vendredi 1 mars 2024

Euro : le grand retour des Pays-Bas après la traversée du désert

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En reconstruction, les Pays-Bas arrivent à l’Euro dans un groupe C où ils devraient terminer en tête sans trop de problèmes. Malgré un coach qui ne fait pas l’unanimité, Depay et sa bande ambitionnent de redonner ses lettres de noblesse à la sélection néerlandaise.

Ceux qui ne suivent le foot que lors des grandes compétitions ont dû se demander comment était-il possible que les Pays-Bas n’ont joué ni l’Euro 2016 ni la Coupe du Monde 2018.

Une anomalie pour une nation qui n’a peut-être pas le palmarès le plus fourni, mais qui jouit d’une réputation spéciale auprès des suiveurs. Les Oranges restaient sur 7 qualifications de suite en phases finales d’un Euro avant 2016. Ils restaient aussi sur une 3ème place (2014) et une 2ème place (2010) sur les deux dernières Coupes du monde avant 2018.

La génération Memphis pour replacer les Pays-Bas

Autant dire que ces deux non-qualifications ont été vécues comme un petit cataclysme pour ce pays qui a tant donné au football. L’Ajax et le PSV Eindhoven, Johan Cruijff, Marco Van Basten, Arjen Robben, les frères De Boer, Rinus Michel, Denis Bergkamp… autant de noms qui ont marqué le foot mondial. « La raison principale pour laquelle les Pays-Bas ont raté l’Euro 2016 et le Mondial 2018 est tout simplement le manque de qualité.

Les joueurs ne sont pas du niveau de leurs aînés » estime Finley Crebolder, journaliste néerlandais pour PlanetF1 et auteur du blog Clockwork-Oranje.

« Les joueurs comme Van Persie, Sneijder, Robben, Kuyt, Huntelaar étaient si bons pendant une longue période. Cela a masqué le fait que la génération suivante, celle de Royston Drenthe, Ryan Babel, Ibrahim Afellay n’avait pas de joueurs de classe mondiale. Elle n’a pas pu exploiter son potentiel au maximum. Tous les meilleurs joueurs ont commencé à décliner de niveau, à part Robben. Les nominations de Blind et Hiddink ont aussi été de mauvais choix parce qu’ils n’avaient pas le profil pour être sélectionneurs. »

Depuis, Danny Blind n’est plus en poste et les Pays-Bas ont su rectifier le tir d’abord sous Ronald Koeman (qui a démissionné pour rejoindre le FC Barcelone) puis avec Frank de Boer.

Placés dans le groupe C des éliminatoires, les PaysBas ont réussi à terminer deuxièmes se qualifiant directement pour l’Euro. Les Oranges, bien que battus à domicile par l’Allemagne (2-3), ont fait preuve de caractère pour s’imposer face aux champions du monde 2014 à l’extérieur (2-4).

« L’opinion publique est excitée à l’idée de revoir les PaysBas dans une grande compétition pour la première fois depuis 2014 » ajoute Finley Crebolder. L’édition 2019 de la Ligue des Nations a aussi vu les Pays-Bas arriver en finale (défaite face au Portugal 1-0).

De Boer, l’homme de la situation ?

Cette Ligue des Nations a conforté l’idée que les Oranges pouvaient rivaliser de nouveau avec les meilleures sélections puisqu’ils ont éliminé l’Angleterre (3-1) dans le final four. De plus, ils ont fini 1ers de leur groupe qui comprenait la France et l’Allemagne.

« L’équipe a définitivement les armes pour se qualifier en huitièmes de finale. Si elle joue à son niveau, elle peut prendre 9 points sur la phase de groupes. La suite dépendra évidemment des tirages ».

Les Pays-Bas sont dans le groupe D avec l’Ukraine, l’Autriche et la Macédoine du Nord. Sur le papier, les Oranges semblent au-dessus. L’Autriche n’a plus son lustre d’antan. L’Ukraine a un palmarès vierge et la Macédoine du Nord est un néophyte à ce niveau. La voie des huitièmes semble se dégager pour les hommes de De Boer.

« L’Ukraine est légèrement plus forte que l’Autriche et peut aussi se battre pour la 1ère place. La Macédoine du Nord est probablement l’équipe la moins armée sur le papier, mais n’est pas à négliger. Elle a quand même battu l’Allemagne » prévient Finley Crebolder.

