueurs talentueux et un pays passionné. Je n’oublierai jamais comment on a été accueilli avec ma famille quand on est arrivé de Nouvelle-Zélande et je donnerai tout pour aider la sélection à briller dans le Tournoi et le Mondial. Si je n’étais pas persuadé que l’on pouvait gagner des titres, je ne serais pas là. Le plus difficile est le peu de temps que l’on a pour préparer le Tournoi. On va jouer d’entrée la meilleure équipe du monde, l’Irlande, j’aime bien. On la reçoit, si on fait une bonne performance ça peut bien nous lancer pour le reste de la compétition. Pour espérer gagner, il faut aller au-delà de ses limites, être prêt physiquement et mentalement. Le rugby gallois, c’est un peu les montagnes russes mais, au final, vous êtes jugé sur deux compétitions et l’une d’elle est le Tournoi (l’autre, c’est la Coupe du monde). On a toutes nos chances. »

Gatland a une grosse mission avec le Pays de Galles

Gatland va retrouver des visages qu’il connait bien et autour desquels il reconstruira son collectif. On pense à George North, Taulupe Feletau, Alex Cuthbert ou Rhys Priestland notamment. Les novices de la tournée d’automne (l’ailier Rio Dyer ou le centre Joe Hawkins) méritent d’être revus dans des circonstances plus favorables.

Au-delà de redonner confiance au groupe, Warren Gatland va également devoir gérer les égos des joueurs avec lesquels il a gagné des titres mais qui sont, aujourd’hui en fin de carrière. L’emblématique 2ème ligne et ancien meilleur joueur du monde Alun Wyn Jones a semblé, à 37 ans, totalement dépassé quand il est rentré face aux Blacks et le nouvel ouvreur de Toulon Dan Biggar (33 ans) n’a pas eu non plus le rôle de leader nécessaire ces derniers mois pour tirer le collectif vers le haut.

Leigh Halfpenny, 33 ans, le talonneur Ken Owens, 35 ans et le 3ème ligne Justin Tipuric (33 ans) reviennent, quant à eux, de longues blessures. Gatland leur doit beaucoup et il se trouve dans une position inconfortable pour les mettre de côté. Mais depuis son arrivée à Toulon, Biggar semble épanoui de nouveau et cela pourrait rejaillir sur ses performances avec la sélection. Les Gallois l’espèrent car avec un Dan Biggar à 100%, le Pays de Galles montrera immédiatement un tout autre visage.

Ses 10 derniers Tournois

2022 : 5ème (1 victoire, 4 défaites)

2021 : 1er (4 victoires, 1 défaite)

2020 : 5ème (1 victoire, 4 défaites)

2019 : 1er (5 victoires)

2018 : 2ème (3 victoires, 2 défaites)

2017 : 5ème (2 victoires, 3 défaites)

2016 : 2ème (3 victoires, 1 nul, 1 défaite)

2015 : 3ème (4 victoires, 1 défaite)

2014 : 3ème (3 victoires, 2 défaites)

2013 : 1er (4 victoires, 1 défaite)

Ses plus

Le Pays de Galles est revanchard, il reste sur une année 2022 catastrophique. Le Tournoi 2022 a été raté aussi. Mais une année sur deux, il termine sur le podium.

Le retour de Warren Gatland va redynamiser le groupe et le collectif. Les joueurs le connaissent bien et lui font confiance.
Si Gatland arrive à leur redonner confiance, ils peuvent jouer le podium car ils reçoivent leurs deux principaux adversaires ; l’Irlande et l’Angleterre.

Ses moins

Les Gallois ont une génération de joueurs vieillissants qu’il faut gérer. Gatland va devoir faire des choix.
Comme on a pu le voir sur les derniers matches, cette équipe manque de mental. Elle manque aussi de leaders quand les choses ne vont pas bien. Le dernier match du Tournoi s’annonce compliqué, les Gallois se déplacent en France. Les déplacements à Paris leur sont rarement favorables.

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