vendredi 8 décembre 2023

Euro : Après sa pâle prestation contre l’Italie, le Pays-de-Galles veut créer la surprise

Turquie - Pays-de-Galles (18h)

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Ayant terminé de justesse à la 2ème place de son groupe des éliminatoires, le Pays de Galles aborde l’Euro en sachant qu’il ne fait pas partie des favoris. Cela tombe bien, cette équipe aime l’effet de surprise et garde dans un coin de sa tête l’épopée de 2016.

Malgré leur parcours à l’Euro 2016 où, contre toute attente, ils ont réussi à atteindre les demi-finales en ayant éliminé, entre autres, la Belgique, l’Irlande du Nord et la Russie, le Pays de Galles est venue à l’Euro sur la pointe des pieds…

Placé dans le groupe A, il fait même office de petit Poucet face au mastodonte italien et aux outsiders que sont la Turquie et la Suisse. Passer le stade de la phase de poules serait donc déjà considéré comme un exploit pour ce collectif solide, mais sans trop de magie. Le premier match très moyen contre la Suisse, bien que récompensé par le point du match nul a confirmé que les Gallois allaient souffrir.

« C’est un groupe difficile avec l’Italie comme favorite. La Suisse et la Turquie sont dans une forme impressionnante. Le Pays de Galles aussi est dans une bonne dynamique. Comme toujours dans une grande compétition, le premier match contre la Suisse sera crucial. Une victoire lors du premier match pourrait donner un élan positif pour se qualifier » soulignai Rob Phillips, correspondant de la BBC au Pays de Galles, avant le début de la compétition.

Le Pays de Galles a souvent connu le succès en rugby, beaucoup moins en foot où, à part l’épopée grandiose de 2016, la sélection nationale n’a joué qu’une seule phase finale de grande compétition (Coupe du Monde 1985).

Le Pays de Galles dit adieu à Giggs

L’Euro est donc encore une fois un événement plus qu’exceptionnel car rare pour les Gallois. Le départ de l’ancien sélectionneur Chris Coleman suite à la non-qualification au Mondial 2018 a marqué une rupture. Ryan Giggs a ensuite pris les rênes de la sélection en janvier 2018 pour assurer la qualification à l’Euro 2020 via les éliminatoires.

Néanmoins, la légende de Manchester United ne sera pas à la tête des Dragons pour l’Euro car il a été mis à l’écart par la fédération galloise. L’existence de poursuites judiciaires, liées à une affaire de violences conjugales, a poussé les dirigeants à l’écarter, dans l’attente du procès qui aura lieu cet automne. « Giggsy » n’est d’ailleurs plus apparu sur le banc gallois depuis novembre 2020.

Depuis, son assistant Robert Page dirige la sélection. Ce dernier s’est vu confier la mission de mener le Pays de Galles à l’Euro. Beaucoup d’observateurs ont d’ailleurs milité pour Page qui a fait un intérim réussi en l’absence de Giggs.

« Page a été incroyable. Il a très bien joué son rôle. Lui et Albert (Stuivenberg, le coach assistant) ont été incroyables. Cela se voit dans notre jeu » se félicite le milieu gallois de MU Daniel James. « Qu’il soit le manager principal ou non, il a joué un grand rôle même quand le coach Giggs était là. Il a bien pris le rôle (de manager principal), rien n’a beaucoup changé. Il fait bien son travail comme avant ».

Robert Page garde le même staff technique de Giggs. Dans la gestion du groupe comme sur l’aspect tactique, il est peu probable que Page s’éloigne de la direction prise par son prédécesseur.

Page a le respect des joueurs

Sa présence depuis août 2019 dans le staff gallois fait qu’il a la confiance et le respect des joueurs. « Robert Page a fait un travail remarquable depuis qu’il dirige la sélection. Dans des circonstances inhabituelles, il a réussi à promouvoir le Pays de Galles en Ligue des Nations » ajoute Rob Phillips. « Après une défaite 3-1 face à la Belgique en éliminatoires de la Coupe du Monde 2022, il a mené les Dragons pour une excellente victoire face au Mexique en amical (1-0) et une autre victoire face à la République tchèque en qualifications (1-0). »

Son passé d’ancien joueur du Pays de Galles, couplé à son caractère, permet à Page de s’assurer que son discours passe auprès des joueurs. « C’est un ancien capitaine de la sélection et les joueurs ont bien réagi par rapport à cela. Il est direct dans sa manière de communiquer pour transmettre ses messages. Il a aussi gagné le respect des supporteurs ».

De grandes stars en sélection

Le Pays de Galles ne peut se targuer d’avoir un effectif pléthorique composé de stars. Mais les Dragons ont un collectif solide avec des tauliers, qui évoluent en Angleterre pour la plupart, prêts au combat et qui aiment le défi physique.