En supposant que les coéquipiers de Wijnaldum terminent 1ers de leur groupe, ils devront affronter le 2ème du groupe F. Le groupe F, « groupe de la mort », dans lequel se trouvent la Hongrie, le Portugal, la France et l’Allemagne. S’ils terminent 2èmes, ils affronteront le 2ème du groupe E (Espagne, Suède, Pologne, Slovaquie).

« En prenant en compte que la sélection a dû changer de sélectionneur et a une large palette de jeunes joueurs, atteindre les quarts est un objectif réalisable et réaliste » précise Finley Crebolder.

Les jeunes joueurs mieux intégrés à la sélection

Pour ce faire, les Oranges ont alterné entre le 4-3-3 et le 4-2-3-1 pendant les éliminatoires et la Ligue des Nations. L’animation se base sur un désir perpétuel d’avoir une meilleure possession de balle.

Les circuits d’attaque préférés passent par les ailiers rapides qui aiment rentrer sur leur mauvais pied et les arrières latéraux offensifs qui aiment centrer. Mais le sélectionneur Frank De Boer n’a pas que des sympathisants. Régulièrement critiqué pour son travail, l’ancien défenseur tient tant bien que mal à la tête de la sélection.

« Exception faite des 15 premières minutes, le match a fait mal aux yeux, l’équipe a paru aussi éteinte que lors des années avant l’arrivée de Koeman » écrivait le Telegraaf après un match face à la Bosnie en Ligue des Nations 2020.

Le quotidien néerlandais De Volkskrant parlant même de « désastre en termes de points perdus » pour qualifier la performance. D’autres jugent que les expériences ratées de De Boer à l’Inter Milan et à Crystal Palace prouvent qu’il n’est pas un bon manager et qu’il n’a pas les épaules pour mener les Pays-Bas.

Memphis Depay est devenu une figure charismatique des Pays-Bas

« Les gens sont un peu durs envers De Boer. Il a quand même gagné 4 titres de champions des Pays-Bas de suite avec l’Ajax avec un effectif qui n’était pas si fort. Son expérience ratée à Crystal Palace est aussi due à la malchance car il avait beaucoup de joueurs blessés. Toutefois, la décision de l’avoir choisi comme sélectionneur a été très impopulaire. Même s’il y a eu des signes encourageants, il n’a pas encore réussi à faire taire toutes les critiques. Tactiquement, il a l’air de ne pas être à la hauteur pour être au niveau des meilleures équipes. La motivation des joueurs sous sa direction est aussi questionnable. »

Un joueur lui n’a pas l’air de perdre en motivation avec sa sélection. Memphis Depay est devenu une figure charismatique des Pays-Bas. Reprenant de volée le rôle de leader laissé par Van Dijk qui s’est blessé, l’actuel joueur de l’Olympique Lyonnais brille en club comme en sélection.

L’ancien de Manchester United a fini meilleur passeur des éliminatoires dans son groupe avec 8 passes décisives. Longtemps chahuté pour son irrégularité malgré son immense talent, Memphis Depay semble arriver à maturité.

« Memphis est le joueur le plus important du onze. Qu’il joue en pointe ou en tant qu’ailier, il a une part importante dans chaque but et chaque occasion. Sans lui, le danger que peuvent apporter les PaysBas se trouve largement affaibli. Il est aussi devenu un vrai leader, ce qui est prouvé par le fait est que la plupart des joueurs l’ont choisi pour devenir capitaine après la blessure de Van Dijk. »

De Jong, De Ligt, Wijnaldum endossent les responsabilités

Dans son sillage, d’autres joueurs n’hésitent pas à prendre des responsabilités. De Jong, De Ligt, Wijnaldum notamment. Mention spéciale à l’actuel milieu de terrain du FC Barcelone qui, dans son style, épouse le profil que recherche le sélectionneur.

« De Jong est à suivre de près. Il a le style, il est très créatif et complet. C’est la personnification du style traditionnel de l’Ajax que De Boer veut installer en sélection. Comme Depay, il est déjà un cadre de l’équipe. »

Une phase de groupes en guise de mise en route, un huitième pour se chauffer et un quart pour déterminer si le tournoi est une réussite ou pas, telle est, sur le papier, le sort qui attend les coéquipiers de Wijnaldum. De Boer, même critiqué, garde les faveurs de la fédération. Les trois matches de groupes à Amsterdam pourront servir de communion avec les fans oranges pour avoir un élan populaire derrière l’équipe.

Anthony Rabemanisa

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