vendredi 14 juin 2024

Euro : l’Allemagne de Low peut-elle renaitre de ses cendres ?

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Cinq ans après son élimination en demi-finale de l’Euro 2016 par la France, et trois ans après sa sortie désastreuse en phase de poules du Mondial 2018, la Mannschaft veut retrouver de sa superbe et décrocher son quatrième titre continental.

Voilà désormais vingt-cinq ans que la Mannschaft n’a plus soulevé le trophée Henri-Delauney. C’était en Angleterre, lors d’un Euro 1996 remporté en finale contre la surprenante équipe de République tchèque (2-1, ap).

Il s’agissait alors du troisième Championnat d’Europe décroché par l’Allemagne grâce aux prestations géniales de Matthias Sammer et Andreas Kopke, et aux trois buts dans la compétition de Jürgen Klinsmann, après les victoires historiques de 1972 et 1980.

À l’époque, Franz Beckenbauer et Gerd Müller avaient conquis le premier trophée continental du pays en Belgique, avant que la génération Karl-Heinz Rummenigge, Horst Hrubesch ne prenne la relève huit ans plus tard en Italie.

Alors, à l’aube de la dernière compétition de Joachim Löw sur le banc germanique, après quinze ans de service, les Aigles auront véritablement à cœur de briller, notamment à domicile durant leurs trois matches de poule à l’Allianz Arena de Munich. Dans ce stade habité par le champion d’Europe des clubs 2020, le Bayern, la Mannschaft devra être indomptable pour effacer ses adversaires de sa route, et éviter de revivre le même fiasco que lors du Mondial 2018 (éliminée au 1er tour).

Un Mondial à effacer pour Low et la Mannschaft

« En Allemagne, ça a été un coup de massue énorme en 2018. L’attente est aujourd’hui énorme de la part des tabloïds et des supporteurs qui sont de vrais connaisseurs du football », explique le consultant de BeIN Sports Patrick Guillou qui a notamment joué à Bochum.

« C’est l’orgueil et l’honneur de l’Allemagne qui sont en jeu. Cette équipe d’Allemagne a besoin d’un coup de manivelle et de trouver un rythme de croisière satisfaisant. Le jeu de l’Allemagne, c’est aller vers l’avant et pas de sombrer dans l’ennui. »

Car, malgré des éliminatoires presque parfaits, soldés par 7 victoires et 1 défaite contre les Pays-Bas à Hambourg (2-4), la sélection, 1ère de son groupe, n’a pas été épargnée lors du tirage au sort.

La France, un sacré obstacle d’entrée !

Face à elle, l’Allemagne aura la France, son tombeur en demi-finale de l’Euro 2016 et championne du monde entre temps en 2018, le Portugal, tenant du titre et porté par Cristiano Ronaldo, et la Hongrie du phénomène Dominik Szoboszlai qui évoluera deux fois à domicile à Budapest. « Je reste beaucoup sur ma faim concernant la qualité du jeu produit. Les matches ces dernières années ne m’ont pas convaincu », déplore Patrick Guillou.

« On se retrouve avec une Mannschaft qui prend beaucoup de buts. Il y a très peu de matches où elle n’en prend pas. Le pompon, c’est la défaite 6-0 contre l’Espagne. Je suis incapable de dire où on en est. Il y a trois matches de poules qui donneront le tempo de l’équipe. La France, le Portugal et même la Hongrie seront dangereux. Je pense que le premier match contre les Bleus sera crucial. Dans les temps de passage, la France est supérieure à la Mannschaft actuellement. Je ne sais pas si l’Allemagne sortira en tête malgré ses trois matches à domicile. En 2020, j’aurais dit oui, parce que le public aurait vraiment été un plus. En Allemagne, quand la Mannschaft joue, il n’y a plus de rivalités de clubs. On ne sait toujours pas s’il y aura du public pour cet Euro, donc c’est assez flou. »

Beaucoup d’incertitude autour de cette équipe

Mais, malgré la forte concurrence dans cette poule F, les coéquipiers de Toni Kroos ne devraient pas avoir trop de soucis pour se qualifier, du moins en se basant sur l’incroyable historique du pays lors des précédents Euros. Car malgré trois absences lors des trois premières compétitions (1960, 1964, 1968), l’Allemagne a toujours passé le 1er tour en 12 participations, et encore plus fou, a atteint 9 fois le dernier carré et 6 fois la finale.

De quoi donner le vertige aux futurs adversaires de la Nationalelf qui devrait se présenter le 15 juin avec un 4-2-3-1 contre l’équipe de France. Reste un choix désormais à faire pour Joachim Löw, qui avait décidé d’écarter de sa sélection ses anciens cadres : Thomas Müller, Mats Hummels et Jerome Boateng,avant de rappeler les deux premiers.

Place à la jeunesse quand même pour l’Allemagne qui s’appuie sur ses nouveaux visages : Leroy Sané (Bayern), mais également Timo Werner (Chelsea) et Serge Gnabry (Bayern) en attaque, ou encore la pépite de 18 ans, Jamal Musiala, sélectionné pour la première fois de sa carrière en mars et l’unique buteur de la dernière finale de la Ligue des Champions, le joueur de Chelsea Kai Havertz.

« Au milieu de terrain, c’est solide, on devrait avoir cinq, six ou sept joueurs du Bayern. Il faut construire autour. Timo Werner a longtemps galéré à Chelsea. Amine Younes, j’aime beaucoup ce qu’il peut apporter comme Kai Havertz qui a repris de la confiance avec Thomas Tuchel. J’ai trop d’incertitudes sur cette Mannschaft. »

La défaite 1-2, à domicile, en éliminatoires de la Coupe du monde, face à la Macédoine du Nord, ne va pas le rassurer…

Oscar Bertrand

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