On pense bien sûr à Wayne Hennesey, le gardien depuis 2007, partie intégrante du groupe en 2016 et rompu aux joutes de Premier League où il évolue. S’il gardait les faveurs de Giggs en tant que titulaire, son manque de temps de jeu (il est devenu remplaçant à Crystal Palace) pourrait toutefois lui être préjudiciable.

Des anciens, à l’image du recordman de sélections, Chris Gunter (100 capes) apportent le fighting spirit à la sauce galloise. « La plupart des piliers de l’aventure de 2016 sont encore dans le groupe. Mais une nouvelle génération de jeunes joueurs pointe le bout de son nez. Ils se connaissent depuis les sélections de jeunes. L’esprit d’équipe devrait être bon. Même si celle de 2016 reste unique ».

Les jeunes présentent un fort potentiel et apportent une touche de technicité au groupe. Les plus connus sont Daniel James (23 ans, Manchester United) et Neco Williams (20 ans, Liverpool). Mais d’autres jeunes comme Connor Roberts (25 ans, devenu titulaire à Swansea), Ethan Ampadu (20 ans, Sheffield United) Chris Mepham (23 ans, Bournemouth) ou Harry Wilson (24 ans, Cardiff City) apparaissent régulièrement dans leurs clubs respectifs.

Les jeunes pousses du Pays de Galles prêt à prendre le pouvoir

« Une grande partie du succès de Giggs avec l’équipe nationale a été sa détermination claire pour promouvoir les jeunes joueurs. A chaque fois que Giggs a eu un dilemme sur une sélection, il a sans cesse opté pour l’option de la jeunesse. Sa politique a payé avec l’émergence de Dan James, Harry Wilson, David Brooks, Ethan Ampadu… » pointe toujours Rob Phillips.

« La recrue de Tottenham, Joe Rodon, est devenue un pilier de la défense. Il n’a que 23 ans. Neco Williams de Liverpool présente une perspective intéressante à 20 ans. Ce serait intéressant de voir comment se comportent ces joueurs dans les grandes compétitions. Mais ils seront meilleurs avec l’expérience peu importe ce qui va se passer. »

Malgré l’expérience des tauliers et la fougue des jeunes, le bilan du Pays de Galles sera pourtant bien dépendant de la forme des deux stars que sont Gareth Bale et Aaron Ramsey.

Leur talent individuel et leur influence sur la sélection font qu’ils seront les principales attractions côté gallois. Gareth Bale, malgré les blessures, reste l’un des meilleurs joueurs du monde. On a pu revoir sa pointe de vitesse exceptionnelle et sa patte gauche de qualité avec Tottenham cette saison. Toute équipe rêverait d’avoir un Bale en pleine possession de ses moyens.

D’ailleurs, l’ancien joueur de Southampton a toujours su trouver un second souffle en sélection au milieu de son spleen madrilène. Aaron Ramsey, lui, est la définition parfaite du milieu box-to-box.

Bale, le talisman gallois

Ce genre de joueur au coffre physique ahurissant, qui répète les courses pour aider sa défense et en même temps apporter le surnombre en attaque. Ses appels tranchants dans la surface et sa capacité à finir ou à donner la dernière passe seront aussi primordiaux. C’est bien l’ancien milieu de terrain d’Arsenal qui a permis au Pays de Galles de se qualifier pour l’Euro avec son doublé face à la Hongrie lors de la dernière journée des éliminatoires.

« Bale est le capitaine et le talisman de l’équipe galloise. Il reste une figure importante en l’attaque. Son record de passes décisives est impressionnant. Les fans n’ont pas eu beaucoup d’occasions pour voir Aaron Ramsey dernièrement à cause de ses blessures, mais il reste un créateur vital » reprend le présentateur de l’émission « Call Rob Phillips ».

« C’est vrai que le Pays de Galles a su gagner grâce à Bale même quand il ne jouait pas bien. Mais, pour bien jouer, la présence de Ramsey est indispensable pour orchestrer le jeu. Ils seront sûrement des joueurs clés pour le parcours de la sélection nationale à l’Euro. »

Le parcours des hommes de Robert Page dépendra en grande partie des performances de l’ailier de Tottenham et du numéro 8 de la Juventus. Ce dernier a d’ailleurs été très décevant face à ses coéquipiers de la Vieille Dame, Chiellini et Bonucci.

La Suisse et la Turquie complétant ce groupe. Sur le papier, le Pays de Galles est le petit Poucet du groupe, mais les Gallois auraient tort de ne pas jouer leurs chances à fond car l’histoire récente a déjà prouvé qu’ils étaient capables de créer la surprise…

Anthony Rabemanisa

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