mardi 27 février 2024

Julian Alaphilippe : « Remettre les pendules à l’heure ! »

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Eric Mendes
Eric Mendes
Journaliste

Après une année compliquée, avec de nombreuses blessures et un manque cruel de réussite, Julian Alaphilippe, qui a désormais un pôle d’entraînement cycliste à son nom à Saint-Amand-Montrond où il a grandi, est prêt à reprendre sa marche triomphante. Le double champion du monde compte bien remettre les pendules à l’heure et faire taire les critiques en 2023.

Comment allez-vous en ce début de saison, notamment après avoir vu votre manager général, Patrick Lefevere, vous reprendre sur votre niveau de forme ?

Ma relation avec Patrick a toujours été la même depuis ma première année dans l’équipe. On a toujours été transparent l’un envers l’autre. On a toujours eu un bon dialogue quand les choses allaient bien, mais aussi quand les choses allaient moins bien. Ses déclarations n’impacteront en rien ma manière de travailler et ma motivation.

Je suis concentré sur ce que j’ai à faire comme je l’ai toujours fait. Je ne m’arrête pas à mes dernières saisons qui n’ont pas été à la hauteur de mes attentes. Aujourd’hui, je suis dans un super bon état d’esprit et très content de voir la saison démarrer.

Quelles leçons tirez-vous des dernières saisons ?

Après les courses en Italie, j’ai vraiment déconnecté pour me retrouver avec ma petite famille et surtout faire un petit reset physiquement et psychologiquement. Je voulais prendre du temps pour moi et j’ai recommencé l’entraînement quand j’en ai ressenti l’envie. J’ai passé un bon hiver calme.

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Les entraînements se sont bien passés, je n’ai pas eu de retard dans ma préparation. Dans ma tête, mon état d’esprit est complètement différent de ces dernières saisons. J’ai vraiment envie de retrouver mon meilleur niveau.

D’autant plus que votre programme s’annonce prometteur avec le Tour des Flandres notamment…

J’adore cette course, c’est une course qui me motive énormément. J’adore la façon dont les courses flandriennes se courent. C’est vraiment une course spéciale et j’ai vraiment aimé mes participations même si j’ai moins d’expérience que certains coureurs dans l’équipe. J’ai beaucoup d’envie pour y retourner en essayant d’avoir la meilleure condition possible.

J’espère vraiment arriver avec mon pic de forme pour les flandriennes et ça ne va pas changer parce qu’avant j’ai aussi des courses en Italie avec les Strade Bianche, Milan-San Remo et après ça, j’aurai quelques classiques flandriennes avant le Tour des Flandres. C’est un programme en fait qui ne change pas beaucoup juste que ce sera mon objectif d’arriver en forme au Tour des Flandres.

« J’ai encore pleins d’objectifs à atteindre »

Il sera temps ensuite de basculer sur la préparation du Tour de France. Pensez-vous y avoir un rôle à jouer ?

Je ne pense pas en tout cas qu’on aura une équipe au départ du Tour de France pour jouer le général. Mais le Tour de France sera une course très importante comme chaque année pour l’équipe, mais aussi pour moi. Ce sera mon grand objectif de la saison après les classiques flandriennes. Ce sera un beau Tour de France avec pas mal d’étapes que je vais aller reconnaître. J’aurai une grande motivation au moment de retrouver les routes du Tour comme chaque année.

Pensez-vous avoir de la pression cette saison ?

Je me sens plus libre et relax cette année. Je ne sais pas si le maillot arc-en-ciel y était pour quelque chose. J’ai passé un bon hiver et je ne ressens aucune pression. Je veux juste profiter et retrouver du plaisir ; Je me sens heureux et motivé. Je veux juste donner le meilleur. La victoire, c’est ce qui me motive chaque jour à l’entraînement.

On a beaucoup parlé du poids du maillot arc-en-ciel. Vous sentez-vous aujourd’hui plus léger maintenant qu’il est sur les épaules de Remco (Evenepoel) ?

Pour moi, le maillot arc-en-ciel était un rêve. Je voulais vraiment aller le chercher. J’ai réussi à le faire deux fois de suite. C’était l’un des plus beaux moments de ma carrière. Forcément, derrière, il faut assumer et quand cela ne se passe pas comme prévu, à cause de blessures ou de chutes, on ressent l’attente et le poids d’un tel maillot. Les gens vous attendent plus. Quand on est un coureur lambda, on s’en moque des péripéties d’une saison. Par contre, avec un tel maillot sur les épaules, c’est plus dur à vivre.

Le fait de ne plus l’avoir va me permettre de me retrouver. J’en avais besoin après deux saisons avec. J’ai toujours la même motivation et la même envie. Je vais avoir un peu plus de liberté. Cet hiver, j’ai pu faire un reset et me préparer tranquillement. Ce serait faux de dire que ma mauvaise saison dernière est due au maillot de champion du monde. Il m’a également aidé à certains moments. Maintenant, j’ai envie d’aller de l’avant comme je l’ai toujours fait.

Des objectifs à accomplir pour le coureur Quick Step

Le fait de retrouver le plaisir simple de courir, comme auparavant, vous permet-il d’avoir de nouveaux objectifs à l’horizon ?

J’ai encore pleins d’objectifs ! Il me reste énormément de choses à faire. Je veux d’abord retrouver du plaisir et l’envie de me faire mal en allant chercher des victoires. Je n’ai pas été aidé par la chance ces dernières années. J’ai connu de nombreux pépins qui m’ont freiné dans ma progression. J’étais dans un cercle infernal, grossi par les médias et certaines déclarations. Sans le maillot, cela aurait été différent.

J’en ai pris plein la tronche. Ce n’était pas mon année. J’ai envie maintenant de remettre les pendules à l’heure. Sans pression, sans stress, mais avec une envie démesurée. J’ai des objectifs qui me donnent encore envie de retrouver mon meilleur niveau que ce soit sur les Classiques en Italie, le Tour des Flandres puis le Tour de France.

Alaphilippe arrive en challenger

Avec l’absence de Remco Evenepoel sur le Tour, est-ce un peu votre dernière chance pour y briller comme leader ?

Je ne vais pas commencer ce Tour avec l’idée de viser le général. Quand Remco a remporté la Vuelta, c’était avec l’idée de la gagner et, dès le départ, tout avait été mis en œuvre pour. Ce Tour sera différent. Je n’ai pas la prétention d’en faire une ambition. Il y a une équipe sur le Giro avec Remco et une autre sur le Tour. Je veux maintenant simplement y être pour en profiter un maximum. Je ferai ma course avec l’idée de faire de mon mieux.

Thibaut Pinot a annoncé que cette saison serait sa dernière. Pensez-vous que c’est une page du cyclisme français qui se tourne et cela vous fait-il réfléchir pour la suite à 30 ans ?

Cela ne m’a pas fait réfléchir. Concernant Thibaut, ce n’était pas la première fois que l’on entendait qu’il en avait un peu « marre ». Entre la malchance et les coups durs, ainsi que les attentes autour de lui tout au long de ces années, il a pris sa décision. Je n’étais pas vraiment surpris quand j’ai appris que c’était sa dernière saison.

Je retiens c’est que c’était un super mec que, malheureusement, je n’ai pas tant connu que ça personnellement. Il va manquer au cyclisme français et il va manquer au public. Je lui souhaite le meilleur et il peut déjà être fier de de sa carrière. Il a réussi des belles victoires. Certaines resteront mythiques. Il va nous manquer. C’était un coureur attachant que le public aimait. C’est son choix, il faut le respecter et je lui souhaite de vraiment savourer sa dernière saison.

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